Abrogeant/abrogé : voyage en absurdie

S’il est bien une chose totalement absurde dans l’islam, c’est cette volonté permanente de justifier les incohérences et les contradictions du Coran non par ce qui est logique et tout à fait naturel, c’est-à-dire les changements d’attitude de Mahomet dans sa prédication et ses guerres en fonction des circonstances et des opportunités politiques ou militaires du moment, mais par l’invraisemblable théorie dite de l’« abrogation » qui revient à dire que Dieu (Allah), censé délivrer un message universel et définitif jusqu’à la fin des temps, n’osait pas l’imposer tel quel aux hommes de ce petit bout de terre qu’était l’Arabie du VIIème siècle : il fallait ménager la psychologie de ces pauvres bédouins

Ce site comporte déjà plusieurs articles sur cette question et il n’était pas nécessairement indispensable d’y revenir encore une fois. Néanmoins, la découverte de nouvelles vidéos sur internet m’amène à l’aborder de nouveau rapidement.

  • Le principe

La vidéo ci-dessous, à l’origine incertaine ( https://www.youtube.com/watch?v=9v6tqdSmPXo ), semble néanmoins présenter une synthèse claire et didactique  de la problématique.

Abrogeant abrogé Extrait

  • Application au cas de l’alcool

Ainsi, les dispositions du Coran sont contradictoires au sujet de l’alcool, tout simplement parce que Mahomet, dans sa recherche désespérée de partisans, n’osait pas se mettre à dos dès le départ des populations qui ne dédaignaient pas y tremper leurs lèvres en rompant trop brutalement avec leurs petites habitudes.

Abrogeant abrogé Alcool

La prétendue progression pédagogique d’Allah, sur 22 ans (!), est d’un ridicule achevé, mais cela n’empêche pas les intellectuels musulmans ayant pignon sur rue, comme Tayeb Chouiref, intervenant régulier de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin, et dont la tenue vestimentaire y est très différente d’ailleurs (on se demande bien pourquoi…), d’y avoir encore recours.

Abrogeant abrogé Tayeb Chouiref

Fallait-il donc vraiment qu’un ouvrage, le Coran, censé traduire une sagesse universelle pour la fin des temps s’embarrasse des mœurs des tribus bédouines de l’Arabie du VIIème siècle ? Le plus comique dans tout cela est que les boissons alcoolisées font partie des douceurs qui attendent les hommes au paradis. Décidément, l’islam est une religion bien extraordinaire ! 

Al-Andalus : analyse d’un mythe (3)

Contexte de la série d’articles : http://islametoccident.fr/?p=4326

  • Le rejet par les musulmans des juifs et des chrétiens soumis au statut humiliant de « dhimmi »

« Les minorités chrétienne et juive ont connu des situations variables sous la domination musulmane mais aucune d’entre elles n’était enviable ou agréable. Ces minorités étaient soumise à la dhimma (c’est-à-dire à un accord ou à un pacte avec la communauté musulmane), qui leur permettait de survivre et de continuer à professer leur propre religion dans des limites très précises. Le statut de dhimmi impliquait des obligations et interdictions, mais ce n’était pas le plus grave : il n’était en effet accordé qu’à un collectif et non pas aux individus eux-mêmes qui, en tant que tels, ne disposaient pas de personnalité juridique propre. C’est pourquoi l’autorité accordée aux chefs de ces communautés soumises était considérable. (…) On ne saurait trop insister sur le caractère variable, en fonction des époques et des lieux, des conditions sociales qui pesaient sur les mozarabes [mozarabe : chrétien vivant sur les territoires de la péninsule espagnole contrôlés par les Arabes] ; les contradictions, les alternances entre bons et mauvais traitements (y compris pour des raisons purement personnelles) ne permettent pas d’énoncer de critères permanents. »

« Le traité d’Ibn Abdun (XIIème siècle) n’est pas en reste : il compare juifs et chrétiens aux lépreux, aux crapules et, de façon générale, à tous ceux qui mènent une vie peu honorable. Il prescrit leur isolement en raison de leur nature contagieuse. Grâce à ce magistrat, les Sévillans du XIIème siècle savaient que « nul juif ne doit sacrifier de bête pour un musulman » ; que « l’on ne doit pas vendre les vêtements des lépreux, des juifs, des chrétiens ou des libertins » ; (…) que « l’on ne doit pas vendre à des juifs ou à des chrétiens des livres de science, car ils les traduisent par la suite et s’en attribuent le mérite à eux et à leurs évêques, traitant ainsi bien mal l’œuvre des musulmans » ; qu’un « musulman ne doit pas offrir de massage à un juif ou à un chrétien, pas plus qu’il ne doit s’occuper de ses déchets ou de ses latrines, car juifs et chrétiens sont bien plus indiqués pour ces travaux qui correspondent aux gens de basse extraction. Un musulman ne doit pas non plus s’occuper de la monture d’un juif ou d’un chrétien, pas plus qu’il ne doit lui servir de muletier ou maintenir en place ses étriers ». » 

« Les lamentables conflits interreligieux qui ravagent encore aujourd’hui le Proche-Orient et qui font de la cohabitation une simple juxtaposition de communautés trouvent des antécédents frappants à l’époque d’al-Andalus, où les chrétiens n’étaient pas les seuls à être marginalisés et persécutés. En plein milieu du XIème siècle, par exemple, les juifs de Grenade ont été la cible d’un massacre au cours duquel est mort José Ben Nagrela. Cette politique a été aussi appliquée par l’Almoravide Youssef ben Tachfine, qui a poussé les juifs de Lucena à payer un impôt afin de ne pas avoir à se convertir à l’islam, tandis que d’autres représentants de cette confession émigraient vers les royaumes chrétiens du Nord de la péninsule ou vers l’Orient qui était alors plus ouvert. Les Almohades ont suivi la même voie. Après la prise de Marrakech, Abd al-Mumin a forcé les juifs à se convertir sous peine de mort et les persécutions se sont reproduites dans la péninsule ibérique dès l’arrivée des Almohades, au cours des années 1140, notamment à Séville, Cordoue et Grenade. »

« Même les arabisants espagnols favorables à l’Espagne musulmane reconnaissent que les mesures très dures listées par le juriste Ibn Abdun aux XIème et XIIème siècle à Séville étaient conformes aux enseignements de la jurisprudence médiévale malikite concernant la façon correcte de maintenir les dhimmis dans une « condition d’humiliation et d’asservissement ou de discrimination tolérée ». » 

Chiisme, cet inconnu

L’opposition entre chiites et sunnites est une opposition qui structure l’islam depuis sa naissance : c’est dire son importance. Elle est la motivation de nombreux conflits sanglants entre musulmans depuis des siècles et est à l’origine de la haine, bien vivante aujourd’hui, entre l’Arabie Saoudite (sunnite) et l’Iran (chiite).

