L’islam de Michel Onfray et d’Alain Juppé : même combat ?

Tout le monde a en mémoire la façon dont Michel Onfray a rappelé à l’ordre et à ses responsabilités Alain Juppé sur le plateau de Canal Plus en mars 2015 à propos du Coran, Alain Juppé, ancien premier ministre, « confessant » qu’il n’avait pas lu le Coran tout en ayant bien entendu un avis éclairé sur la question musulmane. Pire même, Alain Juppé (ancien élève des plus grandes écoles françaises) déclarait lors d’une interview donnée au Parisien en août 2015 que la lecture du Coran lui paraissait « difficile » et qu’« une vague connaissance du Coran était suffisante ».

À l’opposé, il est incontestable que Michel Onfray s’est penché sérieusement sur la lecture textes sacrés musulmans. Toutefois, et pour une raison inexplicable, celui-ci semble finir par rejoindre très curieusement la conclusion d’Alain Juppé sur la compatibilité « espérée » de l’islam avec les valeurs de la France.

Je vous propose d’expliquer cette incongruité à la double occasion de la publication récente du livre de Michel Onfray « Penser l’islam » et de l’interview d’Alain Juppé dans « Vie politique » sur TF1 le dimanche 12 juin 2016.

  • Alain Juppé et l’islam : une analyse absurde fondée sur l’ignorance

Alain Juppé a évoqué dimanche sur TF1 « deux attitudes possibles » sur l’islam : « Si on considère que l’islam est par construction incompatible, insoluble dans la République, c’est la guerre civile » ou « il peut y avoir aujourd’hui, il doit y avoir, une lecture du Coran et une pratique de la religion qui soient compatibles avec les lois de la République et avec tous nos principes y compris l’égalité entre les hommes et les femmes. » : propos absolument stupéfiant !

En effet, on voit par cette alternative qu’à aucun moment Alain Juppé ne se soucie de la nature profonde de l’islam et du modèle de société qu’il prône, ce qui est compréhensible au demeurant puisque Alain Juppé parle d’un sujet qu’il reconnaît ignorer. Alain Juppé se contente donc de faire de la casuistique théorique qu’il aurait pu appliquer à n’importe quelle religion ou spiritualité, voire idéologie (nazisme, fascisme, stalinisme,…). Chemin faisant, il remet en cause l’intérêt même de la recherche de la vérité, ce qui n’est guère un signe de probité intellectuelle pour un candidat à la plus haute fonction.

Alain Juppé ne sait en réalité que promettre « la guerre civile » aux Français qui s’opposeraient au modèle de société prôné par l’islam : vu sous cet angle, les Français n’auraient donc pas le choix et devraient se plier au diktat d’un modèle de société et de valeurs ardemment défendu par son ami l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou.

Alain Juppé exclut ainsi une troisième possibilité pourtant très simple, mais nécessitant un certain courage, consistant à ouvrir sans tabou avec les musulmans vivant en France, qui ignorent pour la plupart leurs propres textes sacrés (Coran, mais aussi hadiths et biographie de Mahomet), un vrai débat sur la valeur du modèle islamique comparé aux autres modèles et sa contribution au monde moderne (dans tous les domaines : sciences, arts, industrie, services, etc.) ; bref, un débat sur l’utilité du modèle musulman dès lors qu’il prétend être autre chose qu’un modèle spirituel et comportemental privé. Car pourquoi la société française devrait-elle accepter de changer de modèle si c’est pour régresser ?

Le projet socio-religieux d’Alain Juppé pour la France se résume donc, s’il devient chef de l’État, au développement progressif mais inéluctable du communautarisme – qu’il espère sans heurts, étant confit dans un œcuménisme naïf –, alors même que l’évidence saute aux yeux : aucun pays occidental (et a fortiori musulman) n’a jamais démontré la capacité de l’islam à s’intégrer harmonieusement dans un autre système de valeurs, et ceci pour une raison élémentaire : l’islam est viscéralement – voire agressivement – communautariste. Si Alain Juppé avait lu le Coran, il le saurait :

Sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. (…)

Sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

Sourate 22, verset 78. Combattez pour Allah comme il le mérite. C’est Lui qui vous a choisis et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés autrefois « Musulmans » [« soumis »] et dans ce Livre [le Coran], afin que le messager soit témoin contre vous et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les hommes. (…)

Comme le reconnaît avec beaucoup plus de lucidité Malek Chebel dans son Dictionnaire encyclopédique du Coran : « Article « Amitié avec les incrédules » : Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

  • La théorie erronée du « prélèvement » de Michel Onfray

Si Michel Onfray a effectivement lu les textes musulmans, la lecture de ses ouvrages donne une impression de schizophrénie du fait du refus obstiné, et à vrai dire incompréhensible, d’une logique qui paraît pourtant simple et évidente au profit de sa théorie du « prélèvement » développée dans son ouvrage « Penser l’islam », et qui figurait déjà dans son « Traité d’athéologie ».

Contrairement à Alain Juppé, Michel Onfray est parfaitement conscient du caractère agressif et violent de l’islam de Mahomet en dépit des dénégations de nombre d’islamologues occidentaux : « Précisons d’abord que dire qu’il y a dans le Coran des sourates qui invitent à la guerre, au massacre des infidèles, à l’égorgement, puis rappeler Mahomet lui-même fut un chef de guerre qui allait personnellement au combat en y tenant son rôle, ne devrait pas être considéré comme islamophobe. Sauf à refuser que le Coran soit le Coran et que le Prophète ait eu la vie qu’il ait eue ! Un grand nombre de sourates légitiment les actions violentes au nom de l’islam. » Et de citer de nombreuses « sourates [ou versets] (….) qui (…) rendent possible un islam de guerre, d’intolérance et de haine » : « « Exterminez les incrédules jusqu’au dernier » (C8/7), ou sur ces propos extraits de la Sîra : « Tout juif qui vous tombe sous la main, tuez-le » (C2/58-60), « Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez » (C17/58) ». Ou encore : « l’islam de guerre, d’intolérance et de massacre qui se réclame des antisémites ou destinées à justifier le massacre des infidèles (VIII.7, VIII.12, VIII.17, VIII.39, etc.) ».

