17 octobre 1961 : un « massacre » sans cadavres

Un intéressant rappel de Bernard Lugan, éminent spécialiste des questions africaines :

« Comme chaque année à la date anniversaire de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, communistes et socialistes, amis du FLN et militants « anticolonialistes » (sic), vont commémorer un « massacre » qui aurait été perpétré par la police française. Ils se réuniront ensuite sur le Pont Saint-Michel d’où, toujours selon  eux, des dizaines, voire des centaines d’Algériens auraient été précipités dans la Seine.

Le seul problème, mais il est de taille, est que ce « massacre » n’a pas eu lieu… Quant aux noyades, à l’exception de celles pratiquées par le FLN sur les membres du MNA ou sur les Harkis, elles n’ont pas davantage existé…car nous sommes en réalité en présence d’un montage.

Démonstration [1] :

1) Le 18 octobre 1961 au matin, le bilan de la manifestation de la veille parvient à Maurice Legay, directeur général de la police parisienne. Il est de 3 morts. Nous voilà donc loin des dizaines, voire des centaines de morts et de noyés avancés par certains.

2) Or, deux de ces trois morts, à savoir Abdelkader Déroués et Lamara Achenoune n’ont aucun lien avec la « répression » du 17 octobre puisqu’ils ont été tués, non pas à coups de matraque, mais par balle, non pas dans le centre de Paris, mais à Puteaux, donc loin de la manifestation. De plus, le second a été préalablement étranglé…

3) Un mort, un seul, a tout de même été relevé dans le périmètre de la manifestation et il ne s’agit pas d’un Algérien, mais d’un Français « de souche » nommé Guy Chevallier, décédé vers 21h devant le cinéma REX de fractures du crâne. Etait-il un simple passant ou bien un porteur de valises manifestant avec le FLN ? Nous l’ignorons. Fut-il tué lors d’une charge de la police ou bien par les manifestants ou bien par une toute autre cause ? Nous ne le savons pas davantage.

La conclusion qui s’impose à tout esprit doté d’un minimum de réflexion est que la « répression » de la manifestation algérienne du 17 octobre semble n’avoir paradoxalement provoqué aucun mort algérien…

A ces faits, les tenants de la thèse du « massacre » répondent que le vrai bilan de la « répression » policière n’a pu être établi que plusieurs jours plus tard, une fois pris en compte les blessés qui décédèrent ultérieurement, et une fois les cadavres retirés de la Seine. Mais aussi, parce que, terrorisés, les manifestants cachèrent d’abord les corps de leurs camarades.

Trois grandes raisons font que cette argumentation n’est pas recevable :

– Les archives des hôpitaux parisiens ne mentionnent pas une surmortalité particulière de « Nord-Africains » (selon la terminologie de l’époque), durant la période concernée. Même si de nombreux manifestants blessés à coups de matraques y furent pris en charge.

– La police ayant totalement et hermétiquement bouclé le périmètre de la manifestation, l’on voit mal comment des porteurs de cadavres auraient pu passer à travers les barrages.

– Et, in fine, que seraient devenus les cadavres en question ? Ils n’apparaissent en effet pas dans les archives de l’IML, l’Institut médico-légal (la Morgue), où sont transportés les morts relevés sur la voie publique ou repêchés dans la Seine et dans la Marne.

Le « Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961 », à l’Institut médico-légal de Paris, pour la période allant du 17 octobre au 21 octobre, nous apprend ainsi que:

– Le 17 octobre, alors que se déroulait dans Paris un prétendu « massacre », l’Institut Médico-Légaln’a enregistré aucune entrée de corps de « NA ».

– Le 18 octobre, deux corps de « NA » furent admis à l’IML. Il s’agissait d’Achour Belkacem, qui avait été tué ce 18 octobre à Colombes, donc le lendemain de la manifestation, par un policier invoquant la légitime défense. Le second était Abdelkader Bennahar relevé lui aussi à Colombes et portant des blessures à la tête avec possibilité, dixit le rapport de police, d’écrasement par un véhicule.

– Les 19 et 20 octobre, l’IML n’a comptabilisé aucune entrée de corps de « NA ».

– Le 21 octobre, soit 5 jours après la manifestation, 1 corps fut déposé à l’IML, celui de Ramdane Mehani décédé vers 22h 30 durant son transfert du commissariat du 13° arrondissement au palais des Sports de la Porte de Versailles. Le registre de l’IML parle de mort naturelle, donc, là encore, sans aucun lien avec la manifestation du 17 octobre.

Conclusion : nous sommes donc en présence d’un « massacre » sans cadavres, ce qui s’explique parce qu’il n’y eut pas de « massacre » !!!

C’est donc un « massacre » imaginaire qui va être commémoré le 17 octobre prochain à l’occasion d’une grande cérémonie culpabilisatrice à laquelle des médias incultes ou partisans vont une fois de plus donner une grande publicité.

Un « massacre » imaginaire fruit d’un montage politique fait à l’époque par le FLN voulant peser psychologiquement sur les négociations en cours avec le gouvernement français. Montage qui fut ensuite orchestré par le parti communiste et  plus que complaisamment relayé par les médias… hier comme aujourd’hui.

