Le tétragramme juif, symbole de l’unicité

L’islam est pour l’essentiel une copie ou reprise du judaïsme, le Coran ne dissimulant d’ailleurs pas que l’islam n’est qu’un rappel sans apport fondamentalement nouveau (si ce n’est que Mahomet est le dernier prophète). C’est notamment vrai pour le principe fondateur et central de l’islam, le principe de l’unicité divine, ou « tawhid », premier des deux témoignages de la shahada, et repris du judaïsme.

L’émission de France 2 « judaïsme » du dimanche matin rappelle en effet la signification du véritable nom de Dieu ou tétragramme, symbole de l’unicité de l’être (l’autre version plurielle « Elohim » correspondant, grosso mode, à l’idée que chaque homme s’en fait).

France 2 judaïsme 17093 Extrait

Mon intervention du 24 août 2016 sur Radio Courtoisie

Mon échange du 24 août avec Laurent Artur du Plessis sur Radio Courtoisie dans le cadre du  » Libre journal de la Crise « , consacré principalement à la mise à disposition sur mon site du  » Livret musulman de premier secours «  (livret-musulman-27-juillet-2016) est disponible sur le site internet de Radio Courtoisie (http://www.radiocourtoisie.fr/).

NB : pensez à soutenir financièrement ces médias qui font (sur)vivre l’information indépendante ! La rivière de la liberté a besoin d’être alimentée par les petits ruisseaux de l’espoir.

La « culture de l’excuse » : comment des politiques coupables mais silencieux essaient de s’en prendre à tous ceux qui réfléchissent

Après des décennies d’abandon coupable à une immigration et à un regroupement familial incontrôlé, dont on se demande bien si la France en avait vraiment besoin, et surtout qui a massivement importé dans un pays aux origines chrétiennes une religion dont on voit bien l’abîme qui la sépare dans sa doctrine des valeurs occidentales et chrétiennes, l’islam, il est maintenant bien tard, sauf à oser parler de l’indicible, comme ce qui s’est passé après l’indépendance de l’Algérie avec le rapatriement de près d’un million de personnes. La France semble bien avoir pris la route de la libanisation avec le développement d’un communautarisme qui laisse les politiques hébétés.

Dans cette débâcle politique lamentable, il est inévitable que les questionnements douloureux mais vrais et nécessaires rendent hystériques des gouvernants dont chaque jour dévoile l’extension du domaine de la médiocrité. Bien entendu, tout discours mettant ces gouvernants face à leurs responsabilités leur est insupportable et doit être empêché, que ce soit s’agissant de l’islam ou d’autres sujets de société.

Il est en effet intéressant de noter que c’est dans ce contexte de déliquescence avancée, où la parole politique est devenue malheureusement trop souvent synonyme de « mensonge, trahison, manipulation ou encore mépris », que vient d’apparaître une nouvelle forme de tentation liberticide sous forme de la remise en cause de l’essence même de l’analyse sociologique sous la forme du rejet de la « culture de l’excuse » : « Il ne peut y avoir aucune explication qui vaille, car expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser » nous dit avec force Manuel Valls, repris par d’autres, lors de la commémoration des attentats de janvier 2015, propos symptomatique de la marche vers la dictature intellectuelle sécuritaire qui étouffe les débats et dont les totalitarismes ont généralement le secret. A-t-on jamais vu un premier ministre de la République française interdire aux gens de réfléchir ? C’est totalement stupéfiant !

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Eh bien oui ! Expliquer, analyser, c’est mieux comprendre, c’est effectivement entrevoir la possibilité de « circonstances atténuantes » à des gestes épouvantables, sans pour autant dédouaner l’individu de toute responsabilité. La haine de l’autre peut être autre chose que le seul résultat d’un trouble psychiatrique, et l’État Islamique n’est pas qu’un ramassis de fous et de psychopathes barbares. L’idéologie communiste a envoyé des dizaines de millions de personnes à la mort : tous les communistes étaient-ils fous, et notamment nos très chers communistes français ? A-t-on empêché dans les médias les communistes de parler et de défendre une idéologie délétère et meurtrière ?

L’idée d’une possibilité d’explication est encore plus insupportable à certains lorsque certaines communautés sont visées, et prioritairement la communauté juive (car les chrétiens et la christianophobie sont beaucoup moins « intéressants » que l’antisémitisme). Manuel Valls ne vient-il pas de rappeler lors du dîner annuel au CRIF du 7 mars 2016 qu’ « il y a l’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël » et que certains font d’Israël « le juif des nations, l’unique cible au monde d’un processus de délégitimation » ? Comment l’antisémitisme pourrait-il être défendable ?