Mais Michel Onfray semble contrebalancer cette violence qui se déploie largement dans le Coran par des versets, très peu nombreux, invitant apparemment à la paix. En réalité, ce sont toujours les deux mêmes qui sont cités, y compris par Michel Onfray : « « Pas de contrainte en matière de religion » (sourate 2, verset 256), ou bien encore : « Celui qui sauve un seul homme est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes » (sourate 5, verset 32) ». Il est d’ailleurs intéressant de noter que Michel Onfray cite à nouveau le même verset 256 de la sourate 2 un peu plus loin dans son livre « Penser l’islam » en le présentant cette fois comme l’unique verset de paix du Coran : « L’islam de paix, de tolérance et d’amour qui s’appuie sur la fameuse et unique [mot mis en évidence par l’auteur] sourate [en réalité verset] « Pas de contrainte en matière de religion » ».

Quant à la phrase introductive des sourates invoquant un dieu miséricordieux, Michel Onfray fait lui-même la constatation suivante : « Hormis de rares exceptions, toutes les sourates du Coran s’ouvrent en invoquant la miséricorde divine : « Au nom de Dieu, celui qui fait la miséricorde, le Miséricordieux ». Or la miséricorde, si j’en crois mon dictionnaire Littré, renvoie à la pitié qu’on a : « Sentiment par lequel la misère d’autrui touche notre cœur », dit-il. Comment Dieu peut-il alors tant vouloir, et à longueur de page du livre saint, la mort des infidèles, le châtiment des incroyants, la mutilation des adversaires, la guerre et la vendetta, le trépas des apostats ? Les vertus de la miséricorde sont le pardon, l’indulgence, la douceur, la longanimité, la magnanimité, la bonté, la clémence, la tolérance, la compréhension ! Or on cherche en vain, chez ce Dieu miséricordieux, les moments où on le voit pratiquer ces vertus. »

Michel Onfray se contente donc de constater les multiples contradictions apparentes du Coran pour en tirer la conclusion erronée que, comme l’on trouve ce qu’on veut dans le Coran, le Coran peut être vu comme une source de paix ou de guerre selon ce qu’on vient y chercher, y « prélever » : « D’autres [sourates], moins nombreuses, mais elles existent aussi, invitent à l’amour, à la miséricorde, au refus de la contrainte. On peut se réclamer des unes ou des autres. On obtiendra dès lors deux façons d’être musulman. Deux façons contradictoires même. »

Ainsi, selon lui, tout le monde a raison : « La contradiction est dans le texte : ceux qui professent un islam des lumières ont raison, il se trouve dans le Coran ; mais ceux qui professent un islam belliciste et conquérant ont également raison, car il se trouve aussi dans le Coran. Tout est affaire de prélèvement. Quiconque voudra la paix a priori aura des sourates pour lui donner raison ; mais quiconque voudra la guerre a priori disposera aussi d’autres sourates qui lui donneront raison. (…) Non, je ne dis pas qu’il y a deux Coran mais, relisez-moi, que dans un même Coran, il existe des textes très hétérogènes dont les uns disent certaines choses et d’autres des choses contraires à ce qui a été dit quelques versets avant. Je vous renvoie à mes citations de sourates pacifiques et de sourates belliqueuses, de sourates tolérantes et de sourates intolérantes. Je vous donne les références des sourates et des versets. Que faites-vous de ces contradictions ? Et que faites-vous des sourates intolérantes et belliqueuses ? Prétendez-vous que je les ai inventées ? Qu’elles ont été mal traduites ? Voire, je connais l’argument, il m’a déjà été souvent servi, qu’elles ont été traduites et éditées, voire inventées, par des traducteurs et des éditeurs sionistes ? Je vous le redis, le Coran porte de quoi justifier le meilleur et le pire, lisez-le ou relisez-le attentivement. »

Ou encore « Tout musulman qui se contenterait d’honorer ces versets qui ouvrent le livre, sans aller plus loin que cette phrase qui dit de Dieu qu’il est miséricordieux, ne pourrait jamais toucher un seul cheveu de son prochain. En revanche, tout musulman qui irait chercher dans le texte de quoi justifier colère et vindicte, vengeance et châtiment, revanche et punition, y trouverait aussi de quoi justifier ses faits et gestes. Dès lors, c’est le prélèvement qui fait la différence : celui qui s’appuie sur les versets de paix et de tolérance ne vivra pas (et ne fera pas vivre…) le même islam que celui qui fondera son action sur les versets qui justifient le sang versé. C’est quand l’islam devient politique que le problème se pose : si un pays effectue les prélèvements dans l’islam de paix, il n’aura pas la même histoire que celui qui voudra l’islam de guerre. » Et « C’est tout le problème du prélèvement. Comme il existe dans le Coran une sourate qui dit une chose et une autre qui dit son contraire, on ne peut tenir ensemble, sauf sophistique dans l’esprit d’Averroès, des choses contradictoires ».

Cette conclusion est erronée pour trois raisons :

1) les deux versets mentionnés ci-dessus ne sont pas probants

D’une part, le verset « Nulle contrainte en religion » a été abrogé par l’ouverture de la phase du jihad contre les infidèles, qui n’a jamais été doctrinalement stoppée.

