Arabie Saoudite : chassez le naturel, il revient au galop ?

L’Arabie Saoudite est le pays fondateur du wahhabisme, application stricte de l’islam de Mahomet, c’est-à-dire du vrai islam. On sait que cet islam sépare complètement dans son idéologie les musulmans des mécréants, ces derniers étant qualifiés abondamment par le Coran d’« égarés », de « pervers » et autres qualificatifs dégradants.

Le sort des mécréants étant totalement indifférent à l’islam, la notion de fraternité étant absente, il est ainsi tout à fait logique que les footballeurs saoudiens aient refusé ostensiblement de respecter la minute de silence observée en mémoire des victimes des récents attentats de Londres (dont deux australiennes) perpétrés par des musulmans fondamentalistes comme eux, à l’occasion du match Australie-Arabie Saoudite qui s’est joué le jeudi 8 juin 2017.

Football Arabie Saoudite

Naturellement, pour sauver les apparences, la fédération de football d’Arabie Saoudite s’est excusée au nom des joueurs.

Tariq Ramadan reconnaît des liens entre l’Arabie Saoudite, le Qatar et le terrorisme musulman

À l’occasion des attentats du 13 novembre 2015, Tariq Ramadan est intervenu à la télévision française à partir du Qatar pour condamner ces actes mais aussi pour faire d’autres commentaires. Parmi ceux-là, un retient l’attention : la reconnaissance de liens entre les deux principaux pays du Golfe et le terrorisme musulman.

Tariq Ramadan Qatar Attentats 151114

Tariq Ramadan Qatar Attentats 151114

À la question du journaliste : « Le Qatar a souvent été critiqué ou soupçonné en tout cas de financer les organisations terroristes. Qu’est-ce que vous avez à répondre sur ces accusations ? », Tariq Ramadan répond : « J’ai pu écrire là-dessus en disant qu’effectivement il y avait des financements qui ne passaient pas forcément par l’État mais qui passaient pas des institutions et qui étaient liées déjà en amont, pas forcément avec des terroristes, avec des lectures, qui sont des lectures binaires, qui sont des lectures littéralistes et qui sont en fait ce qui nourrit après la possibilité de la violence, et que de ce point de vue-là, le Qatar comme l’Arabie Saoudite, comme tous les États du Golfe doivent être critiqués dans, parfois, la gestion totalement contradictoire, d’un côté d’une ouverture sur le monde et sur les autres valeurs, et d’un autre côté, parfois des politiques qui sont liées à des groupes qui défendent des idéologies problématiques. »

Tariq Ramadan reconnaît ainsi à mots couverts l’existence de financements par des organisations qataries ou saoudiennes de groupes « à la lecture littérale de l’islam », en clair des groupes prônant le jihad (à l’exemple de celui pratiqué par Mahomet) et donc le terrorisme. On ne peut que remercier Tariq Ramadan de reconnaître ce que certains se voient violemment reprocher en Europe par les « pas-d’amalgame » : la vérité.

Outre ce commentaire, il est également intéressant de noter le propos suivant de Tariq Ramadan : « Je pense que ce qui est en train de se passer avec Daesh aujourd’hui, ce sont des groupes qui utilisent et instrumentalisent des versets ou des interprétations qui ne sont pas du tout représentatives de ce que les musulmans à travers le monde croient et défendent. (…) Il faut que la conscience musulmane le dise avec force, que cela n’est pas acceptable, que cela ne nous représente pas. »

Encore une fois, il s’agit de formuler des incantations sur l’autel de paix et d’amour qui serait celui de l’islam. Mais ce n’est pas cela que l’Occident attend. Ce n’est pas une question de dire des choses avec force mais de dire des choses justes : la force n’a rien à voir avec la vérité. Ce que l’Occident attend, ce sont des réponses documentées à partir des textes authentiques de l’islam et qui démontrent que l’islam est effectivement une religion de paix et d’amour. Au travail, car ce n’est pas gagné !