Le président du CRIF avait déclaré sur Europe 1 en février 2015 que l’antisémitisme actuel était essentiellement musulman en déclarant : « Toutes les violences [ndlr contre les juifs] aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans ». Il est vrai que chacun peut assez facilement constater en lisant les textes sacrés musulmans (Coran, hadiths, Sîra) que la doctrine et la pratique de Mahomet étaient viscéralement antisémites une fois le jihad déclaré, ce qui a imprégné toute la culture musulmane et dont le monde musulman sait régulièrement se souvenir, à en juger par les propos tenus régulièrement dans les médias musulmans à l’égard des juifs et d’Israël.

Les « islamologues patentés », tout à fait au fait de ces questions doctrinales, pourraient utilement nous éclairer à cet égard. Mais on ne voit pas bien en quoi ceux qui courtisent et conseillent le monde politique aident véritablement à alerter et à poser les vraies questions. D’aucuns n’annonçaient-ils pas en 2000 que « l’islamisme était rentré depuis le milieu des années 1990 dans une phase de déclin accéléré » et que « l’épuisement de l’idéologie et de la mobilisation islamistes ouvraient la voie à un troisième moment, de dépassement » ? Ce sont toujours les mêmes, encamisolés dans leur collusion avec le monde politique, qui interviennent sur les grands plateaux de télévision et de radio pour faire part de leur préoccupation et de leur incompréhension. Aucune voix discordante et libre ne peut véritablement s’exprimer de façon régulière.

Les vérités religieuses et historiques trop dérangeantes sont reléguées dans d’obscures salles de réunion où la pensée dissidente trouve de temps à autre refuge. Très récemment, l’abbé Pagès a vu son site internet « Islam et vérité » fermé pour une raison qu’on a du mal à comprendre – celui-ci luttant depuis des années contre les dérives de l’islam et se situant à l’exact opposé d’un apologue de l’État Islamique – ; l’historien Bernard Lugan a eu toutes les peines du monde à maintenir une de ses conférences après l’annulation en dernière minute par la doyenne de la faculté de droit de Clermont-Ferrand du prêt d’une salle de conférence : quelques anecdotes parmi d’autres. La dictature de la bêtise est décidément impitoyable.

Ce conflit entre la civilisation occidentale et l’islam qu’il est si difficile et si incorrect de nommer

L’interview d’Alain Finkielkraut sur Europe 1 en janvier a été une occasion rare pour un journaliste, en l’occurrence Gérard Carreyrou, de nommer sans détour la guerre de civilisation entamée par l’islam contre la civilisation occidentale.

Alain Finkielkraut 160104 Conflit de civilisation & Islam

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Le charmant visage de la haine religieuse

L’émission du jeudi 21 janvier « Des paroles et des actes » a été le lieu d’un long débat sur la place de l’islam au sein de la société française. Si l’on doit regretter, comme toujours, l’absence de fond doctrinal à ce débat sur l’islam, les interlocuteurs se contentant d’en rester à la sempiternelle et inopérante dichotomie islam/islamisme sans jamais se référer à ce que disent les textes authentiques reconnus par tous les musulmans, il est intéressant d’essayer de comprendre les ressorts sociaux et psychologiques de la diatribe d’une violence inouïe formulée par la jeune enseignante musulmane sur le plateau de France 2 à l’encontre d’Alain Finkielkraut.

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Reprenons donc les différents éléments de ce discours violent et méprisant, très clairement préparé à l’avance pour être déroulé sans interruption, déniant toute légitimité à une quelconque contradiction, imperméable à tout raisonnement, et avec la volonté claire d’écraser dans l’œuf toute opposition (heureusement, elle ne portait pas de kalachnikov !).

  • Les « arguments »

Le discours de cette jeune femme apparemment charmante, mais au sourire un peu forcé et crispé, est un catalogue bien appris d’affirmations qui ne sont étayées par rien de précis. Où sont les arguments ?