D’autre part, le verset « Celui qui sauve un seul homme est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes » est la simple reprise de la Tradition juive (tuer un homme c’est tuer sa descendance) dans le contexte biblique de l’assassinat d’Abel par Caïn dans la Torah (Genèse 4), premier meurtre de l’histoire du monde. Dans la Torah, Yahvé établit ensuite une protection à l’égard de Caïn afin qu’il ne soit pas puni par le reste de l’humanité (le premier venu) pour cette faute personnelle, ce qui était une façon de rompre le cycle de la violence personnelle déclenché par Caïn et sans doute aussi de dire à l’humanité qu’il ne fallait plus tuer.

Or il faut donner la version complète du verset 32 de la sourate 5 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes. Nos messagers sont venus à eux avec les preuves mais, par la suite, beaucoup d’entre eux se mirent à commettre des excès sur la terre. », c’est-à-dire : « par la suite [c’est-à-dire après la révélation divine], les hommes se sont [re]mis à commettre des excès sur la terre », le verset constate que les hommes n’ont pas respecté le commandement de Yahvé. C’est la raison pour laquelle la patience de Dieu semble avoir atteint ses limites, ce qui se traduit dans les versets suivants au temps de Mahomet :

Sourate 5, versets 33 & 34 : « La rétribution de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir. Sachez qu’alors, Allah pardonne et est miséricordieux. »

Quel amour et quelle miséricorde y a-t-il dans ce verset ?

2) Dire du Coran qu’il dit tout et son contraire revient à en anéantir l’intérêt et la valeur

Un texte qui dirait tout et son contraire n’a aucune valeur. Il est donc étonnant que Michel Onfray s’en tienne à l’absurdité de ce constat sans chercher à la dépasser : « Mais au nom de quoi pouvez-vous, vous, simple créature humaine, décider de ce qui, dans un livre dicté par Dieu au Prophète, doit être conservé et doit être rejeté ? Pensez-vous que les hommes peuvent prélever dans un texte dicté par Dieu ce qui les arrange et écartez ce qui les gêne ? Car que ferez-vous de celui qui vous dira que les sourates homophobes le gênent et qu’il faut défendre les droits des homosexuels malgré la sourate qui les condamne ? Et de celui qui vous dira que les sourates antisémites sont à écarter ? De même que les sourates misogynes ? Le Coran n’est pas un supermarché dans lequel on prélève ce qui nous arrange. (…) Je vous rappelle cette sourate : « Voici le livre, il ne renferme aucun doute » (II). »

3) La cohérence du Coran est facilement restaurée par la prise en compte de la nature fondamentalement politique de l’idéologie de Mahomet et du principe de l’abrogation

Michel Onfray n’ignore pas l’existence de versets abrogés et abrogeants mais ne s’y réfère pas dans son dernier ouvrage. Il les dédaigne dans son « Traité d’athéologie » en les qualifiant de « finasserie ». Pourtant, le principe de l’abrogation est clairement exprimé dans le Coran et a toute son importance :

Sourate 2, verset 106. Si Nous abrogeons un verset ou que Nous le faisons oublier, Nous le remplaçons par un autre, meilleur ou semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah peut tout ?

Sourate 13, verset 39. Allah efface ou confirme ce qu’Il veut. L’Écriture primordiale est auprès de Lui.

Sourate 16, verset 101. Quand Nous remplaçons un verset par un autre – et Allah sait ce qu’Il révèle – ils disent : « Tu n’es qu’un faussaire ». Mais la plupart d’entre eux ne savent pas.

Comment en effet comprendre le passage d’une prédication pacifique (pour simplifier à La Mecque) mais infructueuse à une prédication guerrière et violente (pour simplifier à Médine) ? Il suffit de lire la biographie de Mahomet pour prendre conscience que la seconde a tout simplement abrogé la première, Mahomet ayant changé de discours politique en raison des échecs qu’il rencontrait. Il n’y a donc pas de contradiction dans le message coranique final qui est à retenir et qui est chronologiquement le dernier (Médine) et le plus intolérant.

En revanche, la cécité de Michel Onfray sur cette question est assez inexplicable.

  • Conclusion

Alain Juppé et Michel Onfray arrivent donc à la même conclusion, « qu’il peut exister un islam compatible avec les valeurs françaises », par deux voies très différentes mais tout aussi hasardeuses. En réalité, l’islam de France « modéré » ne parvient, tant bien que mal, et avec de plus en plus de mal d’ailleurs, à respecter les valeurs françaises que parce qu’il n’applique pas et ne copie pas l’islam pratiqué par le Prophète qui est pourtant le modèle à suivre ; c’est donc en quelque sorte un islam d’apostats comme le fait remarquer l’État Islamique.

Ce vernis de pratique religieuse fait ainsi croire à la population française par ignorance que le vrai islam est cet islam qui a abandonné le modèle prophétique, modèle beaucoup plus rigoureux et auquel reviennent en réalité tous les fondamentalistes lorsqu’ils se penchent sérieusement sur leurs textes sacrés. L’islam de Mahomet est d’ailleurs l’islam pratiqué (hors la question du jihad) par la plupart des pays du Golfe : inégalité homme-femme, polygamie, absence de laïcité, inégalité des droits des musulmans et non-musulmans, châtiment corporels, etc.

Michel Houellebecq est un prophète ! Et Manuel Valls l’antéchrist !

Interviewé par la Radio Télévision Suisse en marge du forum de Davos, Manuel Valls a déclaré (19 janvier 2016) une chose inouïe qui en dit long sur sa vision délabrée de l’Europe et la soumission qu’il s’apprête à faire subir à la France : « L’Europe et la France doivent faire la démonstration que l’islam est compatible avec notre démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes, et nos valeurs. »

 RTS Valls 160119

RTS Valls 160119

Oui, vous avez bien entendu : c’est à l’Europe et à la France de faire la démonstration, et non l’inverse, ce qui est quand même une évidence, c’est-à-dire à l’islam de faire la démonstration qu’il peut être compatible avec le modèle social et culturel français !