L’émission de France 2 « Islam » du 30 avril 2018 est revenue sur la nature de cette opposition. Le reportage diffusé à cette occasion à propos de la compréhension ce qu’est le chiisme par les musulmans français est l’illustration, assez habituelle, de la connaissance très faible qu’ont les musulmans de leur propre religion et de son histoire.

France 2 Islam 180430 Sunnisme chiisme 1 Extrait

Ali, cousin de Mahomet et marié à une de ses filles, Fatima, est le 4ème calife à succéder à Mahomet. Il est haï par Aïcha, la bienheureuse mère des croyants, qui le combattra, sans succès, lors de la bataille dite « du chameau ». Dans le contexte politique régional agité de l’époque (VIIème siècle), Ali se retrouve en conflit avec le gouverneur de Damas, Mu’awiyya. Finalement, après diverses péripéties, une majorité de musulmans reconnaissent en Mu’awiyya, fondateur de la dynastie des Omeyyades, le calife, tandis que pour les autres, dits « chiites » (terme qui vient de shî’a Ali qui signifie « partisans d’Ali »), la succession au califat ne peut passer que par Ali et ses deux fils, Hassan et Hussein. Finalement, Ali est tué, Hassan se retire de la succession et Hussein est tué à la bataille de Kerbala en 680. Cette question de la succession légitime de Mahomet revêt un caractère à la fois politique et religieux, avec notamment l’instauration de l’imam comme guide suprême de la communauté des musulmans dans le monde chiite (cf. ayatollah), le monde sunnite étant quant à lui dépourvu de chef religieux unique, l’imamat n’y étant pas réservé à une lignée particulière et étant donc en principe ouvert à tous.

Al-Andalus : analyse d’un mythe (2)

Contexte de la série d’articles : http://islametoccident.fr/?p=4326

  • Le rite malikite

« Ce qui importe beaucoup pour notre histoire est que, dans la culture de l’islam médiéval d’al-Andalus, les textes importants n’étaient pas tant le Coran que les lois religieuses telles qu’interprétées par les oulémas de l’école juridique malikite ; que pour l’école malikite de jurisprudence islamique qui domina al-Andalus, comme c’était également le cas de façon générale pour les autres écoles de droit de l’islam classique, les hadiths et leur Tradition (Sunnah) étaient aussi contraignants que le Coran ; que, en réalité, les oulémas malikites d’al-Andalus acceptaient les fameux dires des si respectés traditionnalistes qu’al-Awzai et Yahya Ibn Abi Kathir selon lesquels le Coran a plus besoin de la Tradition pour son explicitation que la Tradition n’a besoin du Coran ; et que les textes islamiques n’étaient pas ouverts à l’interprétation par un croyant isolé mais devait faire intervenir la médiation de clercs proprement qualifiés. »

« Quand les textes juridiques de l’école malikite répandus dans al-Andalus mentionnent le jihad, ils ne parlent pas d’une « lutte spirituelle intérieure » ou d’une sorte d’un « effort sur soi-même vers la perfection » : ils parlent de la guerre contre les infidèles – un combat sacré, ou une guerre sainte, ou une lutte sainte, ou quelque autre nom qu’on choisisse pour signifier le mandat de faire une guerre religieuse contre les infidèles. (…) Le traité fondateur de loi islamique de l’imam Malik ibn Anas, écrit au VIIIème siècle, « al-Muwatta », dans la recension faisant le plus autorité (celle du juriste de cordouan Yahya ibn Yahya ibn Kathir al-Andalusi) parle du jihad ou du « combat saint » seulement dans son sens guerrier. (…) Le « Kitab al-Tafri » (Xème siècle), un des manuels malikites les plus largement lus dans l’Espagne musulmane, parle du jihad seulement comme une guerre sainte. Un autre influent traité malikite dans l’Espagne musulmane, le « Risala » du « petit Malik » al-Qayrawani, parle du jihad seulement comme une guerre sainte. »

« Les tentatives pour assimiler jihad et croisade ne résistent pas à l’analyse. Pour les chrétiens fervents, la guerre sacrée de la croisade était un événement unique seul un pape pouvait proclamer. Mais, comme Ibn Khaldoun l’a souligné, pour les musulmans fervents, la guerre sacrée du jihad était un état permanent décrété par la loi islamique et au titre duquel le calife devait mener la guerre au moins une fois par an. »

« La « Chronique mozarabe » [mozarabe : chrétien vivant sur les territoires de la péninsule espagnole contrôlés par les Arabes] de 754 mentionne « Muhammad » (mammet) comme le « chef » des envahisseurs et au moins une fois comme leur « prophète » (propheta eorum mammet). Appeler Muhammad un « prophète » des envahisseurs indique certainement que l’auteur chrétien de la « chronique mozarabe » de 754, une des premières et des plus fiables restitution de la conquête islamique de l’Espagne, était au moins conscient d’une sorte de croyance religieuse à l’origine des actions des partisans de Muhammad. De plus, la « Vie de Muhammad », écrite en latin par un chrétien, répandue parmi les dhimmis espagnols et anciens dhimmis (c’est-à-dire des chrétiens sujet ou anciennement sujets soumis à la domination musulmane) et datant très vraisemblablement de la deuxième moitié du VIIIème siècle – seulement quelques décennies après la conquête musulmane – présente une biographie insultante de Muhammad, qui une fois encore indique la conscience chez les chrétiens espagnols de la force motivant l’invasion des ennemis musulmans. Lé témoigne précoce du chant visigoth « Tempore belli », probablement composé dans la première moitié du VIIIème siècle, seulement quelques décennies après la conquête, corrobore le témoignage de cette Chronique mozarabe précoce de 754. »