Pour les historiens du futur ce prétendu « massacre » restera donc comme la fabrication d’un des grands mythes du XXe siècle. A l’image de Katyn, des cadavres de Timisoara en Roumanie, des « couveuses » du Koweit et des « armes de destruction massive » en Irak. Leur principal sujet d’étonnement sera cependant l’insolite caution donnée à un tel mensonge par les plus hautes autorités de l’Etat français sous la présidence de François Hollande…

Bernard Lugan

13/10/2017

[1] La brièveté synthétique de cette mise au point interdisant de développer un argumentaire détaillé, la bibliographie et l’historiographie de ce « massacre » seront faits  dans le numéro de novembre 2017 de l’Afrique Réelle que les abonnés recevront le 1er novembre. On pourra également voir à ce sujet le chapitre IX de mon livre : Algérie, l’histoire à l’endroit. »

Zineb El Rhazoui : comprendre l’islam, c’est pourtant simple ?

Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, élevée dans la culture et la religion musulmane, qu’elle connaît bien, était interviewée le 1er août 2016 sur RTL. Ses propos sont à méditer.

« Pour avoir étudié la religion [l’islam] depuis mon enfance jusqu’à bien après le baccalauréat, je peux vous dire qu’il n’y a pas une seule occurrence du mot « amour » dans le Coran ni dans le corpus de la Sunna. Et pourquoi l’islam serait-il la seule religion de paix et d’amour ? (…) L’islam c’est un ensemble de textes archaïques, d’inspiration de l’Ancien Testament, avec un tas de légendes, etc. très, très empreint de contexte de bédouinité dans lequel il a vu le jour. C’est ça concrètement l’islam. (…) C’est se mentir de penser que le Coran est un texte de paix et d’amour. On n’a qu’à se pencher sur les versets du Coran, sur l’exemple que fut la vie de Mahomet, les guerres qu’il a menées ; on voit bien qu’on est loin de la paix et de l’amour. (…) Les textes de l’islam sont toujours perçus comme d’abord une constitution, un corpus juridique et non pas un corpus spirituel, et comme des textes valables en tous temps et en tous milieux géographiques. (…) On a beau chercher des raisons économiques (…), des raisons identitaires (…), des raisons politiques (…) : le seul dénominateur commun entre tous les terroristes, finalement, c’est l’islam. »

Ibn Taymiyya : pourquoi l’islam rejette par essence le christianisme

  • Problématique

Pour justifier leur action, les fondamentalistes musulmans font un usage abondant des références les plus authentiques de l’islam : Coran, hadiths (Sunna), vie de Mahomet (Sirâ). C’est une raison essentielle qui explique pourquoi l’islam dit « modéré » est incapable de produire un contre-argumentaire un tant soit peu consistant à leur discours. Ces références sont en effet incontestables.

Mais ils font également un usage important des écrits d’Ibn Taymiyya (1263-1328), docteur hanbalite particulièrement célèbre dans le monde musulman et dont la pensée occupe une place importante chez les mouvements fondamentalistes.

Si la lecture des sources traditionnelles musulmanes suffit à elle seule à justifier le rejet du christianisme par l’islam – anéantissant par conséquent tout intérêt au dialogue inter-religieux en matière de doctrine –, il est intéressant d’expliciter et d’approfondir les raisons de ce rejet qui situe le christianisme comme la plus grande abomination qui soit pour l’islam, puisque l’islam assimile le christianisme à du polythéisme.

Les écrits d’Ibn Taymiyya ne sont pas facilement disponibles en dehors des milieux spécialisés et arabophones. Mais la publication récente (2012) du livre du père Laurent Basanese, jésuite, docteur de l’École Pratique des Hautes Études et de l’Institut Pontifical d’Études Arabes et Islamiques, intitulé « Ibn Taymiyya : réponse raisonnable aux chrétiens ? » est l’occasion de prendre connaissance de ces textes originaux et de se pencher sur la pensée de cet éminent musulman.

Laurent Basanese y resitue le contexte de la production d’un texte central d’Ibn Taymiyya, consacré à la réfutation du christianisme, et qu’il est intéressant d’explorer : « Un important évêque syro-oriental, Élie, métropolite de Nisibe au cours du Vème/XIème siècle, est le responsable indirect de la fameuse et longue « Réponse valide à ceux qui ont altéré le religion du Messie » (al-Gawab al-sahih li-man baddala din al-Masih) d’Ibn Taymiyya. Cette réfutation de mille quatre cents pages, bien qu’elle reprenne des arguments anciens de polémique islamo-chrétienne, est une véritable somme de tout ce que les auteurs musulmans peuvent trouver à dire sur le christianisme ; elle est aussi l’une des premières œuvres imprimées au Caire en 1905 et, depuis lors, sans cesse rééditée. »

On ne saurait négliger l’importance de ce texte ni de façon plus générale des écrits d’Ibn Taymiyya dont Laurent Basanese rappelle que « Les fatwas anti-mongoles ont inspiré la rédaction du fameux opuscule « L’obligation absente » (al-Farida al-ga’iba) de Muhammad Abd al-Salam Farag en Égypte, justifiant l’assassinat du président Anwar al-Sadat en 1981, et du « Traité décisif sur l’affrontement de l’injustice des gouvernants » (Fasl al-kalam fi muwagahat zulm al-hukkam) d’Ali Belhaj, appelant à l’insurrection armée contre les autorités algériennes en 1992. »

Voici donc quelques citations des écrits d’Ibn Taymiyya (en italique) justifiant l’exécration du christianisme par l’islam :

  • La fausse doctrine des chrétiens, et en particulier de la trinité

« Si vous aviez tenu son sens apparent, vous ne vous seriez pas égarés… Car le sens apparent de « Fils », dans le message des prophètes, ne veut pas signifier un quelconque attribut de Dieu, mais son « ami », son « bien-aimé », etc. Quant au sens de « Esprit Saint », il ne s’agit pas d’un attribut de Dieu, mais de sa révélation, de son « ange », etc. Vous vous êtes donc écartés du sens apparent des termes et de leur teneur, pour un sens qu’absolument aucun d’eux n’indique. »