La traditionnelle stigmatisation/victimisation occupe l’essentiel du discours : « La cible visée et visible, c’est surtout les musulmans » ; « les musulmans subissent des attaques » ; « Il y a une islamophobie institutionnelle et il y a discrimination dans les institutions » ; « ces attaques sont encouragées par des médias qui traitent l’information de manière totalement biaisée de sorte à faire du musulman l’ennemi de l’intérieur ». En effet, la victimisation est le refuge idéal lorsque les arguments manquent car cela évite d’avoir à en donner.

Quand on voit avec quelles difficultés les informations finissent par filtrer, en dépit de la censure gouvernementale, concernant les incidents (viols, agressions sexuelles,…) avec les migrants (Allemagne, Suède, France par exemple), on ne peut être que stupéfait d’un tel discours à front renversé. Et qui tue dans les rues de Paris avec des kalachnikovs : des juifs, des chrétiens, des athées ? Non, des musulmans.

Pourtant même Tariq Ramadan met en garde la communauté musulmane contre ce penchant évident à la victimisation qui finit par agacer l’occidental pourtant un peu naïf : « Aujourd’hui, c’est international. Partout où vous allez, vous avez le même état d’esprit, la même psychologie qui nous [ndlr les musulmans] transforme non plus en agents mais en observateurs de nos échecs. L’observateur de ses échecs, il s’assoit, et il développe une pensée victimaire. Qu’est-ce que c’est la pensée victimaire ? « Personne ne m’aime ». Et ça les musulmans : « Personne ne nous aime… » ».

Le reste du discours de la jeune femme est consacré à des attaques personnelles qui relèvent de l’odieux et du gratuit : « Ces attaques sont encouragées par des pseudo-intellectuels qui en parlent et qui font des analyses » ; « Au lieu d’éclairer les débats, vous avez obscurci nos pensées, nos esprits, avec tout un tas de théories vaseuses et très approximatives, je tiens à le dire » ; « Vous avez alimenté des amalgames » ; « Le pire : vous vous êtes permis, vous vous êtes octroyé le droit de parler de l’islam, de parler des musulmans et de parler des quartiers populaires alors que vous n’en avez ni les compétences, ni la légitimité » ; «  De quel droit parlez-vous de cela ? ». En fait, on ne sait pas de quoi cette jeune femme parle : quelles analyses ? Sur quels sujets ? Quelles théories vaseuses ? Quels amalgames ? Et pour parachever le tout, l’argument classique de l’absence de légitimité, la légitimité n’étant visiblement pas corrélée à l’intelligence de la pensée.

Quant à l’insulte, on la frôle mais la jeune femme l’évite pour ne pas finir devant les tribunaux pour injure (même si la victime n’aurait certainement pas la bassesse de se résoudre à une telle démarche), puisque cette jeune femme dit elle-même en faisant référence au mot « salaud » : « j’aurais pu le dire mais je ne l’ai pas dit » (ce qui, de fait, fait que c’est tout comme). Ce discours assez abject à l’attention d’Alain Finkielkraut rappelle furieusement les prouesses d’Edwy Plenel dans son odieux petit livre : « Pour les musulmans ».

Que reste-t-il finalement de consistant permettant de faire avancer la compréhension ? Rien. Une suite d’affirmations et d’opinions, exutoire ostensible d’un trop plein de ressentiment et de haine (la judéité d’Alain Finkielkraut y est-elle d’ailleurs pour quelque chose ? On peut légitimement s’interroger).

  • L’expression d’une culture identitaire et communautariste incapable de dialoguer ?

Cette diatribe, procès stalinien d’un philosophe déjà condamné d’avance (heureusement pour lui que nous ne sommes plus au début des années 40…), peut-elle être considérée comme une illustration assez caractéristique des difficultés de l’islam à envisager la moindre approche critique de la culture musulmane et de ses principes, sans parler même de remise en cause (comme les chrétiens ont pu le faire avec Vatican II, de façon d’ailleurs guère heureuse d’un point de vue doctrinal ; mais c’est une autre question) ? On peut le penser, à lire ou à écouter certaines personnalités musulmanes bien connues.