  • L’incompatibilité entre civilisation chrétienne et civilisation musulmane

« Le problème (que tous éludent largement) est pourtant le suivant : la base même de l’islam (c’est-à-dire le Coran) comporte des exigences et des commandements dont le sens ne peut être plus clair, d’autant plus qu’il s’agit de la parole de Dieu, incréée et éternelle. Aucun bon musulman ne pourrait se permettre d’y contrevenir sans en payer le prix au sein de sa communauté. On peut ainsi lire dans le livre sacré : « Croyants ! Ne vous liez pas d’amitié avec les juifs ou les chrétiens ! Ils sont amis entre eux. Toute personne qui, parmi vous, deviendra l’un deux. Dieu ne guide pas les peuples impies » (Coran, 5-56). « Combattez tous ceux qui ont reçu l’Écriture et ne croient ni en Dieu, ni dans le dernier jour ; tous ceux qui n’interdisent pas ce que Dieu et Son Envoyé ont interdit ; tous ceux qui ne pratiquent pas la véritable religion, jusqu’à ce qu’ils soient humiliés et vous paient directement un tribu » (Coran, 9-29). Ces références permettent de comprendre la terrible opinion que les musulmans avaient de ceux qui, parmi eux, acceptaient des services, l’amitié ou toute forme de relation avec les juifs ou les chrétiens. »

« Fernand Braudel a bien compris le conflit qu’a connu l’Espagne et qui l’a poussée à mener à bien l’expulsion des Morisques (musulmans convertis de gré ou de force au catholicisme après la fin de la Reconquista, expulsés d’Espagne par Philippe III à compter du 22 septembre 1609), d’abord à Grenade puis dans tout le pays. Il s’agissait de répondre de la manière la plus radicale possible à une minorité inassimilable, qui se refusait à l’intégration et dont la connivence avec l’ennemi du moment n’était ni passive, ni méconnue. »

« Les Morisques avaient une très mauvaise opinion des églises (qu’ils jugeaient sales) ; ils polémiquaient avec la papauté, dénonçaient ce qu’ils voyaient comme une corruption des Écritures et rejetaient la liturgie. Leur idéologie violemment anticatholique réapparaissait à la moindre occasion. »

« Mais le conflit n’était pas uniquement entretenu par l’incompréhension culturelle ou le caractère exclusif d’une seule foi de part et d’autre. Il s’expliquait aussi par des facteurs économiques, c’est-à-dire par la spoliation (rendue possible par des abus ou par l’extorsion directe), tout comme s’expliquaient aussi de nombreux procès de l’Inquisition. Ce phénomène s’observait aussi au XVème siècle à l’égard des juifs et des convers, qui étaient victimes des pillages et de vols perpétrés de manière récurrente par des foules enflammées. Ces pogroms ont démarré dès 1391 dans la ville de Nàjera. En fait, toute la population devait supporter au quotidien les abus de la soldatesque et des milices. »

« Répétons-le : les traits culturels des Morisques, leurs opinions et agissements ne permettent pas de les qualifier d’espagnols. Plus encore : leur volonté de ne pas l’être rend cette tentative tout à fait inutile. Un bon nombre d’auteurs (Carlo Baroja, Ladero Quessada ou Bernard Vincent) sont tout à fait d’accord pour admettre l’obstination (le caractère « indomptable », pour Vincent) des Morisques, qui ont résisté à l’intégration (contrairement aux juifs convertis) et ont continué à être un corps étranger au sein de la société hispanique. Leur agressivité anti-chrétienne ou, plus exactement, antiespagnole pouvait finir par leur coûter cher. Ils avaient aussi recours à la taqiyya, c’est-à-dire la dissimulation de leurs sentiments, attitude validée par certains muftis. »

« Si on laisse de côté le débat historique sur les Morisques, je crois qu’il faut souligner, à partir de tout ce que nous avons vu jusqu’à présent, un fait capital : les Marocains ne parviennent pas (ou très difficilement) à considérer al-Andalus (ou sa dernière manifestation, à savoir les Morisques) comme un lien entre le monde arabe et le monde espagnol. Al-Andalus et l’Espagne sont, pour eux, des structures indépendante l’une de l’autre, imperméables l’une à l’autre, et le monde morisque (qui constitue une espèce de no man’s land) n’a jamais été envisagé comme une connexion possible entre les deux cultures – ni au XVème siècle, ni, bien entendu, aux XVIIème ou au XVIIIème siècle. » La conclusion de cette longue réflexion est claire : si les Arabes ne voient pas les choses comme les arabisants aimeraient qu’ils les voient, c’est que les Arabes ne respectent pas leurs obligations et qu’ils ne jouent pas le rôle qui leur a été attribué. »

Al-Andalus : analyse d’un mythe (1)

Je propose une courte série d’articles constitués d’extraits de deux livres récents, dont je recommande la lecture, très documentés sur la base de sources originales, et publiés par deux personnalités versées dans l’histoire d’Al-Andalus :

« Al-Andalus, l’invention d’un mythe » de Serafin Fanjul, éd. l’Artilleur, octobre 2017

Serafin Fanjul est docteur en philologie sémitique, professeur de littérature arabe à l’université autonome de Madrid, ancien directeur du centre hispanique du Caire, membre de l’Académie Royale d’Espagne.

« Le mythe du paradis andalou » de Dario Fernandez-Morera, éd. Isibooks, avril 2017

Dario Fernandez-Morera est PhD de l’université d’Harvard, est professeur à la Northwestern University, ancien membre du National Council on the Humanities.

J’invite les lecteurs à m’indiquer d’autres sources dont ils auraient connaissance afin de confirmer ou de porter la contradiction.

NB : Afin de ne pas alourdir inutilement la lecture, les références ne sont pas indiquées mais je les communiquerai bien volontiers à toute personne qui en fera la demande.