Outre le renversement des valeurs au profit de l’islam contre la France historiquement chrétienne, ce propos démontre la méconnaissance profonde par Manuel Valls de la doctrine de l’islam. L’égalité entre les hommes et les femmes en islam : où Manuel Valls a-t-il inventé cela ? L’incompatibilité de l’islam avec les valeurs de la France est irréductible. Sans doute Manuel Valls n’a jamais lu le Coran comme son collègue Alain Juppé (cf. lire le Coran).

Le pire est que cette parole n’est pas le fruit du hasard et une erreur de formulation excusable, car, vous le remarquerez, le journaliste ne lui pose pas la question. C’est Manuel Valls lui-même qui tient à placer explicitement ce message dans la conversation.

J’en conclus, face à cette éclatante vérité qui m’aveugle, que Michel Houellebecq est un prophète !

Mein Kampf et le Coran : même combat ?

À l’heure (janvier 2016) où Mein Kampf vient de tomber dans le domaine public et où les éditions Fayard s’apprête à éditer une nouvelle traduction critique commentée, la première depuis celle de 1934, les débats vont bon train dans les médias pour savoir si cela est une bonne idée et si cela ne devrait pas être empêché, voire interdit. Pourtant, il ne fait aucun doute que l’intérêt historique de cet ouvrage pour la compréhension du phénomène nazi et de l’évolution de sa doctrine est évident.

Il ne fait également aucun doute que la teneur antisémite profonde de cet ouvrage est tout à fait détestable et qu’il ne s’agit donc ici pour les personnes impliquées dans ce projet que de faire œuvre d’historiens et non, en quelque façon que ce soit, de propagandiste.

  • Les appels aux meurtres dans le Coran

Mais il est très curieux que tous les beaux esprits qui s’effraient aujourd’hui de la réédition de cet ouvrage n’élargissent pas le débat à d’autres ouvrages qui appellent à la haine, au premier rang desquels figure le Coran, et les hadiths de Mahomet : ces ouvrages vont d’ailleurs beaucoup plus loin en appelant ouvertement à la violence et au meurtre (de non-musulmans), de façon parfaitement explicite et indiscutable. Il est trop long dans le cadre de cet article de mentionner tous les passages qui appellent à la violence ou aux meurtres des non-musulmans, tellement ils sont nombreux. En voici quelques-uns relatifs au meurtre (en mettant même de côté le cas des apostats qui méritent bien entendu la mort cf. apostasie en islam) :

Coran, sourate 2, verset 191 : « Tuez-les [ndlr les incrédules], où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés [1]. (…)» 

[1] Mahomet a décidé de quitter La Mecque : il n’a pas été chassé. Avec les persécutions à La Mecque (cf. persécution), c’est un mythe fondateur et fondamental de l’islam sur lequel repose toute la théorie de la légitime défense pour excuser le jihad.

Coran, sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Coran, sourate 33, verset 26 : « (…) Il [Allah] a jeté l’effroi dans leurs cœurs ; un groupe d’entre eux vous tuiez [ndlr les mâles], et un groupe vous faisiez prisonniers [ndlr les femmes et les enfants]. »

Coran, sourate 9, verset 111 : « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) »

Hadith (Bukhari 2925) : Mahomet a dit : « Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’entre eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : Ô adorateur de Dieu ! Voilà un juif derrière moi : tue-le ! ».

Ainsi, le Coran et la Tradition musulmane ne choquent pas les beaux esprits parisiens alors qu’il y a plusieurs millions de musulmans en France qui reconnaissent tout à fait ces textes comme leurs et que des attentats ont lieu en France avec des dizaines de morts au nom de cette religion ! Interdire Mein Kampf et autoriser le Coran : n’y aurait-il pas deux poids, deux mesures ?

  • De la dictature de la bien-pensance

D’abord, nous touchons là certainement à la stupidité des lois et des raisonnements dont l’objectif est de bâillonner la liberté d’expression. Non pas que toutes les opinions soient défendables ou respectables, mais comme l’a rappelé avec grande intelligence l’avocat Marc Bonnant, la liberté d’expression n’a pas de limite, elle doit pouvoir aller jusqu’à l’abject car « les idées abjectes s’asphyxient dans la liberté ; elles prospèrent dans l’interdit. » (cf. Bonnant)

Mais surtout, cette démarche intellectuelle se comprend tout à fait lorsque l’on se rappelle que le socialisme a toujours prétendu (comme le national-socialisme et le fascisme qui en sont issus) savoir ce qui est bon pour le peuple, quitte à le lui imposer même s’il n’est pas d’accord. Dans ce contexte, l’anéantissement la pensée individuelle petite-bourgeoise mais libre a toujours été une obsession de la dictature de la pensée de gauche. Ce n’est pas un hasard si le socialisme a un lien naturel avec la dictature.

En effet, souvenons-nous que « le socialisme est une doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers au moyen d’une organisation concertée » (Le Petit Robert). Mais qui définit l’intérêt général ? Que se passe-t-il quand une classe politique investie par le peuple le trahit outrageusement, sans aucun respect, et va contre sa volonté, en refusant en outre de le consulter même lorsqu’il s’agit de la remise en cause de ses racines profondes et historiques ?