Ainsi, comme l’écrit ou le dit Tariq Ramadan, « L’un des plus grands défis, c’est cette toile de fond psychologique qui consiste à se regarder et à être regardé par le prisme de nos problèmes. C’est de ça dont il faut se libérer d’abord ». « L’absence de débat critique et serein est l’un des maux qui rongent la pensée musulmane contemporaine ». « Les dialogues et les débats manquent infiniment à l’intelligence musulmane contemporaine ». « Depuis longtemps les musulmans ne savent plus se mettre d’accord intellectuellement pour quelque chose (une idée, un projet ou un engagement) : ils ne se rapprochent émotionnellement les uns des autres et offrent parfois un front apparemment uni que lorsqu’il s’agit de se mobiliser contre un potentiel ennemi, une provocation ou une attaque. Loin du dialogue critique, l’union est effectivement émotive, souvent excessive, ponctuelle et éphémère. »

Malek Chebel écrit pour sa part : « L’esprit musulman d’aujourd’hui répugne à se voir reprocher, même avec doigté, l’absurdité logique de telle pensée anachronique ou fossile, surtout si elle a été codifiée par le Coran ou la sharia ». « Celui qui analyse les difficultés que rencontrent aujourd’hui l’islam et les musulmans est frappé par la faiblesse de la pénétration de la pensée rationnelle dans la pensée religieuse. »

Il est vrai que développer une pensée critique est difficile lorsque votre religion vous impose une soumission qui semble bien opposée à la liberté chrétienne :

Coran, sourate 2, verset 229 : « (…) Voilà les ordres d’Allah. Ne les transgressez donc pas. Ceux qui transgressent les ordres d’Allah sont des injustes. »

Coran, sourate 24, verset 51 : « La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Et voilà ceux qui réussissent. »

Coran, sourate 33, verset 36 : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et son messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Quiconque désobéit à Allah et à son messager est dans un égarement évident. »

Yusuf Qaradawi, éminente personnalité religieuse musulmane précise : « Il n’est pas nécessaire pour le musulman de connaître en détail quel est le mal pour lequel Dieu a interdit telle chose. Il se peut que lui échappe ce qui apparaît à d’autres. Il se peut que ce mal ne soit pas découvert à telle époque et qu’il devienne apparent plus tard. Le musulman doit toujours dire : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». »

Un récent colloque à l’Institut du Monde Arabe (26 novembre 2015) avait d’ailleurs pour thème cette question réellement surprenante : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? ». C’est dire ! Car on ne se poserait pas la question si tout cela allait de soi dans la culture musulmane. Interrogé par le public de façon très claire au sujet du l’apostasie et du jihad, Abdennour Bidar, pourtant musulman « progressiste », a refusé lors de cette conférence de répondre et a éludé les questions de façon manifeste.

Cela étant, lorsqu’on sait que l’islam de France refuse encore aujourd’hui le droit d’apostasier aux musulmans, c’est-à-dire n’accorde pas aux musulmans la liberté consistant à choisir de changer de religion ou à devenir athée (l’apostasie étant punie sévèrement dans les pays musulmans – parfois jusqu’à la mort conformément à la règle édictée par Mahomet –), on se doute bien qu’il y a un sérieux problème avec le vénérable vivre-ensemble dont on rebat les oreilles des Français de tous côtés depuis des années, invocation pieuse mais sans effet.

Les courants critiques de l’islam, comme le mutazilisme, n’ont guère survécu dans l’histoire de l’islam, et comme l’écrit Tareq Oubrou : « Pour qui veut lutter contre l’obscurantisme qui frappe aujourd’hui le monde musulman, la France n’est pas forcément un endroit de tout repos. (…) Tout discours élaboré sur Dieu, l’interprétation du Coran ou la nécessité d’adapter sa pratique à un environnement sécularisé s’apparente pour la plupart des musulmans, en particulier les jeunes littéralistes, à un blasphème ».

Le renouveau et l’extension du wahhabisme, fortement soutenu par l’Arabie Saoudite et par le Qatar, ont remis à l’ordre du jour avec des moyens considérables – utilisés jusqu’en Occident pour financer des moquées ou des communautés et répandre l’islam dans la société française – un retour à la pureté de l’islam des origines, celui de Mahomet, qui a ouvert la période du Jihad, « combat armé dans la voie d’Allah ».