  • Définition

« Al-Andalus : expression désignant les territoires de la péninsule Ibérique sous domination arabo-musulmane de 711 à 1492. (…) Après le renversement des Omeyyades par les Abbassides de 750 à 756, Abd al-Rahman, petit-fils du calife omeyyade déchu Hicham ibn Abd al-Malik, se réfugie d’abord en Afrique du Nord puis en al-Andalus. Il remporte la bataille d’Alameda en 756 et fonde l’émirat de Cordoue, qui permet à la dynastie omeyyade de se maintenir au pouvoir dans la péninsule jusqu’au XIème siècle. L’instabilité des royaumes de Taïfas (1031-1094) qui lui succèdent facilite alors la conquête de la péninsule par la dynastie berbère des Almoravides (1086-1145), avant que cette dernière ne soit elle-même renversée par les Almohades. La décadence de l’empire almohade, amorcée en 1212 à la bataille de Las Navas de Tolosa, accélère la Reconquista, qui s’achève le 2 janvier 1492 par la prise de Grenade. La défaite du royaume musulman de Grenade contre les rois catholiques met un terme à l’existence d’al-Andalus et marque la fin de l’Espagne arabo-musulmane. »

  • Les sources historiques

« Nous ne disposons pas jusqu’à présent (novembre 2017) d’une histoire de la littérature arabe d’al-Andalus digne de ce nom. La conséquence, presque inévitable, est que dans le cadre de notre société de consommation, l’étude des Arabes, de l’islam et d’al-Andalus dépende toujours davantage des clichés et stéréotypes (positifs ou négatifs), de la revendication d’impressions mal documentées et sans recul critique et, dans tous les cas, des va-et-vient de la mode publicitaire ou audiovisuelle. Les Espagnols n’ont toujours pas d’idée, même approximative, sur les bonnes et mauvaises choses apportées par la civilisation d’al-Andalus. »

« Des considérations politiciennes de court terme ont embrouillé davantage les rares idées claires que les Espagnols avaient à propos d’al-Andalus ou des Arabes d’aujourd’hui. Nous pensons notamment à la politique méditerranéenne, à la gestion des flux migratoires, à la nécessité (jamais avouée mais indéniable) de mettre fin à la surpopulation future des pays musulmans (ou au moins d’en réduire la gravité), aux investissements en Afrique du Nord, etc. Il s’agit d’un ensemble d’arguments concrets et tangibles auxquels nos pays sont sensibles, au détriment une fois de plus de la réflexion et de la pensée (surtout lorsqu’il s’agit d’interpréter le passé). Nous pensons que faire des concessions envers la corniche nord-africaine ne nous coûte rient tant qu’elles sont confinées au domaine de la culture, par définition très flou. »

« Revenons-en à al-Andalus. Il nous faut récapituler les différentes visions en la matière et peut-être accepter que nous ne saurons jamais quelle a été la véritable nature de cette partie de notre histoire. (…) Les peuples vieillissent, eux aussi, et les cultures meurent. Al-Andalus et l’Espagne musulmane attendent toujours d’être étudiées à l’aide d’une approche sans guirlandes ni artifices mais aussi sans sentiments de culpabilité qui nous rendent strabiques et nous obscurcissent la vue. »

  • La soif de merveilleux

« C’est dès l’époque d’al-Andalus que les exagérations, les mensonges et les divagations irrationnelles sont apparus dans les textes arabes. Des idées fantaisistes concernant al-Andalus ont été acceptées par l’historiographie arabe et ont été transmises aux musulmans quelque peu cultivés comme des vérités. Il est vrai que quiconque est un peu familiarisé avec la littérature géographique et historique arabe sait que ce type d’affabulations est généralisé et s’applique à n’importe quel pays. Mais après la perte d’al-Andalus, et la fin de la Reconquête, les Arabes ont perdu tout contact avec la réalité de l’Espagne et n’ont pas été en condition de vérifier sur le terrain la véracité de leurs litanies de déclarations extravagantes. Celles-ci ont alors formé peu à peu un discours vague, déformé et mensonger, contribuant à créer l’image d’un paradis perdu qui alimente encore aujourd’hui le souffle poétique de nombreux écrivains arabes contemporains. La traduction en espagnol de ces poèmes, souvent fidèle et excellente, ne peut en masquer la vacuité car les Arabes (exception faite, peut-être de certains Marocains) méconnaissent tout de l’Espagne réelle, passée ou présente. »

« Quelquefois, ces mêmes auteurs s’emparent de données qu’ils amplifient de manière tout à fait irrationnelle tant et si bien que les chiffres sont si abracadabrants qu’ils n’ont même pas besoin d’être commentés ou comparés à des sources dignes de foi. C’est le cas, par exemple, des 13.870 mosquées de Cordoue (dont 800 étaient censées se trouver dans le faubourg de Secunda) (…). »

« Si al-Andalus plaît autant, c’est parce qu’il constitue le moment le plus exotique de l’histoire de la péninsule ibérique, la source la plus féconde qui vienne étancher notre soif de « couleur locale ». »

À suivre…

Dalil Boubakeur : un curieux personnage

On sait que Dalil Boubakeur ne recule devant rien. Il vient de se distinguer encore une fois par sa mauvaise foi et ses mensonges à l’occasion de la publication du « manifeste contre le nouvel antisémitisme ». M. Boubakeur ne répond jamais sur le fond, se contentant des habituelles incantations que la simple lecture du Coran suffit à démystifier.

Manifeste antisemitisme Boubakeur

D’ailleurs, sa position quant au lien entre islam et violence, nié vigoureusement aujourd’hui, semblait tout autre il y a quelques années.

Boubakeur 2011

La religiosité et les combattants étrangers de l’État Islamique

Un article intéressant publié par le Oxford Research Group à l’issue d’une étude et rappelant que terrorisme musulman et religiosité ont bien quelque chose à voir (les parties mises en gras le sont de mon fait, sauf le paragraphe introductif).

IN THEIR OWN WORDS: RELIGIOSITY AND THE ISLAMIC STATE FOREIGN FIGHTERS

April 27, 2018 · by Lorne L. Dawson

https://sustainablesecurity.org/2018/04/27/in-their-own-words-religiosity-and-the-islamic-state-foreign-fighters/ 

Many studies on the motivations of Islamic State foreign fighters emphasise the role of low socio-economic prospects. But interviews with fighters suggest greater attention should be given to the role of religiosity.

A great deal has been written about the motivations of thousands of largely young men and women who left Europe, the UK, US, Canada, Australia, and elsewhere in the “West,” to fight in Syria and Iraq. As is so often the case in terrorism studies, most of the efforts to understand why people have joined this unprecedented wave of foreign fighters are speculative. Much is inferred from limited and usually secondary sources about the backgrounds and behaviors of those who left, and a handful of interviews with returned fighters reported in the news. Primary data from research interviews with fighters, or even those closest to them (friends and family members), is at a premium.

Out of the hundred or so research publications I have read about foreign fighters, I am aware of seven based on primary data (for example). Three of these studies involve interviews with returnees from the conflict, and overwhelmingly with individuals facing prosecution or incarcerated (for example); two involve interviews with individuals who had entertained going, but didn’t; and three involve interviews with people who knew individuals who either became foreign fighters or wanted to be one (for example).