« Par la trinité et l’union hypostatique, les trois sectes [Jacobites, Nestoriens et Melkites] commirent l’associationnisme, car la trinité et l’union ne sont édictées par aucun prophète alors que les attributs mentionnés sont édictés dans le Coran, l’Ancien Testament et d’autres livres prophétiques. »

« La doctrine des chrétiens au sujet de la trinité est auto-contradictoire, sans réalité, le simple fait de le concevoir dans son ensemble suffit pour connaître sa corruption. »

  • Les chrétiens ont falsifié le message de Jésus pour en inventer un nouveau

« Vous [les chrétiens] avez tout inventé, et à cause de cela, vous êtes sortis de la Loi et de la raison. Vous vous êtes opposés aux livres révélés et à l’intelligence claire. »

« Le credo des chrétiens n’est pas fondé sur le message des prophètes : (…) les chrétiens ne professent pas, dans leur credo, ce qu’ont affirmé le Messie et les prophètes. Bien plus, ils ont inventé une croyance qui ne se trouve pas dans le message des prophètes. Car il n’y a pas dans le message des prophètes – ni du Messie, ni des autres – mention des hypostases de Dieu, ni de trois, ni de plus ; ni l’attestation de trois attributs ; ni l’appellation d’un quelconque attribut de Dieu. »

« Vous allez loin dans les diffamations du Messie et de son Évangile, tout comme vous allez loin dans le blasphème envers Dieu et l’injure à son encontre, même si vous ne savez pas que cela est une diffamation. Car vous ne vous êtes pas contentés d’appliquer votre impiété au sens apparent du message du Messie, mais vous avez transformé le message en impiété repoussante. »

« Quiconque interprète le message des prophètes sans utiliser leur propre langue fait partie de ceux qui ont modifié et altéré leur message. Les chrétiens sont de ceux-là. »

  • Comment considérer les chrétiens

« Ces deux religions [christianisme et judaïsme] vouées à l’anathème se différencient toutefois par leur opposition : « Les juifs sont plus infidèles que les chrétiens, bien que les chrétiens soient plus ignorants et plus égarés. Les premiers seront punis pour leurs actions, car ils ont connu la vérité et l’ont délaissée intentionnellement ; ils seront donc l’objet de la colère de Dieu. Les chrétiens, en raison de leur égarement, n’auront pas la juste récompenses de ceux qui sont sur le droit chemin : ils sont maudits et exclus des récompenses que méritent ceux qui sont sur la voie droite. Si, par contre, ils continuent à se refuser à admettre la vérité, une fois que celle-ci leur a été exposée avec forces preuves, ils mériteront alors le châtiment de Dieu. »

« Il y a cependant chez les chrétiens de la clémence et de la miséricorde, or ceci participe de la religion de Dieu ; à l’opposé, il y a chez les juifs de la dureté et de l’exécration des choses relevant de ce que Dieu Très-Haut a interdit. Les juifs néanmoins, avec leur obstination et leur grandeur, ont du discernement et de l’intelligence ; tandis que pour les chrétiens, il y a de l’égarement par rapport au réel et de l’ignorance de la voie de Dieu. »

« Si le Coran indique (sourate 29, verset 46) : « Ne discutez avec les Gens du Livre que de la manière la plus courtoise, sauf avec ceux d’entre eux qui sont des injustes », l’image du judaïsme et du christianisme est déjà très négative aux yeux du docteur hanbalite, avant même toute discussion : « Quelqu’un qui ne frappe pas d’un interdit d’avoir comme religion, après l’envoi de Muhammad, la religion des juifs et des nazaréens, ou plutôt, quelqu’un qui ne les considère pas comme des mécréants et ne les déteste pas, n’est pas musulman – il y a là-dessus accord des musulmans. » »

« Vous [les chrétiens] êtes de ceux dont il est dit : « Ils ont dit : « Si nous avions entendu ou si nous avions compris, nous ne serions pas au nombre des hôtes du brasier » (Coran, sourate 67, verset 10) ».

« Les chrétiens jugent licites les choses pernicieuses et l’ensemble des choses interdites, et ils sont en contact avec toutes les souillures. »

  • Conclusion

On voit que la condamnation sans réserve du christianisme par l’islam, déjà claire dans le Coran, est précisément documentée et justifiée par Ibn Taymiyya dans des termes qui ne laissent subsister aucun doute.

Fête de l’Aïd al-Adha : une occasion de renforcer la solidarité musulmane face aux mécréants

Les musulmans ont fêté début septembre 2017 la fête de l’Aïd al-Adha. Cette fête est l’occasion de rappeler la grandeur de Dieu, l’unique, le grand, avec la formule populaire en islam, qu’il s’agisse des fondamentalistes ou non : « Allah u Akbar »

Fete Aid 170903 Extrait 1

À cette occasion, le recteur de la Grande Mosquée de Paris a rappelé dans les tous premiers mots de son discours l’objectif prioritaire de la communauté musulmane : « rester unie », c’est-à-dire rester unie contre les non-musulmans, les mécréants, qui sont ses ennemis. Il dit en effet : « Je vous souhaite à tous et à toutes ainsi qu’à vos familles une bonne et heureuse grande fête de l’Aïd afin de nous rassembler tous et de rester unis. Inch a Allah. »

Fete Aid 170903 Extrait 4

Il ne fait en réalité, sans être aussi précis pour des raisons politiques évidentes, que reprendre le Coran qui est très clair sur le sujet, l’objectif avoué de l’islam étant de vaincre les non-musulmans pour imposer l’islam partout sur terre :

1) Les musulmans [les « croyants », puisque l’islam n’admet qu’une seule croyance, la sienne] forment une communauté unique et solidaire :

Sourate 9, verset 71. Les croyants et les croyantes sont alliés les uns aux autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable, accomplissent la Salât, acquittent la Zakat. (…).