Le renvoi constant à la vie du Prophète, à ses pratiques, est d’ailleurs une des caractéristiques de la littérature produite par l’État Islamique, qui documente de façon rigoureuse sa doctrine : ce n’est pas un hasard. Face à cette littérature, y a-t-il une réponse de l’islam prétendument « modéré », s’appuyant également sur les textes musulmans authentiques ? On la cherche…

Car Mahomet n’est-il pas le meilleur musulman, le modèle ? Or c’est bien lui qui a déclenché le jihad, chassé et exterminé les juifs de Médine (en égorgeant les prisonniers de la tribu juive des Banû Quraydha « jusqu’à leur extermination totale »), appelé à tuer les juifs si l’on suit la Sunna authentique (« Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’entre eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : Ô adorateur de Dieu ! Voilà un juif derrière moi : tue-le ! »), multiplié les batailles, razzias,…, vendu les femmes et les enfants capturés sur les marchés… Autant d’éléments parfaitement clairs et documentés, figurant dans la Sîra (biographie musulmane) de Mahomet – texte que tout le monde devrait lire –, et qui font clairement écho à ce qui se passe notamment au Moyen Orient de nos jours.

Aujourd’hui, le dialogue inter-religieux ne sert à rien sauf à prendre le thé, ce qui est en réalité assez normal. À partir du moment où chaque religion prétend détenir seule l’unique vérité, aucun dialogue n’est en réalité possible sauf celui portant sur les conditions de la tolérance entre communautés, chacun suivant son chemin spirituel vers le salut, à cette « nuance » près que la doctrine de l’islam rejette tout à fait viscéralement l’idée de liberté religieuse et de laïcité telles que l’Occident, et en tous cas la France, les comprend.

Le mépris visible qui suinte des pores du visage de la jeune intervenante n’est guère surprenant. Sans doute pense-t-elle, comme lui enseigne le Coran (sourate 3, verset 110), être supérieure à son interlocuteur et n’avoir qu’une bonne leçon – voire une correction – à lui infliger, pour l’humilier (comme il est écrit par ailleurs dans le Coran) : « Vous [ndlr les musulmans] êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. Si les Gens du Livre [ndlr les juifs et les chrétiens] croyaient, ce serait meilleur pour eux. Parmi eux se trouvent des croyants mais la plupart d’entre eux sont des pervers ».

Comment, dans ces conditions, envisager le début d’un quelconque dialogue sincère ?

  • Conclusion

L’attitude de cette jeune femme semble emblématique de l’attitude d’une partie importante de la communauté musulmane qui méconnaît les propres textes de sa religion et vit cette religion comme un ferment identitaire, creuset nocif qui va faciliter le ruminement de frustrations, au lieu d’envisager la possibilité de transformer l’islam en sagesse, en le débarrassant, au moins en pratique (puisque cela est impossible d’un point de vue doctrinal : on ne touche pas à la parole d’Allah !), de tout ce qui rend impossible une véritable rencontre avec l’Occident, une authentique ouverture au monde moderne.

Comme l’explique Alain Finkielkraut, l’islamophobie est utilisée aujourd’hui à tous propos pour attaquer tout non-musulman un peu critique, sans compter le politiquement correct et la dictature gouvernementale et judiciaire qui progressivement et sûrement étouffent la liberté d’expression en France pour masquer des années d’irresponsabilité et la gravité actuelle de la situation.

Faut-il compter sur les quelques penseurs musulmans contemporains qui osent enfin élever la voix pour tenter de réformer l’islam (Malek Chebel, Abdennour Bidar par ex.), et qui seraient sans doute vilipendés avec force et traînés dans moult procès par toutes les organisations de défense des droits de l’homme s’ils étaient juifs ou chrétiens (Éric Zemmour en sait quelque chose) ? C’est un bien mince espoir, qui ne rend guère optimiste, mais qu’avons-nous d’autre ?

L’art de la dissimulation et du mensonge : la taqiya

La Sîra (cf. article Pas de lien avec les mécréants) indique que lorsque Mahomet envoya son émissaire pour semer la zizanie entre les Quraychites, les Ghatafân et les Banû Quraydha, il lui dit : « Essaie de faire défection les uns aux autres de nos ennemis afin qu’ils partent, si tu peux. La guerre est une ruse. » Ce propos n’a rien de choquant : cela correspond simplement au pragmatisme militaire d’un chef de guerre qui subordonne les moyens à la fin qu’il vise : Allah devait s’être absenté à ce moment-là.

Que la dissimulation soit un procédé habituel pour quiconque ne souhaite pas faire état de quelque chose n’a rien d’étonnant et il n’est pas besoin de code pour que cela existe. Cela ne relève d’ailleurs pas spécifiquement de la sphère religieuse.

Cette pratique de la dissimulation a notamment été pratiquée au sein même des pays musulmans entre chiites et sunnites, dans un contexte historique de relations très tendues, et on peut même dire haineuses entre ces deux communautés (et toujours aujourd’hui).