In most cases, multiple sources of information are used, and in every case, the sample sizes are small and not statistically representative. Amarnath Amarasingam and I published one of these studies, involving interviews with foreign fighters, combatants in fact, in Syria and Iraq. Our sample is small and statistically inconsequential as well (we reported on twenty or thirty-five fighters interviewed). But it stands alone because it involves talking to active foreign fighters, and offers the single largest sample of fighter interviews so far. Our study inquired about the fighters’ backgrounds, the process by which they radicalized and left, and their perceptions and beliefs about their new lives as jihadists.

The observations and claims made by the fighters are subject to all kinds of conscious and unconscious interpretive biases. They must be treated with great caution. In principle, however, the biases are not dissimilar to those researchers encounter when working with other samples, such as criminals, or even police officers. So the primary data acquired warrants being given considerable significance in investigating what is happening and why, especially when there is a dearth of other reliable data.

Most of the primary data studies of fighters and aspiring fighters focus on the situation in Europe. Our sample includes people from Canada, the US, UK, Europe, and a few from Africa, the Middle East, and India. Reading the European studies creates the impression that we are dealing with young people, from immigrant families, who have limited socio-economic prospects, are relatively unhappy with what is happening in their lives, are looking for some greater meaning and sense of belonging and are heavily influenced by the small groups they come into contact with in seeking to be fighters. As such, they paint a picture reminiscent of the classic relative deprivation explanation of the motivation of extremists – a view that conforms to popular perceptions circulated in the media. These youth are coming largely from immigrant enclaves characterized by high, multi-generational unemployment, and they have done poorly in school themselves. In turning to extremism they are lashing out at a society that they perceive is failing to provide them and their people with the rewards they expect.

In these studies, the role of religion as a motivator for becoming a jihadist is simply not given much consideration, apart from rather prosaically noting that those who left showed an increased interest in religion before going. Curiously, however, in study after study the turn to religion – in fact to an extreme preoccupation with religious practice and identity – is one of the two constants detected in cases of jihadist radicalization. The other constant is the role of social factors: people join jihadist groups predominantly through pre-existing social networks, and their radicalization is consolidated by small group dynamics. The networks, the groups, and the dynamics, though, are framed religiously. The overarching preoccupation is to determine who is authentically a Muslim, and hence worthy of companionship, protection, and emulation, and who is a sellout or enemy, and to be avoided, denigrated, and perhaps attacked. In our interviews with family members and friends of foreign fighters, these surges of religiosity loom large.

  • The religiosity factor

Image credit: Wikimedia Commons.

The minimization of religious motivations in studies of foreign fighters warrants more comment than can be accommodated here. As I have argued elsewhere, close examination of these studies, and others, reveals the data will not support the discounting of religious motivations. While as the language employed in these studies indicates, they are operating with assumptions about religion rooted in the recent hegemony of secular worldviews, more than a full and critical assessment of the comparative significance of religious and political commitments in the course of history.

Summarizing the findings from our interviews with active fighters, three things stand out: (1) the prominence of religious discourse and concerns in explaining why they radicalized; (2) the preoccupation with the moral and not socio-economic limitations in their accounts of their past lives and turn to extremism; and (3) the personal nature of the choice to become a fighter – it is understood as being more about self-fulfillment than political action. This is the dominant impression left from countless hours of contact spread over many months with multiple individuals. It is hard to capture in any one quote, but one of the fighters we interviewed quite typically said:

“Before this jihad, I liked the idea of shahada. The idea of no accountability in the grave and on the day of judgement, but I wasn’t ready to leave the confines of my life in UK. In 2011, it was announced that a local brother was Shaheed [martyr] in Syria – that’s when it started. I started thinking and asking to myself – ‘you know what, if he can do it, why can’t I? He’s in Jannah [paradise] now while you are sitting here living a mundane life of simply university, work, making money.”

None of the fighters in our sample pointed to experiences of social and economic marginalization in accounting for their radicalization. Many claimed to come from “comfy” backgrounds, and 30% had university degrees.

Most of our sample of twenty fighters were from Muslim families, but five were converts. Most were single, but several were married and a few had children. With the exception of one middle-aged man, they ranged in age from 22-28, and half of them had some formal religious education in their childhood (Quranic studies and Islamic schooling). Most were students, unemployed, or working at more or less temporary jobs when they left to become fighters, but it appears this was not their priority, since most of the sample say they either underwent their conversion or became much more fervently religious in their teenage years. Accordingly, when asked why he had undertaken jihad, one member of ISIS quite characteristically asserted:

“We are motivated by our religion, by our Qur’an and Sunnah and we are not ashamed of that. We left the convenient world to establish khilafah on the path of Prophethood so I really don’t see what is the issue with some hypocrites who cave down to the kuffar. We are not motivated by politics, wealth, the love of this world. We are willing to die as shudada in the path of Allah and that is to establish shariah in the land of the khilafah. We have declared it clearly and loudly that Islam will dominate the world. We know this from the Sunnah and hadith of our Prophet, prayers be upon him.”

Recognizing the role of religious commitments does not fully explain radicalization, but it helps to explain why so few of the many who feel the sting of low socio-economic prospects choose to become foreign fighters and accept the risk of making the ultimate sacrifice.

Compensation may be involved in becoming a foreign fighter, but it is not compensation for mere material deprivation – real or perceived – or simply release from anger, frustration, or even boredom. At least this is not the case, I suspect, for most foreign fighters from the West. The lure of participating in something existentially more rewarding is what that drives and sustains this transformation. The “need for meaning” is more than a cliché, as we recognize when we exploit it to encourage sacrifices for the causes we support.

That is what I see in the data, but more interviews with fighters are required. Now, regrettably, these conversations will have to be largely with returnees – with their more patent reasons to distort their accounts. The opportunity has passed for speaking with fighters when they felt more free and safe to express their views.

  • Conclusion

In making this argument, I am not offering support for the simplistic and prejudicial notion that Islam is somehow responsible for terrorism, or even the broader notion that religion is particularly culpable in fomenting mass violence. Neither point will stand up to scrutiny, nor are they pertinent. I am suggesting we need to hold our contemporary secular prejudices in check and pay more attention to the role “religiosity” (i.e., the degree of personal commitment to a religious worldview) plays in influencing how quite ordinary people do extraordinary things. If we listen to what the jihadists keep saying, and give their claims some motivational credence, we will come to a fuller understanding of what we are up against and how we might better counter it.