Dans le contexte de la réédition de Mein Kampf, un bon exemple est donné par l’intervention d’Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche, sur le plateau d’Arrêt sur Images le 17 décembre 2015. Ce représentant emblématique de la bien-pensance totalitaire justifie in fine, après avoir tourné autour du pot et s’être défendu d’être démangé par la tentation de la censure (pieux mensonge immédiatement avoué…), la nécessité de ré-interroger l’intérêt d’une censure qu’il souhaiterait en réalité voir s’appliquer à cette réédition.

Et quel est l’argument ? Le peuple vote mal ! En effet, Alexis Corbière semble effrayé par la masse des électeurs ayant voté pour le Front National ou Debout la France ! aux élections régionales de 2015 : magnifique aveu que l’on pourrait résumer ainsi : « Amis, vous votez mal : il faut donc que nous chargions de la sainte tâche de redresser votre conscience » !

Mein Kampf et la censure 151217

Mein Kampf et la censure 151217 1      Mein Kampf et la censure 151217 2

Verbatim : « Il doit y avoir un point de vue civique : où est l’intérêt général ? où est l’intérêt général ? Je le dis : moi, je suis pour que les historiens puissent travailler mais il est autre de chose qui est de considérer, dans la période qui vient, avec les résultats des dernières élections régionales, je le dis clairement : est-ce qu’il est neutre aujourd’hui qu’on dise : ah ben oui cela doit circuler ? Des ouvrages dans lesquels il y a des formulations d’une xénophobie et d’un antisémitisme violent et toujours actuel hélas. »

  • Conclusion

Et après on voudrait que les Français, dont on se moque sans vergogne à tour de bras, auxquels on prétend dicter ce qu’ils doivent penser, aient encore de la considération pour leur classe politique et journalistique ?

Discours de Bernard Cazeneuve (15 juin 2015)

Il est intéressant d’analyser la position du gouvernement français, par la voie de son ministre de l’intérieur, sur la question musulmane. Voici quelques commentaires relatifs au discours prononcé le 15 juin 2015 par Bernard Cazeneuve, en clôture de la réunion de l’Instance de dialogue avec le culte musulman.

  • « La laïcité, ce n’est pas l’interdiction des repas de substitution dans les cantines scolaires. Cela, ce n’est pas la laïcité, c’est son instrumentalisation politique au détriment des seuls musulmans. »

La laïcité, c’est la neutralité de l’État en matière religieuse, et donc l’absence de soumission de l’État à des contraintes religieuses. La notion de « repas de substitution » doit être bannie : seule la diversité des repas doit être assurée afin que chacun y trouve son compte. Mais laisser planer le doute quant à l’obligation morale qu’auraient les établissements publics à fournir des repas halal dans les cantines scolaires est inacceptable.

D’ailleurs, pourquoi limiter la question au halal et ne pas intégrer la question du casher ? Dire que cela ne concerne que les seuls musulmans est erroné. Or les juifs ne posent a priori pas de problème majeur sur ces sujets.

  • « C’est au nom la laïcité que l’État doit garantir aux Français de confession musulmane le libre exercice de leur culte »

L’État garantit à tout individu l’exercice de ses droits, liés à la liberté religieuse ou pas. Quel rapport avec la laïcité ?

  • « En outre, le gouvernement a décidé de consacrer 9 millions d’euros sur les trois prochaines années au financement d’équipements de sécurité, comme des caméras de vidéo-protection, dans les mosquées où le besoin s’en fait sentir. »

S’il s’agit d’équipements sur la voie publique aux abords des mosquées par exemple, pourquoi pas. Mais s’il s’agit d’équiper aux frais du contribuable des établissements privés musulmans (mosquées ou autres), ce qui semble bien être le cas (dans les mosquées), c’est inacceptable.

  • « Dès l’an passé, j’ai donné instruction aux préfets de signaler systématiquement aux procureurs de la République tous les actes anti-musulmans, mais aussi racistes et antisémites, dont ils auraient connaissance. »

Et les actes anti-chrétiens ?

  • « Pour ma part, comme je l’ai déjà dit, je comprends que les musulmans soient exaspérées de devoir sans cesse expliquer qu’ils n’ont rien à voir avec les attentats perpétrés sur notre sol. »

Non. Les musulmans sont les représentants vivants d’une idéologie religieuse qui, objectivement, sème la terreur dans le monde. Les musulmans portent une responsabilité collective dans l’absence de dénonciation et de manifestation ferme et massive devant ces faits, même ceux qui se passent à l’étranger ou dans les pays musulmans (ex. absence de respect des droits de l’homme), ainsi que dans leur incapacité à purger leur doctrine de tous les ferments d’extrême violence, nombreux, qui y figurent avec une évidence criante.

D’ailleurs certains représentants de la communauté musulmane ne sont pas de l’avis du ministre et jugent bien qu’il y a effectivement des comptes à rendre aux non-musulmans quant à la violence que l’Occident et notamment la France subie depuis tant d’années (cf. reconnaissance).

  • « Mettre en relation les exactions de quelques individus avec les comportements et les valeurs de cinq millions de Français musulmans relève soit d’une coupable ignorance, soit d’une malhonnêteté inacceptable. »

Non, cf. le point précédent. La majorité silencieuse est coupable de son silence, comme commencent à le reconnaître certains musulmans eux-mêmes (cf. reconnaissance). Quant à ce procès en culpabilisation, qu’il soit soutenu par un ministre de l’intérieur en exercice prouve, s’il en était encore besoin, que le politique tend à abaisser le débat public au lieu de l’élever.