Sourate 49, verset 10. Les croyants sont frères. Établissez la concorde entre vos frères, (…)

Sourate 3, verset 103. Attachez-vous [musulmans] au pacte d’Allah et ne vous divisez pas ! Rappelez-vous les bienfaits d’Allah lorsque vous étiez divisés : Il réconcilia vos cœurs et vous êtes devenus frères. Vous étiez au bord d’un abîme de Feu et Il vous a sauvés. Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés.

Sourate 49, verset 9. Si deux groupes de musulmans se combattent, réconciliez-les. (…)

2) La solidarité des musulmans doit les aider à combattre leurs ennemis : les non-musulmans (incrédules, mécréants)

Sourate 8, verset 73. Les incrédules sont alliés les uns des autres. (…)

Sourate 48, verset 29. Mahomet est le messager d’Allah. Ceux qui sont avec lui sont violents envers les mécréants, miséricordieux entre eux. (…)

Le message coranique vis-à-vis des non-musulmans, qui appelle clairement à la violence (ci-dessus mais également dans bien d’autres versets), est ainsi particulièrement explicite.

Fête de l’Aïd al-Adha : la fête du mensonge pour l’islam de France

Les musulmans ont fêté début septembre 2017 la fête de l’Aïd al-Adha, la plus importante des fêtes musulmanes, consistant notamment à sacrifier rituellement un mouton, égorgé vivant, en commémoration du sacrifice d’Abraham.

Il est intéressant de revenir sur les fondements religieux de ce rituel.

  • Le sacrifice d’Isaac par Abraham dans la Genèse

Les textes juifs, auxquels se réfèrent en principe l’islam, sont très clairs sur la nature de l’épisode dit du « sacrifice d’Abraham » : Yahvé (Dieu) demande à Abraham de sacrifier son fils unique, Isaac, pour éprouver sa foi :

« Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t’en au pays de Moriyya, et là tu l’offriras en holocauste sur une montagne que je t’indiquerai. » Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’Ange dit : « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. » » (Genèse 22, 2 à 12 )

Il n’y a donc aucune ambiguïté sur l’identité du fils d’Abraham devant faire l’objet de ce sacrifice : il s’agit d’Isaac, ancêtre du peuple juif.

  • Rappel : Ismaël, enfant illégitime, naît avant Isaac, enfant légitime

Néanmoins, pour bien comprendre cette histoire, il faut revenir sur l’histoire d’Abraham [Abram]. Celui-ci s’est marié à Sarah [Saraï], mais celle-ci tarde à lui donner un enfant. Pour amoindrir la peine d’Abraham, Yahvé accepte donc dans un premier temps que sa servante Agar lui donne un enfant de « substitution » en la personne d’Ismaël (Genèse 16, 1 à 4) :

« La femme d’Abram, Saraï, ne lui avait pas donné d’enfant. Mais elle avait une servante égyptienne, nommée Agar, Saraï dit à Abram : « Vois, je te prie : Yahvé n’a pas permis que j’enfante. Va donc vers ma servante. Peut-être obtiendrai-je par elle des enfants. » Et Abram écouta la voix de Saraï. Ainsi, au bout de dix ans qu’Abram résidait au pays de Canaan, sa femme Saraï prit Agar l’égyptienne, sa servante, et la donna pour femme à son mari, Abram. Celui-ci alla vers Agar, qui devint enceinte. (…) »

La grossesse de cette servante déclenche la jalousie de la femme d’Abraham qui la chasse, avec l’accord de Yahvé :

« (…) Lorsqu’elle [Agar] se vit enceinte, sa maîtresse ne compta plus à ses yeux. Alors Saraï dit à Abram : « Tu es responsable de l’injure qui m’est faite ! J’ai mis ma servante entre tes bras et, depuis qu’elle s’est vue enceinte, je ne compte plus à ses yeux. Que Yahvé juge entre moi et toi ! » Abram dit à Saraï : « Eh bien, ta servante est entre tes mains, fais-lui comme il te semblera bon. » Saraï la maltraita tellement que l’autre s’enfuit de devant elle. L’Ange de Yahvé la rencontra près d’une certaine source au désert, la source qui est sur le chemin de Shur. Il dit : « Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « Je fuis devant ma maîtresse Saraï. » L’Ange de Yahvé lui dit : « Retourne chez ta maîtresse et sois-lui soumise. » L’Ange de Yahvé lui dit : « Je multiplierai beaucoup ta descendance, tellement qu’on ne pourra pas la compter. » L’Ange de Yahvé lui dit : « Tu es enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom d’Ismaël, car Yahvé a entendu ta détresse. Celui-là sera un onagre d’homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui, il s’établira à la face de tous ses frères. » (Genèse 16, 4 à 12)

Le terme d’« onagre » (âne sauvage) renvoie au caractère indépendant et vagabond : « Qui a lâché l’onagre en liberté, délié la corde de l’âne sauvage ? » (Job 39, 5) ou « Tels les onagres du désert, ils sortent à leur travail, cherchant dès l’aube une proie, et le soir, du pain pour leurs petits. » (Job 24, 5)