Contrary to the claims of many, the relative orthodoxy or even depth of religious knowledge is not that relevant. The beliefs held by these youth may be erroneous and display a poor grasp of theology – but it is the sincerity of their religious commitment that matters. If attempts to prevent or counter radicalization dwell on reactions to economic and social marginalization, and personal psychological issues, they will deflect some youth from the path of extremism. But not, in the case of jihadism, those we most urgently need to deter, those with the potential to cause the most grief. To detect these budding terrorists early, and so have a better chance of diverting them, we need to exploit the fact that one of the first, most consistent, and consequential signs of radicalization is the expression of an intensified and intolerant religiosity.

Accordingly, we need programs that provide safe spaces for angry youth to engage in open and critical dialogue about their political, social, and moral-spiritual concerns and the related shortcomings of our societies. Otherwise they will do so online and in so-called “garage mosques” with like-minded people who will aggravate, rather ameliorate, the situation. I am skeptical of those who would sideline tackling ideology in seeking to counter violent extremism – because it is politically sensitive or they don’t think it is secondary. Rather, with some others, I think we need to develop and implement methods for encountering and undermining the ideological worldview of these nascent terrorists (for example). This needs to be done in the context of providing the kind of engaged mentorship which can guide these youth to the realization of other ways of living a significant life – one of virtue, service to one’s community, and some excitement. This approach entails risks, but so does ignoring the obvious role of religiosity in becoming a foreign fighter or domestic jihadist.

Dr. Lorne Dawson is a Full Professor in the Department of Sociology and Legal Studies and the Department of Religious Studies. He has served as the Chair of both departments. He has published three books, four edited books, and sixty-nine academic articles and book chapters. Until 2008 most of his research was in the sociology of religion, in particular the study of new religious movements. Since then terrorism has become the primary focus of his research, in particular the process of radicalization leading to violence. In 2012 he co-founded the Canadian Network for Research on Terrorism, Security and Society (TSAS). He is the current Project Director (see http://www.tsas.ca) of this partnership. TSAS operates with funds competitively awarded by the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada (SSHRC), Public Safety Canada, Defence Research and Development Canada, and other organizations. Dr. Dawson regularly makes invited presentations to a wide variety of government, academic, and public groups about various aspects of terrorism and counter-terrorism, and is frequently interviewed by the media on these topics.

Tribune des imams dans Le Monde : l’islam de France est entré dans sa période surréaliste

Une trentaine d’imams a publié une tribune dans le journal Le Monde le 24 avril 2018, deux jours après le « manifeste contre le nouvel antisémitisme » publié dans le journal Le Parisien le 22 avril 2018 et signé par trois cents personnalités.

Les imams y dénoncent l’antisémitisme et le terrorisme présents en France dans des termes qu’il est intéressant d’analyser. En voici quelques extraits assez étonnants, voire sidérants.

  • « Si nous avons décidé de prendre la parole, c’est parce que la situation, pour nous, devient de plus en plus intenable ; et parce que tout silence de notre part serait désormais complice et donc coupable, même s’il ne s’agissait jusqu’à présent que d’un mutisme de sidération. »

Les imams, sans doute bouche bée par ce « mutisme de sidération », se rendent compte que le silence ne doit plus être de mise : constatation bien tardive alors que l’islam est revendiqué ouvertement par de nombreux terroristes depuis des années comme le moteur de leurs actions (dans le monde entier).

  • « Une situation cancéreuse à laquelle certains imams malheureusement ont contribué, souvent inconsciemment. Le courage nous oblige à le reconnaître. »

Oui, effectivement, les imams qui veulent suivre l’orthodoxie de l’islam de Mahomet ont répandu le vrai islam en France et en particulier favorisé le développement du fondamentalisme, et de façon tout à fait consciente contrairement à ce que ce texte affirme (avec l’appui de courants ou de pays bien identifiés). Il aurait été beaucoup plus courageux de le reconnaître de façon spontanée il y a déjà des années plutôt que forcés et contraints aujourd’hui dans le contexte d’un dévoilement de plus en plus évident de la nature de la doctrine musulmane et de son rapport à la violence.

  • « Depuis plus de deux décennies, des lectures et des pratiques subversives de l’islam sévissent dans la communauté musulmane, générant une anarchie religieuse, gangrenant toute la société. » « Nous sommes touchés aussi en tant que musulmans, comme le reste de nos coreligionnaires, musulmans paisibles, qui souffrent de la confiscation de leur religion par des criminels. »

C’est la grande et stupéfiante théorie de l’islam confisqué par des fous : on ne comprend pas bien alors pourquoi il n’existe toujours pas, après tant d’années, un corpus de textes expurgé de tous ceux qui posent problème et qui ne seraient plus d’actualité. On voudrait pouvoir comprendre ce propos assez confus à l’aide d’exemples précis illustrant comment s’opère cette confiscation : les imams, ici ou ailleurs, n’en donnent malheureusement pas.

  • « Citoyens aussi, nous voulons proposer notre expertise théologique aux différents acteurs qui sont confrontés aux phénomènes de la radicalisation dans les prisons, dans les établissements publics, fermés et ouverts, afin de répondre à des aberrations religieuses par un éclairage théologique lorsque les arguments avancés par ces jeunes sont d’ordre religieux. Une expertise que seuls les imams peuvent apporter. » « Nous appelons les imams éclairés à s’investir et à s’engager dans le virtuel et prodiguer un contre-discours qui prévient toutes pratiques de rupture et toutes formes d’extrémisme pouvant directement ou indirectement conduire au terrorisme. »

Cet engagement a déjà été pris il y a deux ans vis-à-vis du gouvernement français. Il n’en est rien sorti et il ne peut rien en sortir puisque les textes qui posent problème sont authentiques, incontestés en islam et tout à fait clairs.