  • « Enfin, il est connu que les préjugés naissent de l’ignorance. Je crois donc également à la nécessité de faciliter l’accès du grand public à une meilleure connaissance de l’Islam et de la civilisation arabo-musulmane. Le ministère de la culture va entreprendre un travail de recension des projets portés par les institutions culturelles et audiovisuelles – France Télévision, l’INA, l’Institut du monde arabe, le Louvre, pour n’en citer que quelques-unes – et qui répondent à cette ambition. Des crédits publics seront également engagés pour soutenir les projets de recherche dans le domaine de l’islamologie, de l’étude de l’Islam de France et de la connaissance du monde arabo-musulman. Leur affectation précise sera annoncée à la rentrée. Mais il appartient naturellement aux musulmans eux-mêmes d’être les acteurs de ce combat pour une meilleure connaissance de l’Islam comme religion et comme civilisation. Ce doit être, à mon sens, l’une des principales raisons d’être de la nouvelle Fondation de l’islam de France, qui aura bien entendu par ailleurs d’autres objectifs dans les domaines du culte, de l’éducation et de la solidarité. »

Il est surprenant que l’État français se transforme ainsi factuellement en propagandiste de l’islam : est-ce bien là le rôle d’un État laïc ? Si la communauté musulmane se sent frustrée par une méconnaissance de la contribution de l’islam au monde occidental, que ne se prend-elle en main elle-même pour promouvoir cet héritage ? N’est-elle pas la mieux située ? Pourquoi, depuis tant d’années que chacun est libre en France et en Europe (contrairement à ce qui se passe dans les pays musulmans) de mener toutes les recherches possibles et imaginables cette évidence de la contribution musulmane ne s’est-elle pas imposée ?

  • « L’exercice du culte, c’est également l’existence de lieux de cultes appropriés, en nombre suffisant pour permettre aux fidèles qui le souhaitent de se rendre à la prière. (…) Il existe aujourd’hui environ 2400 mosquées et salles de prières en France. (…) A cet égard, vous n’ignorez pas que la loi de 1905 impose à l’État une abstention rigoureuse, puisqu’elle prévoit que l’État ne subventionne aucun culte. La religion n’est plus en France, depuis plus d’un siècle, considéré comme un service public que l’État prendrait en charge. Son organisation et son financement relèvent exclusivement des fidèles, ce qui est aussi pour eux un gage d’indépendance et de liberté. Mais ce principe n’exclut pas, comme vous le savez également, que les collectivités locales puisse faciliter l’aboutissement de certains projets de construction : en mettant à disposition des terrains dans le cadre de baux emphytéotiques ; en garantissant des emprunts ; ou encore en contribuant au financement de la partie culturelle de projets immobiliers à caractère mixte. »

Le projet de l’État français socialiste semble être de continuer à développer l’islam en France au prix du contournement des textes pour aider et assurer, probablement en toute opacité, le développement d’une religion qui devrait se prendre elle-même en charge.

  • « J’appuie donc fortement le projet issu de l’atelier qui s’est réuni ce matin consistant à créer un groupe de travail rassemblant les responsables musulmans et ceux des autres cultes, l’Association des Maires de France, ainsi que les administrations concernées afin d’évaluer l’application de ces diverses règles. Cette initiative rejoint du reste l’une des propositions du rapport que le sénateur Hervé MAUREY a consacré au financement des lieux de cultes. »

Un appel à mots couverts au contournement de l’esprit de la loi, si ce n’est de sa lettre !

  • « Dans un contexte ou des prêcheurs de haine, très présents sur Internet, s’adressent à une jeunesse souvent ignorante des valeurs de l’Islam, il est important que des figures d’autorité morale et d’érudition soient à même de porter un autre message, conforme à un Islam de paix, un « islam de lumière » tel que l’a défini ce matin Dalil BOUBAKEUR. (…) Bien entendu, la formation théologique des imams ne regarde pas directement l’Etat. »

Quel en est le contenu ?  Le C.F.CM. refuse toujours d’inscrire dans les droits des musulmans de France le droit d’apostasier (cf. apostasie), droit fondamental de l’homme s’il en est. Sachant par ailleurs que l’islam est fondamentalement antinomique avec la laïcité, cela promet.

  • « Je sais que beaucoup de musulmans souhaiteraient voir l’État intervenir davantage dans l’organisation du commerce halal. L’abattage rituel ne s’oppose pas au principe de laïcité ; bien au contraire, il est l’une des composantes de la liberté de culte. »

Le halal contrevient à la dignité du monde animal au nom du respect de règles religieuses inutiles. Bernard Cazeneuve ignore que le halal n’est pas considéré comme une obligation incontournable du culte, comme en témoignent plusieurs islamologues bien connus (cf. halal).

  • « On le sait peu, ou plutôt on l’oublie trop souvent, mais c’est une vieille histoire que celle de la présence des musulmans en France. Une histoire qui remonte très loin dans le temps, jusqu’au Moyen Age, notamment dans les régions du sud de notre pays. Entre Bordeaux et Narbonne, dans l’ancienne Septimanie, mais aussi en Provence, des communautés musulmanes – certes minoritaires, mais qui n’en étaient pas pour autant négligeables – ont ainsi vécu jusqu’au XIIe siècle. Je crois que nous devons tous prendre enfin conscience de cette part de notre histoire commune, dont l’islam de France est aujourd’hui l’héritier. »

L’islam s’est effectivement hasardé dans une partie du territoire français et Charles Martel, puis quelques autres, ont chassé à l’époque les intrus. Quel bienfait a résulté de la présence musulmane en France ? Il est quand même étonnant de voir un ministre du gouvernement français tenter de valoriser par un recours à l’histoire le lien avec une religion dont on ne voit guère ce qu’elle a apporté à la France aujourd’hui, et qui au contraire est à l’origine d’un terrorisme manifeste depuis plusieurs décennies.