Néanmoins, Yahvé finit par accorder à Abraham le bienfait de la naissance d’un fils de sa femme Sarah, et établit une alliance unique avec Abraham et sa descendance passant par Isaac :

« Lorsqu’Abram eut atteint 99 ans, Yahvé lui apparut et lui dit : « Je suis El Shaddaï, marche en ma présence et sois parfait. J’institue mon alliance entre moi et toi, et je t’accroîtrai extrêmement. » Et Abram tomba la face contre terre. Dieu lui parla ainsi : « Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d’une multitude de nations. Et l’on ne t’appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d’une multitude de nations. Je te rendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et ta race après toi, de génération en génération, une alliance perpétuelle, pour être ton Dieu et celui de ta race après toi. À toi et à ta race après toi, je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité, et je serai votre Dieu. » (Genèse 17, 1 à 8)

En dépit de l’âge avancé de Sarah (90 ans), Dieu lui accorde ce fils, Isaac, par lequel seul passe cette alliance, même si Ismaël n’est pas pour autant totalement délaissé par Yahvé, bien qu’il soit avec sa mère rejeté par Abraham de son foyer :

« Mais Dieu reprit : « Non, mais ta femme Sara te donnera un fils, tu l’appelleras Isaac, j’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance perpétuelle, pour être son Dieu et celui de sa race après lui. En faveur d’Ismaël aussi, je t’ai entendu : je le bénis, je le rendrai fécond, je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation. Mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac, que va t’enfanter Sara, l’an prochain à cette saison. » (Genèse 17, 19 à 21)

« Or Sara aperçut le fils né à Abraham de l’égyptienne Agar, qui jouait avec son fils Isaac, et elle dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils, il ne faut pas que le fils de cette servante hérite avec mon fils Isaac. » Cette parole déplut beaucoup à Abraham, à propos de son fils, mais Dieu lui dit : « Ne te chagrine pas à cause du petit et de ta servante, tout ce que Sara te demande, accorde-le, car c’est par Isaac qu’une descendance perpétuera ton nom, mais du fils de la servante je ferai aussi une grande nation car il est de ta race. » Abraham se leva tôt, il prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Agar, et il mit l’enfant sur son épaule, puis il la renvoya. Elle s’en fut errer au désert de Bersabée. Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle jeta l’enfant sous un buisson et elle alla s’asseoir vis-à-vis, loin comme une portée d’arc. Elle se disait en effet : « Je ne veux pas voir mourir l’enfant ! » Elle s’assit vis-à-vis et elle se mit à crier et à pleurer. Dieu entendit les cris du petit et l’Ange de Dieu appela du ciel Agar et lui dit : « Qu’as-tu, Agar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu les cris du petit, là où il était. Debout ! Soulève le petit et tiens-le ferme, car j’en ferai une grande nation. » Dieu dessilla les yeux d’Agar et elle aperçut un puits. Elle alla remplir l’outre et fit boire le petit. Dieu fut avec lui, il grandit et demeura au désert, et il devint un tireur d’arc. Il demeura au désert de Parân et sa mère lui choisit une femme du pays d’Égypte. » (Genèse 21, 9 à 21)

Isaac est le seul fils légitime (et non pas biologique) d’Abraham et c’est la raison pour laquelle le texte biblique précise dans l’épisode du sacrifice « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac » alors même qu’Ismaël est vivant et plus âgé qu’Isaac.

  • La falsification musulmane

La reprise par l’islam des récits des prophètes antérieurs, dont celui – fondamental – d’Abraham, pose naturellement un problème car les musulmans arabes descendent selon la Tradition non pas d’Isaac (les descendants d’Isaac étant le peuple juif) mais d’Ismaël, fils d’une servante d’Abraham, sorte de bâtard illégitime au regard du statut de fils légitime d’Isaac, seul transmetteur de l’alliance avec Dieu.

Cette infériorité d’Ismaël par rapport à Isaac au regard de Dieu pouvant apparaître insupportable à l’islam, Tayeb Chouiref, intervenant de l’émission « Islam » diffusée le 3 septembre 2017, indique que la tradition musulmane prétendrait, en dépit de la limpidité du texte juif, que le sacrifice d’Abraham concernerait non pas Isaac mais Ismaël  : « Lorsque le Coran évoque le sacrifice d’Abraham, il ne précise pas le nom de l’enfant : est-ce que c’était Ismaël ? Est-ce que c’était Isaac ? On sait qu’Abraham a eu deux enfants : Ismaël et puis ensuite un second enfant Isaac. Ce n’est pas précisé dans le Coran. La tradition musulmane – en particulier les hadiths, les paroles du Prophète – penche plutôt pour Ismaël, qui est l’ancêtre des Arabes. »

Fete Aid 170903 Extrait 2

Ce mensonge, fondé sur une falsification, fonderait donc ainsi la fête de l’Aïd al-Adha, jusqu’à faire croire aux fidèles musulmans – qui, dans leur immense majorité n’ont jamais ouvert une Bible et donc ignorent l’existence d’Isaac  qu’Ismaël serait l’enfant biologique unique d’Abraham.

C’est ce qui semble en effet ressortir du sermon professé par l’imam à la Grande Mosquée de Paris le 2 septembre 2017 à l’occasion de cette fête : « Regardez la réponse du fils, quand tu inculques les vraies valeurs à ton enfant, quand tu l’éduques comme il doit être éduqué : Ismaël dit à son papa… »

Fete Aid 170903 Extrait 3

  • Conclusion

La plus grande fête musulmane est fondée en France sur un mensonge effarant, consistant dans une falsification de l’histoire biblique visant à donner aux musulmans la primauté sur les juifs, ce qui d’ailleurs n’est pas sans entretenir le ressentiment de l’islam vis-à-vis du judaïsme car l’islam revendique la préséance de l’Oumma musulmane sur toutes les autres communautés : « Vous êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. » (Coran, sourate 3, verset 110) et « Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. » (Coran, sourate 3, verset 139).