  • « Cette radicalité ou radicalisation doit être combattue intelligemment par tous les concernés, des politiques aux imams en passant par la famille, l’école, le sécuritaire… Que chacun assume sa part de responsabilité. Les imams seuls ne peuvent donner la solution. Ils sont confrontés à de nouvelles formes de religiosité que leur formation religieuse théologique n’a pas prévues. »

Le texte atteint ici un sommet dans le pathétique irresponsable et la sidération. Mais alors, si les imams de l’islam dit « modéré » n’ont pas les outils suffisants pour déconstruire cette prétendue manipulation des esprits, alors qui ? Ils auraient été mal formés et appellent maintenant « au secours » : c’est vraiment trop bête…

  • « Notre indignation est aussi religieuse en tant qu’imams et théologiens qui voyons l’islam tomber dans les mains d’une jeunesse ignorante, perturbée et désœuvrée. » «Cette idée qui voudrait que l’islam soit génétiquement opposé à l’Occident et qu’il est invinciblement incompatible avec les valeurs de la République est précisément celle qui fait des ravages chez toute une jeunesse ignare, sans culture religieuse. » « Ce mélange des genres augmente la frustration d’une jeunesse exclue et qui se sent victime d’une promesse d’égalité non tenue. »

La méconnaissance des textes sacrés de l’islam par les musulmans est répandue en France ; il est facile de le constater. Le diagnostic des imams est encore pire et sans détour vis-à-vis de la jeunesse musulmane, sensible au charme du fondamentalisme, et qui serait aussi responsable de sa propre chute. Après l’argument incompréhensible d’une religion confisquée, c’est l’argument de la sottise des musulmans ou de la culpabilisation de la société française à l’égard d’une prétendue promesse non tenue.

Tout cela permet d’éviter la seule question qui fâche : le message du fondamentalisme séduit-il une jeunesse, certes en manque de repères, sur la base d’un discours s’appuyant sur une réalité doctrinale réelle ou inventée ? La question n’est pas posée.

  • « Nous appelons à bien écouter et entendre la mise en garde du Prophète qui dit que : « Le musulman qui porte atteinte à la vie d’une personne innocente vivant en paix avec les musulmans ne sentira jamais le parfum du Paradis. » Cette sentence sans appel dissuade et prévient sans équivoque celui qui penserait à ôter la vie d’autrui, que ce n’est pas un Paradis et des Houris qui l’attendraient mais un Enfer et ses tourments. » « Certains n’hésitent plus à avancer en public et dans les médias que c’est le Coran lui-même qui appelle au meurtre. Cette idée funeste est d’une violence inouïe. »

La liste des textes sacrés musulmans qui appellent à la haine, à l’humiliation, au meurtre des mécréants, au jihad, au martyr au combat, est, elle, sans appel (se reporter au « Livret musulman de premier secours » téléchargeable sur ce site : http://islametoccident.fr/?page_id=1786 ). Ce sont plutôt le mensonge et l’occultation de nombreux textes qui sont inouïs.

Oui, la paix existe (en principe) entre les musulmans, mais entre les musulmans et les mécréants, c’est une toute autre histoire. Mahomet lui-même a massacré plusieurs centaines de prisonniers juifs à Médine, fait assassiner des opposants, mener une guerre offensive sans merci à ses adversaires, vendu enfants et femmes capturés sur les marchés,…

  • « Le vrai sacrifice est de se donner pour les autres, comme l’a fait notre héros national, le colonel Arnaud Beltrame. »

La « récupération » de la figure du colonel Beltrame dont les fortes convictions chrétiennes sont en rapport avec l’engagement qui lui a coûté la vie est abject.

  • « Certains y ont déjà vu une occasion attendue pour incriminer toute une religion. Elle laisserait entendre que le musulman ne peut être pacifique que s’il s’éloigne de sa religion : un musulman positif, totalement sécularisé. Bref, un musulman sans islam. Le vrai musulman, le bon, ne peut être véritablement qu’un mauvais musulman et un citoyen potentiellement dangereux. »

La question fondamentale qui est posée est celle du rapport d’un croyant à sa religion ou à son idéologie et sa lucidité à son égard. L’islam, d’autres religions à certaines époques et d’autres idéologies comme le communisme (l’« islam du vingtième siècle » pour Jules Monnerot), le nazisme, le fascisme, n’ont-ils pas abusé, et jusqu’à quel point, de la crédulité humaine pour poursuivre des buts parfois odieux ou abominables ? Quel est, chez son partisan, le niveau de connaissance éclairée de la doctrine de l’idéologie à laquelle il adhère ? Jusqu’où va sa responsabilité ?

Manifeste « contre le nouvel antisémitisme » : un texte nécessitant une mise au point

Plus de 250 « personnalités » ont signé une tribune publiée dans Le Parisien le 21 avril 2018 en réaction à un antisémitisme d’origine musulmane croissant mais qui est resté longtemps tabou en France.

  • Le texte

Manifeste « contre le nouvel antisémitisme »

« Cette terreur se répand »

« L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous. Les Français, dont on a mesuré la maturité démocratique après chaque attentat islamiste, vivent un paradoxe tragique. Leur pays est devenu le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique que la récente marche blanche a contribué à rompre. Lorsqu’un Premier ministre à la tribune de l’Assemblée nationale déclare, sous les applaudissements de tout le pays, que « la France sans les Juifs, ce n’est plus la France », il ne s’agit pas d’une belle phrase consolatrice mais d’un avertissement solennel : notre histoire européenne, et singulièrement française, pour des raisons géographiques, religieuses, philosophiques, juridiques, est profondément liée à des cultures diverses parmi lesquelles la pensée juive est déterminante. Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés – et certains torturés – parce que Juifs, par des islamistes radicaux.

« Une épuration ethnique à bas bruit »

Pourtant, la dénonciation de l’islamophobie – qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre – dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France – c’est-à-dire environ 50 000 personnes – ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau.

Pourquoi ce silence ? Parce que la radicalisation islamiste – et l’antisémitisme qu’il véhicule – est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale, alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark, l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne… Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite, s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société. Parce que la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif.

« Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie »

Or à la marche blanche pour Mireille Knoll, il y avait des imams conscients que l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur l’islam du XXIème siècle et sur le monde de paix et de liberté dans lequel ils ont choisi de vivre. Ils sont, pour la plupart, sous protection policière, ce qui en dit long sur la terreur que font régner les islamistes sur les musulmans de France. En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France. »

  • Un débat enfin posé mais qui ne doit pas faire oublier l’essentiel

Malheureusement, si l’antisémitisme musulman gagne incontestablement du terrain en France, ce texte commet une erreur importante en laissant supposer une certaine nouveauté liée à ce qui constituerait une dérive récente de la compréhension des textes sacrés de l’islam : or l’antisémitisme contenu dans la doctrine même de l’islam n’est pas du tout un phénomène nouveau mais au contraire un phénomène tout à fait ancien qui remonte à Mahomet lui-même. Les textes sacrés musulmans (Coran, Hadiths et biographie de Mahomet) sont clairs sur le sujet, Mahomet ayant lui-même chassé puis exterminé les juifs de Médine (sans compter les nombreuses paroles haineuses contenues dans le Coran). Les personnes intéressées par une vue assez complète de ces textes peuvent se reporter au « Livret musulman de premier secours » téléchargeable sur ce site ( http://islametoccident.fr/?page_id=1786 ).