  • « Souvenons-nous de l’ancienneté de la belle mosquée de Saint-Denis de la Réunion et souvenons aussi des raisons qui ont présidé à l’édification, dans les années 1920, de la Grande Mosquée de Paris. Ce symbole magnifique au cœur de la capitale fut en effet alors conçu comme un témoignage de reconnaissance à l’égard des dizaines de milliers de soldats musulmans morts pour la France entre 1914 et 1918. Faut-il également rappeler le sacrifice des soldats musulmans qui participèrent, entre 1940 et 1945, au combat national contre le nazisme et à la Libération du territoire national ? Enfin, aurions-nous oublié combien fut décisive la part prise par les immigrés venus d’Afrique du Nord, puis d’Afrique noire, dans la reconstruction du pays après la guerre et dans son développement économique au cours des « Trente Glorieuses » ? Par le sang qu’ils ont versé, par leur labeur, par leurs talents, les Français de confession musulmane ont façonné et continuent à façonner la France – la France qui est notre bien commun. »

Ce témoignage de reconnaissance que constitue la Grande Mosquée de Paris n’est que le symbole de l’abaissement de la France devant une religion à qui les Français ne doivent rien. Ce n’est en réalité que la triste contrepartie d’une colonisation mal assumée. Ceux qui se sont battus pour la France doivent être remerciés, quelle que soit leur confession, car ce n’est pas une question de religion. En quoi cela justifie-t-il d’une façon quelconque une hypothétique dette de la France à l’égard de l’islam (cf. mosquée de Paris) ?

Discours de Bernard Cazeneuve à la mosquée de Cenon, Bordeaux (25 février 2015)

Il est intéressant d’analyser la position du gouvernement français, par la voie de son ministre de l’intérieur, sur la question musulmane. Voici quelques commentaires relatifs au discours prononcé le 25 février 2015 par Bernard Cazeneuve.

http://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Interventions-du-ministre/25.02.2015-Discours-de-M.-Bernard-Cazeneuve-a-la-mosquee-de-Cenon-Bordeaux

  • « La loi interdisant le port du voile intégral doit ainsi être appliquée avec fermeté. » 

Bernard Cazeneuve peut-il alors nous expliquer pourquoi cette loi n’est pas appliquée et, pire, pourquoi les policiers semblent avoir reçu des consignes pour ne pas l’appliquer ?

  • « Le président de la République a d’ores et déjà annoncé sa volonté de durcir la répression des actes et des menaces racistes,  antisémites et anti-musulmans. La prévention et la répression des actes anti-musulmans constitueront un axe majeur du plan d’action pour la lutte contre le racisme et l’antisémitisme que prépare actuellement le nouveau délégué interministériel (…). J’ai pour ma part donné instruction aux préfets de signaler systématiquement aux procureurs de la République tous les actes racistes, antisémites ou anti-musulmans dont ils auraient connaissance.  »

Et les actes anti-chrétiens ? Ils ne comptent pour rien ? Bernard Cazeneuve mentionne en fin de discours un rapide : «  Quant aux profanations de cimetières et de lieux de cultes, elles touchent toutes les confessions, et notamment la religion chrétienne, et sont, hélas, en nombre croissant. » Mais on voit bien que cela n’est vraiment pas dans ses priorités ni dans celles du gouvernement français.

  • « Je comprends que les musulmans trouvent injuste de devoir sans cesse rappeler qu’ils n’ont rien à voir avec de tels crimes. Chacun sait que l’immense majorité des Français de confession musulmane ont fermement et évidemment condamné les attentats perpétrés sur notre sol, ainsi que la volonté des terroristes d’invoquer la religion pour justifier leurs actes criminels. Mettre en relation les exactions de quelques individus avec les comportements et les valeurs de cinq millions de Français musulmans relève soit d’une coupable ignorance, soit d’une malhonnêteté inacceptable. »

Pour quelle raison cette demande de justification paraît-elle aussi insupportable ? Les musulmans ne sont-ils pas les représentants vivants d’une idéologie religieuse qui, de façon objective, sème la terreur dans le monde depuis plusieurs décennies ? Les musulmans ne portent-ils pas une responsabilité collective dans l’absence de dénonciation et de manifestation ferme et massive devant ces faits, même ceux qui se passent à l’étranger ou dans les pays musulmans (ex. absence de respect des droits de l’homme), ainsi que dans leur incapacité à purger leur doctrine de tous les ferments d’extrême violence, nombreux, qui y figurent avec une évidence criante (cf. jihad) ? Vouloir ignorer cette réalité relève bien d’une coupable ignorance ou d’une malhonnêteté inacceptable : celle du personnel politique français depuis des années.

D’ailleurs plusieurs représentants de la communauté musulmane ne sont pas de l’avis du ministre et jugent bien qu’il y a effectivement aujourd’hui des comptes à rendre aux non-musulmans quant à la violence que l’Occident et notamment la France subie depuis tant d’années (cf. violence).

  • « La République laïque garantit à chaque Français la liberté de conscience, par là même la liberté de croire ou de ne pas croire » 

Bernard Cazeneuve semble oublier que le C.F.C.M., dont il vante par ailleurs les qualités et qu’il considère être « l’interlocuteur privilégié de l’État », refuse encore aujourd’hui d’inscrire dans la charte des droits du musulman le droit d’apostasier (cf. apostasie). Il est donc intéressant de noter que le gouvernement français choisit comme interlocuteur privilégié une organisation qui refuse la liberté de conscience.

  • « Ma conviction (…) est que l’enseignement privé confessionnel musulman doit pouvoir se développer dans le respect des principes républicains. »

Bernard Cazeneuve peut-il nous expliquer comment l’enseignement confessionnel musulman pourrait être compatible avec les principes républicains puisqu’il consiste à enseigner une doctrine qui prône ou autorise (entre autres) l’inégalité naturelle homme/femme, la répudiation, la polygamie, les châtiments corporels, l’absence de liberté de conscience, le communautarisme ?