Si ce mensonge est présenté dans cette émission de l’islam de France comme une vérité générale en islam, on peut néanmoins s’interroger sur le fait de savoir si ce point de vue est effectivement et unanimement partagé en islam compte tenu de la clarté du texte biblique, qui ne laisse aucun doute s’instaurer.

Robert Redeker : à l’Ouest rien de nouveau

À l’heure où Charlie Hebdo vient de rappeler le problème de l’attitude actuelle de tous les représentants de la bien-pensance vis-à-vis du terrorisme musulman et du statut de la violence en islam (http://islametoccident.fr/?p=3736), il est intéressant de relire cet article de 2006 du philosophe Robert Redeker, qui lui valut une fatwa de condamnation à mort l’obligeant à vivre depuis lors sous protection policière. Y a-t-il quelque chose de changé ? On peut en douter.

Article du Figaro du 19 septembre 2006 : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? »

http://www.lefigaro.fr/debats/2006/09/19/01005-20060919ARTFIG90134-face_aux_intimidations_islamistes_que_doit_faire_le_monde_libre_.php

« Les réactions suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence s’inscrivent dans la tentative menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s’exprimer.

L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de «troubles à l’ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre public» que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme.

Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet œil du Coran, comme ils incarnaient l’œil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des mœurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d’inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (…) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (…) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».

D’autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.

Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au cœur du croyant.

Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’œil du Coran, pullulent en son sein. »

La culture française, connue dans le monde entier, n’existe pas

Il est étonnant de voir comment certains peuples d’Europe, comme les Français, ont aujourd’hui une crise d’identité telle qu’ils développent un sentiment suicidaire virulent et même agressif. Devenus des junkies de la « diversité » sous toutes ses formes, incapables de se passer de leur dose quotidienne de clandestins et de bien-pensance, ils développent partout des salles de shoots, totalement incapables de maîtriser les délires de leurs cerveaux imperméables à la raison et aux effets de l’autodestruction.

En effet, les Français, peuple qui a mis mille ans à se construire, semblent être entrés dans un processus addictif d’auto-destruction : exacerbation de la jouissance individuelle implorant le nouveau veau d’or de la sexualité libertaire (la sexualité étant rebaptisée « orientation sexuelle » pour mieux marquer la diversité des « orientations possibles » – seules la zoophilie et la pédophilie étant encore relativement réprouvées –) ; relativisation de toute morale et culture de l’excuse exhibant à tout-va irresponsabilité et déséquilibres psychiques de tous ordres ; légalisation du meurtre de masse des  enfants à naître jetés à la poubelle grâce à l’I.V.G. – nouvelle Shoah silencieuse mais bien réelle, voulue par une personne qui l’a pourtant connue, comble de l’ironie – ; droit à l’enfant devenu objet de consommation et libéralisation inévitable et prochaine de toutes les types de G.P.A. et P.M.A. (avec la même hypocrisie que pour l’I.V.G. et le P.A.C.S.) ; anéantissement progressif de la liberté d’expression et de critique ; peur maladive  de l’« essentialisation » – c’est-à-dire de tout ce qui définit une identité – ; légitime défense vidée de sa substance, les voyous devenant impunis et les honnêtes citoyens hésitant à se défendre de peur de finir derrière les barreaux ; etc.

Il n’est donc pas étonnant que dans ce tsunami suicidaire les Français aient élu une idole de la pensée politique transgenre, sans identité autre qu’économique.  En effet, Emmanuel Macron ne déclarait-il pas il y a à peine quelques mois : « Il n’y a d’ailleurs pas une culture française ; il y a une culture en France : elle est diverse, elle est multiple » :

Emmanuel Macron Culture francaise Lyon 170204

En d’autres termes, si vous venez en France avec votre baluchon et votre propre culture et vos propres traditions, sans aucun souci du respect de la culture d’origine de ce pays qui vous accueille, la France, vous contribuez pour Emmanuel Macron à enrichir mécaniquement la culture en France. N’est-ce pas merveilleux ? La culture n’a plus de racines ni d’histoire. Comme Emmanuel Macron, elle est transgenre, incolore, sans saveur. Le pauvre Renan doit se retourner dans sa tombe.

Après des décennies d’incurie politique immigrationniste et une situation devenue inextricable, ce reniement peut être aussi analysé comme le prix à payer aujourd’hui pour tenter d’éviter que l’implantation de l’islam en France – dont la culture est totalement incompatible à la fois avec les valeurs de la République française et les valeurs chrétiennes qui ont largement façonné plus de mille ans d’histoire de France – ne déclenche ouvertement une guerre civile qui risque fort de commencer par certaines banlieues devenues territoires perdus de la République, cette guerre civile ayant déjà débuté sous diverses formes dans les établissements scolaires de notre vieux pays.

Et pour ceux, quelle que soit leur « orientation religieuse ou spirituelle », qui douteraient de l’importance historique du christianisme dans l’histoire de France, je conseille la lecture de Bruno Dumézil (« Les racines chrétiennes de l’Europe »)

ou de Luc Ferry (« Sagesses d’hier et d’aujourd’hui »).