En revanche, cette formalisation conceptuelle, telle qu’elle apparaît dans l’islam, prend un sens très particulier dans le contexte des pays non-musulmans vis-à-vis desquels des appels à commettre des attentats sanglants sont proférés à l’attention des musulmans (qu’ils soient rentrés du jihad en Syrie ou pas).

Sans aller jusque-là, mais de façon plus subtile, on peut s’interroger sur l’utilisation par certains de techniques de communication visant à désensibiliser dans les médias leur auditoire et à les couper du réflexe d’analyse critique documentée, afin que toute assertion émise paraisse naturellement d’emblée comme vraie, alors que la preuve n’a été nullement apportée, ce qui est d’ailleurs facilité par la spécificité de la culture musulmane, de langue foncièrement arabe et souvent peu traduite – ce qui n’est pas sans en restreindre l’accès aux non arabisants –, et éclatée en de multiples courants permettant au gré des besoins de corroborer les propos souhaités avec les dires de tel ou tel éminent savant parfaitement inconnu par le commun des mortels occidentaux.

On peut ainsi penser par exemple à quelques cas simples, qui donnent l’impression d’un « double discours », les exemples étant légions :

revendication sourcilleuse de l’application stricte de la laïcité à la française avec une forte connotation visant à la culpabilisation morale en « oubliant » la question des droits de l’homme et les droits des communautés non-musulmanes dans les pays musulmans ;

confusion générale entretenue sur la notion de jihad ;

dénigrement de tous ceux qui n’ont pas été adoubés par les « savants » musulmans : accusation de mauvaise interprétation du texte coranique, quand bien même celui-ci est parfaitement clair, du fait d’une connaissance insuffisante de la culture musulmane (argument d’autorité d’autant plus facile à utiliser que l’interlocuteur est un occidental non arabisant) ;

– reconnaissance (par certains réformistes) de l’existence de pratiques déconseillées mais concomitamment tentative pour en décourager la traduction sous forme de loi en France (cf. bourqa) ;

– substitution au concept de territoire de guerre (dar-al-harb) du concept de territoire de la prédication (dar-ad-da’wa), ce qui ne change guère la problématique au regard des sociétés occidentales ;

– etc.

Religion et blasphème

Le propos suivant de Marc Bonnant (grand avocat genevois), qui s’applique à l’islam, mais aussi aux autres religions et à tous autres sujets, n’est-il pas frappé au coin du bon sens ?

Marc BonnantMarc Bonnant Liberte d’expression

« Les idées abjectes s’asphyxient dans la liberté ; elles prospèrent dans l’interdit » : n’est-ce pas là une pensée profonde à méditer ?

La France n’est-elle pas en train d’étouffer, asphyxiée par les lois de la bonne conscience édictée par une prétendue intelligentsia intellectuelle (pseudo-intellectuels, associations antiracistes en tous genres,…) qui sait mieux que le peuple ce qui est bon pour lui, ce qui constitue souvent un principe simple qui fonde les dictatures ?

Quand aura-t-on le droit de critiquer sans contrainte l’islam (ou toute autre religion) ? Ne faut-il pas en finir avec la dictature de la culpabilisation et de l’intériorisation des valeurs de l’autre souhaitée par tous ceux qui veulent tuer la liberté d’expression dans l’œuf ?

Laïcité & Islam : Aujourd’hui

Au-delà  de la question strictement doctrinale, la culture musulmane semble imperméable à l’idée de laïcité tant la dissociation du religieux et du politique apparaît impossible, sauf à rompre avec les textes sacrés.

Pourtant, Mustapha Kemal disait : « L’homme politique qui a besoin des secours de la religion pour gouverner n’est qu’un lâche ! […] Or, jamais un lâche ne devrait être investi des fonctions de chef de l’État. »

Sur la question de la laïcité, Tariq Ramadan note : « La sécularisation et la laïcité ont été surtout perçues comme des processus de « désislamisation », d’opposition à la religion (une des traductions arabes de la sécularisation est « al-lâdîniyya » : le systèmes a religieux ou sans religion), avec leur lot de mesures répressives. Il était historiquement et factuellement impossible d’associer le « sécularisme » ou la « laïcité » avec la liberté et la démocratisation. En arrivant en Occident, les premières générations portaient en elles (et souvent portent encore) ces perceptions et ce passif négatif. »

Rappelons que de nombreux pays ont l’islam pour religion officielle et font de l’islam, voire de la chari’a, une référence dans leur constitution, y compris les pays du Maghreb : Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Libye, Irak, Jordanie, Arabie Saoudite, Yémen, Oman, Qatar, Koweit, Irak, Iran, Afghanistan, Pakistan, Émirats Arabes Unis. Et dans tous ces pays, le droit de la famille relève du droit islamique.