  • « Il y a beaucoup à faire aussi pour aider à mieux faire connaître l’islam comme religion et comme civilisation par nos compatriotes, en partenariat avec les musées, les bibliothèques, les médias audiovisuels. (…) Des cours de langue arabe et de civilisation arabo-musulmane, ainsi que des cours de soutien scolaire, seraient proposés à tous. Le Gouvernement a également décidé de relancer les études sur l’islam de France et l’islamologie à l’Université. Cette relance s’appuiera sur un programme précis, que je piloterai conjointement avec la ministre de l’Education nationale. Il existe une grande tradition d’islamologie française, illustrée par exemple par les noms de Louis MASSIGNON, Maxime RODINSON et Jacques BERQUE, et que nous devons contribuer à faire renaître.»

Il est extrêmement surprenant que l’État français se transforme ainsi factuellement en propagandiste de l’islam : est-ce bien là le rôle d’un État laïc ? Si la communauté musulmane se sent frustrée par une méconnaissance de la contribution de l’islam au monde occidental, que ne se prend-elle en main elle-même pour promouvoir cet héritage ? N’est-elle pas la mieux située ? Pourquoi, depuis tant d’années que chacun est libre en France et en Europe (contrairement à ce qui se passe dans les pays musulmans) de mener toutes les recherches possibles et imaginables cette évidence de la contribution musulmane ne s’est-elle pas imposée avec une immense clarté ?

Les territoires perdus de la République

En février 2015 Christiane Taubira nous gratifiait de son incompréhension du phénomène terroriste musulman qui provoquait chez elle une « grande perplexité ».

 Taubira 150211

 

Taubira 150211

Il fallait « prendre le temps de parler » avec tous ces jeunes tentés par le jihad pour tenter de « comprendre leurs ressorts profonds » : autant dire, le niveau zéro de l’analyse.

Mais Christiane Taubira se sent plus à l’aise dans la couture : « recoudre le lien social, retravailler la cohésion nationale » : de bien belles expressions ma foi, et bien creuses face à une doctrine qu’elle ne comprend pas.

Y a-t-il eu du progrès depuis ? Le Bataclan a-t-il changé quelque chose ?

Je ne doute pas que les nombreuses personnes qui ont perdu un proche cette année ou en perdront demain seront touchées par la profondeur de cette analyse.

Ce dont on peut être au moins sûr, c’est que les territoires perdus de la République ne sont effectivement pas un mythe.

Islam, jihad & barbarie : incompétence des politiques ou souci de ne pas inquiéter la population ?

Comment les hommes politiques, qui pour la plupart (ex. article Alain Juppé mais il n’est pas le seul) n’ont lu ni le Coran ni la biographie de Mahomet, peuvent-ils comprendre les racines idéologiques de l’islam ? Reste la barbarie (Le Petit Robert : « manque de civilisation ; état d’un peuple non civilisé »), qui a bon dos, mais qui empêche de comprendre, puisque les valeurs musulmanes ne sont pas les valeurs occidentales. Et l’on retombe sur la sempiternelle et lénifiante dichotomie islam/islamisme pour ne pas inquiéter les populations ou éviter de poser les bonnes questions…

Jihadisme & Barbarie

Jihadisme & Barbarie 150703

D’ailleurs, Tariq Ramadan rappelle à juste titre la profonde méconnaissance de l’islam de tous ceux qui utilisent cette dichotomie absurde :

Tariq Ramadan Burqa

Tariq Ramadan Dichotomie

Le droit de frapper sa femme au salon de la femme musulmane (septembre 2015)

Réaction de Céline Pina, conseillère régionale en Ile-de-France, à l’occasion du salon de la femme musulmane (septembre 2015), au cours duquel le droit de frapper sa femme fut abordé (les références coraniques étant sur ce point très claires cf. article frapper sa femme dans le Coran). Elle fait notamment état du silence assourdissant de la classe politique française sur le sujet, qu’on peut certainement rattacher à une lâcheté profonde, voire viscérale.

Celine Pina 150915Celine Pina 150915 1  Celine Pina 150915 2

Manuel Valls : quelle ligne directrice en matière religieuse ?

Il ne semble pas aisé de comprendre la pensée de Manuel Valls en matière religieuse ni d’estimer sa capacité à la neutralité éclairée dont ne doit pas se départir le ministre de l’intérieur du fait de ses responsabilités vis-à-vis des cultes, et encore moins un premier ministre, si l’on essaie d’en juger à partir de l’évolution radicale de ses positions passées.

En avril 2008, Manuel Valls, maire d’Évry, défendait avec conviction la cause palestinienne.

Valls et Les palestiniens avrill 2008Valls et Les palestiniens avril 2008

Manuel Valls épouse en 2010 Anne Gravoin qui est juive.

En avril 2011, Manuel Valls défend avec ardeur son « attachement éternel à la communauté juive et à Israël ».

Valls et Israel juin 2011Valls et Israel juin 2011

À cet égard, il est regrettable que les journalistes, toujours épris de morale et de déontologie, n’aient pas rappelé cet aspect lors de la controverse née de la déclaration de Roland Dumas en février 2015 qui considérait que Manuel Valls était sous influence juive. Les Français auraient certainement été beaucoup plus éclairés sur l’origine de la position de Roland Dumas (qu’on la partage ou non, ou qu’on la juge même abjecte, puisque là n’est pas le débat au regard de la déontologie journalistique) que par les lamentables propos de bistro entendus à l’époque du type « La vieillesse est un naufrage », etc., abondés par des personnalités du show business totalement incultes. Cette façon de procéder du milieu journalistique relève-t-elle de la déontologie journalistique ?