Luc Ferry y écrit de façon limpide : « Ce qui compte, c’est la pureté du cœur, pas celle des aliments ni des métiers que les hommes exercent – ce qui, cela dit au passage, permet au Christ de s’entourer d’hommes et de femmes dont les métiers ne sont pas considérés comme nobles, y compris des courtisanes, que le judaïsme orthodoxe exclut du cercle des fréquentations possibles. Conséquence abyssale historiquement : c’est cette place unique accordée à l’intériorité qui a permis le passage à la laïcité, le christianisme pouvant passer de l’espace public à l’espace privé sans obstacle absolu, de sorte que pour nous, Européens de tradition chrétienne, la question de la laïcité est largement réglée. C’est peu de dire qu’ailleurs, il n’en va pas de même, en quoi le fameux thèmes des « racines chrétiennes de l’Europe », pour tactique et politicien qu’il puisse être parfois, n’en est pas moins légitime sur le fond. Seule la laïcité, qui n’est pas l’athéisme mais la neutralité de l’État et de l’espace public, a réussi à pacifier les rapports entre communautés à mettre fin aux guerres de religion. Or elle est, contrairement à une idée reçue mais niaise, un héritage direct de cette place accordée au forum intérieur dans la morale chrétienne. (…) Même lorsqu’on est radicalement non-croyant, on est évidemment imprégné par cette culture chrétienne qui a dominé l’histoire de l’Occident, mais ne s’y est pas réduite. »

La « maison de la sagesse » : instrumentalisée par l’islamophilie savante ?

  • Une attaque « en règle » de Sylvain Gougenheim

Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, l’ouvrage « Les Grecs, les Arabes et nous » cherche à défendre l’islam au travers du prisme opaque de la notion de monde « arabo-musulman » contre la contestation de l’importance de son legs au monde occidental formulée par Sylvain Gougenheim dans son livre « Aristote au Mont Saint-Michel ».

J’aborde ici un passage faisant référence à la « Maison de la sagesse » qui caractérise de façon suffisamment évidente (parmi d’autres passages) l’esprit et les moyens que les contradicteurs de Sylvain Gougenheim entendent utiliser pour le déconsidérer.

Voici ce passage du livre « Les Grecs, les Arabes et nous » (page 66/67) : « Les frères Banû Mûsâ ne sont évoqués que comme des « lettrés persans » (AMSM, p. 131) – donc aryens, ce qui les rachète un peu d’être musulmans –, voire des « persans amateurs de mathématiques » (AMSM, note 50, p. 233) ayant eu, ce qui explique tout, « un maître qui semble avoir été un Arabe chrétien » (AMSM, p.98, sans référence, et pour cause !). Cependant, ce qui semble contredire les affirmations précédentes, ils auraient, selon Sylvain Gougenheim, reçu leur éducation scientifique au Bayt al-Hikma (AMSM, p. 135), qui, pourtant, toujours selon Sylvain Gougenheim, « n’aurait jamais accueilli ni chrétiens ni juifs » (AMSM, p. 134), puisque « réservé à des musulmans spécialistes du Coran et d’astronomie tels Yahya ibn Abi Mansur, al-Khwarizmi et les frères Banû Mûsâ », car « on y réfléchissait sur la nature du Coran » (ibid.) ».

  • Analyse

Passons d’abord sur le commentaire détestable et insidieux de la première phrase : « aryens, ce qui les rachète un peu d’être musulmans ». On s’attendrait à moins de bassesse de la part de personnalités du milieu universitaire. S’il n’était formulé par des représentants de la bien-pensance, ce commentaire vaudrait sans doute un passage à la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris du fait de son caractère manifestement diffamatoire et raciste.

Maintenant, venons-en au fond.

L’ouvrage de Sylvain Gougenheim ne donne pas d’assurance claire et définitive sur l’ampleur de l’impact culturel de la Maison de la Sagesse de Bagdad, qui est présentée en islam comme l’exemple même de l’institution démontrant que l’islam peut être ouvert, tolérant et accepter la critique. Mais la façon dont les auteurs de « Les Grecs, les Arabes et nous » font référence au livre de Sylvain Gougenheim est pleine de sous-entendus qui font penser que ce livre est extrêmement confus. Qu’en est-il ?

Je reprends ici les propos d’un éminent spécialiste du Moyen-Âge en islam, Ahmed Djebbar, universitaire musulman reconnu et qui intervient fréquemment dans l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin.

Ahmed Djebbar, face à certaines affirmations sur l’existence de multiples « maisons de la sagesse » en islam au Moyen-Âge qui seraient au fondement de la Renaissance européenne, précise d’abord que seule la maison de la sagesse de Bagdad est certaine ; « pour le reste, ce sont des hypothèses ».

France 2 Islam 170423 Maison sagesse 1

La « maison de la sagesse (connaissance) » de Bagdad est une institution d’origine non pas arabe mais directement issue des conquêtes militaires musulmanes qui ont étendu l’islam à des populations ayant chacune leur héritage propre.

France 2 Islam 170423 Maison sagesse 2 – 1

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Si les traductions sont bien antérieures à la Maison de la sagesse, les conquêtes musulmanes permettent d’étendre la collecte de documents dans des conditions importantes.

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Le rêve d’Al-Mamoun, fasciné par Aristote, fait partie des mythes entretenus sur les rapport de l’islam avec la culture grecque.

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En effet, la Maison de la sagesse avait comme principal objectif la défense de l’islam, y compris la défense de l’orthodoxie au sein même de l’islam (à l’époque, dans le cadre du débat sur le mutazilisme).

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L’objectif principal étant la défense de l’islam, les non-musulmans n’avaient pas accès à la Maison de la sagesse.