D’ailleurs, pour un musulman, la vie dans un pays laïc (donc non-musulman) pose un véritable problème de conscience car il ne peut pas y trouver un cadre de référence conforme à sa religion. C’est d’ailleurs pour répondre à ce type de questionnement que le Conseil européen des fatwas a vu le jour. Or il est important de noter que ce Conseil européen des fatwas prône en réalité le non respect de la laïcité puisque « Le Conseil recommande aux musulmans résidant en Europe d’œuvrer inlassablement en vue d’obtenir des pays dans lesquels ils résident la reconnaissance de l’islam en tant que religion [1], ainsi que l’exercice – pour les musulmans en tant que minorité religieuse à l’instar des autres minorités religieuses – de tous les droits relatifs à l’organisation de leur statut personnel en matière de mariage, de divorce et d’héritage. » En effet, le statut personnel musulman en terme de mariage, de divorce et d’héritage est absolument contraire à la laïcité et aux lois françaises. Faudrait-il en effet, par exemple, interdire en France à une jeune musulmane de se marier civilement à un non-musulman puisque cela est interdit par l’islam ?

[1] On ne voit pas bien le sens de cette revendication. Personne ne conteste que l’islam soit une religion.

Dans ce contexte, on ne peut que s’interroger sur le sens du préambule de la Convention citoyenne des musulmans de France qui stipule de façon rassurante que « Les musulmans de France (…) considèrent la laïcité comme un acquis majeur du vivre ensemble et de la non-discrimination des citoyens », tant la laïcité est contraire au principe même de l’islam.

D’ailleurs, on peut même se demander si les représentants musulmans et la population musulmane en France ont bien compris ce que veut dire le principe de laïcité tant il semble loin de leur cadre habituel de pensée, comme l’exprime un représentant de la Grande Mosquée de Paris au cours d’une conférence tenue en janvier 2014 :

Bernardins Janvier 2014
Bernardins Janvier 2014

Musulmans francais & Laicite

En réalité, le reproche fondamental et constant fait par les musulmans à la société française, et qui n’est pas prêt de disparaître, soyons-en sûr, est que celle-ci a tendance, au terme notamment d’une histoire douloureuse avec l’Église catholique, à cantonner la religion dans la sphère privée. Tareq Oubrou exprime cette perception de façon très claire : « La laïcité, cadre juridique censé garantir le pluralisme et la diversité, est mise en œuvre dans un sens restrictif reléguant la religion dans l’intimité. »

Pour des musulmans habitués culturellement à placer la totalité de leur vie sous le signe de leur soumission à Allah dans une société également soumise à Allah, la frustration est forte. Être la meilleure des communautés et se voir obligée de se soumettre à des règles laïques, en étant ravalée au même rang que toutes les autres communautés, ce n’est pas quelque chose de facile à digérer. Or aucune autre communauté religieuse ne s’en émeut particulièrement aujourd’hui. La revendication vient de la seule communauté musulmane.

Parler avec un homme

Le Conseil européen des fatwas stipule que parler avec un homme est autorisé dans certaines circonstances mais avec le consentement du père, du mari ou des frères : « La loi n’interdit pas qu’une femme parle avec un homme en cas de besoin, si les propos restent dans les limites du licite et conforme à ses normes. (…) Cela ne signifie pas que la porte doit être grande ouverte pour que la femme discute avec les passants ou vice-versa. Cela est refusé par la logique et le bon goût avant d’être rejeté par la Loi. En revanche, une femme peut discuter avec un homme s’il s’agit d’un proche, d’un gendre, d’un professeur, d’un voisin ou d’un supérieur hiérarchique, et d’autres cas semblables, tant que la confiance est établie, la séduction est exclue et les attitudes sont normales. Ainsi, il est fréquemment admis dans de nombreux pays musulmans que les hommes saluent les femmes, et réciproquement, lorsqu’ils se rencontrent, qu’ils échangent des propos honorables sur ce qui les concerne, avec le consentement du père, du mari et des frères. Aucun savant ne peut leur dénier cela. »