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Il était donc logique qu’il n’y eût pas de débats entre musulmans, juifs et chrétiens à la Maison de la sagesse. Le débat le plus important au sein de l’islam fut celui du mutazilisme, le reste étant très flou.

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Si la Maison de la sagesse était célèbre au haut Moyen-Âge, le déclin semble avoir finalement été assez rapide ensuite.

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  • Conclusion

La Maison de la sagesse était donc bien une institution où étaient débattues des questions autour du Coran et de sa défense, institution interdite aux non-musulmans : ceci correspond assez bien aux indications données dans ce cas particulier par Sylvain Gougenheim et citées par ses détracteurs malgré leur tentative de dénigrement.

La question essentielle que soulève cette problématique est plus fondamentalement la motivation qu’aurait l’islam à rentrer dans ce type de question et d’échange étant donné le peu d’entrain du monde musulman à accepter la critique et la contestation.

Les autruches en vacances

Charlie Hebdo, dont les propos sont souvent outranciers, a publié dans son édition du 23 août 2017 un éditorial qui pose en revanche, de façon inattendue, la question du statut de la violence dans la doctrine de l’islam dans des termes mesurés, clairs, directs, et tout à fait justifiés. Saluons cet effort dans un paysage médiatique français où abonde beaucoup plus la veulerie que le courage.

Texte de l’article (j’ai mis en gras certains passages importants) :

« Faut-il encore parler de terrorisme ? Dès l’annonce des attentats de Barcelone, chacun a joué son rôle comme dans une pièce de théâtre bien rôdée. Les radios et les journaux ont invité comme il se doit des « spécialistes » qui répètent un peu la même chose que lors du dernier attentat. Les hommes politiques ont condamné sur Twitter ces « odieux actes de barbarie », et les personnalités ont tweeté des messages de soutien aux victimes. Chacun a fait ce qu’il devait faire, chacun a rempli son contrat, pour que, dès le lendemain, les choses reprennent leur cours normal. Pour nous convaincre que tout cela est devenu banal, on nous a même expliqué que, depuis le terrible attentat de Madrid en 20047, les Espagnols étaient habitués au terrorisme et que, à part quelques secouristes débrouillards, les voitures-béliers de Barcelone n’impressionnent plus grand monde.

Quelque chose a changé depuis le 7 janvier 2015. Les débats et les interrogations sur le rôle de la religion, et plus particulièrement de l’islam, dans ces attentats ont complètement disparu. L’attaque contre Charlie Hebdo avait contraint les médias et les intellectuels à aborder cette question puisque c’était la publication des caricatures de Mahomet qui avait motivé les deux tueurs. Pour le 7 janvier, on ne pouvait pas dire que la cause était l’intervention de la France au Mali ou en Syrie puisqu’elle n’y avait pas encore mis les pieds. C’est peut-être pour cette raison que, plus de deux ans après, les médias parlent de moins en moins du 7 janvier…

Depuis, un travail de propagande est parvenu à distraire nos esprits et à dissocier ces attentats de toute question religieuse. Aujourd’hui, plus personne ne s’interroge sur le rôle de l’islam dans l’idéologie de Daech. Le bourrage de crâne a réussi à nous faire admettre que le « fait religieux » ne doit pas être discuté. Il s’impose à nous, et ceux qui osent le remettre en question sont traités d’anticléricaux primaires d’un autre âge.

Mais puisqu’il fallait quand même donner une explication à ces attentats, on nous a servi comme plat de substitution la géopolitique. Les causes de toutes ces attaques seraient la guerre en Irak, le pétrole, la politique d’Obama, de Trump et tout un tas de raisons, qui, si elles ne sont pas inintéressantes ni totalement dénuées de pertinence, ont le mérite d’éviter de parler de religion et surtout d’islam.

On oppose souvent islam et islamisme. Comme si ces deux conceptions religieuses étaient deux planètes étrangères l’une à l’autre. Pour épargner aux musulmans modérés l’affront de relier leur foi à la violence djihadiste, on a méthodiquement dissocié islam et islamisme. Pourtant, l’islamisme fait partie de l’islam. Lorsqu’on critique l’Inquisition et ses crimes, on ne détache pas cette mouvance fanatique du reste de l’Église catholique. Même si beaucoup de chrétiens dénonçaient l’Inquisition, elle est un élément de l’histoire du christianisme et de l’Église. C’est pour cela que des siècles après, en l’an 2000, le pape Jean-Paul II s’est senti obligé de faire repentance des crimes commis au nom de l’Inquisition. Au nom du christianisme. Curieusement, chaque fois que les intégristes musulmans commettent des crimes, on dresse toujours autour d’eux un cordon sanitaire pour les exfiltrer de l’islam afin d’épargner à la religion de Mahomet la moindre critique. Il est tellement plus confortable de parler de Bush, de Trump ou d’Obama que de mettre le nez dans les problèmes qui déchirent l’islam depuis maintenant plusieurs décennies. Le confort intellectuel passe avant tout. Le confort, c’est l’obsession de nos sociétés consuméristes. On veut des vacances confortables en Espagne, dans de bons hôtels avec de bons restos. On veut des débats passionnés sur Neymar et sur la fermeture des quais de Seine. On n’a quand même pas pris une location à Barcelone pour se faire écraser sur les Ramblas et pour parler de l’islam !

Pour notre confort, évitons de réfléchir à toutes ces questions pénibles qui gâchent nos vies. N’y pensons pas trop. D’autres, avec leur voiture-bélier et leur ceinture d’explosifs, le font à notre place. »