Ensuite, les textes incriminés qu’il faudrait remettre en cause sont aussi bien les versets du Coran que les hadiths et la biographie de Mahomet : or c’est impossible car l’islam s’effondrerait alors. Contrairement à ce qui est dit par beaucoup, l’islam est d’une grande cohérence dans ses textes : les contradictions apparentes ne sont liées qu’à l’opportunisme politique de Mahomet (et donc à ses changements d’avis), qui a instrumentalisé une religion pour en faire une idéologie politique de conquête du pouvoir (ce qui n’empêche pas d’ailleurs qu’il ait cru avoir un dialogue avec Dieu). Expurger les textes de l’islam : un vœu pieux, car il n’en resterait à la fin plus rien.

Il est probable néanmoins que nombre de signataires de ce texte soient conscients de l’impossibilité congénitale de l’islam de se réformer, comme on le constate depuis plus de mille ans. Ce texte est donc sans doute le premier coup de boutoir sérieux contre l’islam puisqu’il s’attaque (enfin !), non pas aux musulmans, mais à la doctrine de l’islam, et en cela ouvre un débat indispensable qui dépasse de loin les seules frontières françaises. La boîte de Pandore vient peut-être de s’ouvrir.

  • PS : La liste des signataires 

Eliette ABECASSIS ; Richard ABITBOL ; Ruth ABOULKHEIR ; André ABOULKHEIR ; Laure ADLER ; Paul AIDANE ; Nader ALAMI ; Waleed AL-HUSSEINI ; Mohamed ALI KACIM ; Michèle ANAHORY ; François ARDEVEN ; Pierre ARDITI ; Janine ATLOUNIAN ; Muriel ATTAL ; Charles AZNAVOUR ; Elisabeth BADINTER ; Patrick BANTMAN ; Laurence BANTMAN ; Adrien BARROT ; Stephane BARSACQ ; Maurice BARTELEMY ; Stéphane BEAUDET ; Patrick BEAUDOUIN ; Annette BECKER ; Florence BEN SADOUN ; Georges BENSOUSSAN ; Gérard BENSUSSAN ; Alain BENTOLILA ; André BERCOFF ; Aurore BERGE ; François BERLEAND ; Françoise BERNARD ; Florence BERTHOUD ; Naem BESTANDJI ; Muriel BEYER ; Jean BIRENBAUM ; Claude BIRMAN ; Joelle BLUMBERG ; Marion BLUMEN ; Lise BOËLL ; Jeannette BOUGRAB ; Céline BOULAY-ESPERONNIER ; Michel BOULEAU ; Laurent BOUVET ; Lise BOUVET ; Fatiha BOYER ; Anne BRANDY ; Caroline BRAY-GOYON ; Zabou BREITMAN ; Claire BRIERE-BLANCHET ; Jean-Paul BRIGHELLI ; Pascal BRUCKNER ; Laura BRUHL ; Daniel BRUN ; Carla BRUNI ; François CAHEN ; Séverine CAMUS ; Jean-Claude CASANOVA ; Bernard CAZENEUVE ; Hassen CHALGHOUMI ; Catherine CHALIER ; Elsa CHAUDUN ; Evelyne CHAUVET ; Ilana CICUREL ; Eric CIOTTI ; Gilles CLAVREUL ; Brigitte-Fanny COHEN ; Marc COHEN ; Jonathan COHEN ; Danielle COHEN-LEVINAS ; Antoine COMPAGNON ; Jacqueline COSTA-LASCOUX ; Brice COUTURIER ; Fabrice D’ALMEIDA ; Eliane DAGANE ; Gérard DARMON ; Marielle DAVID ; William DE CARVALHO ; Elisabeth DE FONTENAY ; Xavier DE GAULLE ; Bernard DE LA VILLARDIERE ; Bertrand DELANOË ; Richard DELL’AGNOLA ; Chantal DELSOL ; Gérard DEPARDIEU ; Guillaume DERVIEUX ; Patrick DESBOIS PERE ; Alexandre DEVECCHIO ; Bouna DIAKHABY ; Marie-Laure DIMON ; Joseph DORE MGR ; Daniel DRAÏ ; Michel DRUCKER ; Richard DUCOUSSET ; Stéphane DUGOWSON ; Martine DUGOWSON ; Frédéric DUMOULIN ; David DUQUESNE ; Frédéric ENCEL ; Raphaël ENTHOVEN ; Francis ESMENARD ; Christian ESTROSI ; Elise FAGJELES ; Roger FAJNZYLBERG ; Luc FERRY ; Alain FINKIELKRAUT ; Pascal FIORETTO ; Marc-Olivier FOGIEL ; Renée FREGOSI ; Michel GAD WOLKOWICZ ; Aliou GASSAMAL ; Lucile GELLMAN ; Jasmine GETZ ; Sammy GHOZLAN ; Jean GLAVANY ; Bernard GOLSE ; Roland GORI ; Marine GOZLAN ; Olivia GREGOIRE ; Mohamed GUERROUMI ; Ghislaine GUERRY ; Olivier GUEZ ; Lydia GUIROUS ; Talila GUTEVILLE ; Patrick GUYOMARD ; Noémie HALIOUA ; Françoise HARDY ; Frédéric HAZIZA ; Jean-Luc HEES ; Serge HEFEZ ; François HEILBRONN ; Marie IBN ARABI-BLONDEL ; Aliza JOBES ; Arthur JOFFE ; Michel JONASZ ; Christine JORDIS ; Dany JUCAUD ; Liliane KANDEL KARIM ; David KHAYAT ; Catherine KINTZLER ; Alain KLEINMANN ; Marc KNOBEL ; Haïm KORSIA ; Julia KRISTEVA ; Rivon KRYGIER ; Estelle KULICH ; Philippe LABRO ; Alexandra LAIGNEL-LAVASTINE ; Lilianne LAMANTOWICZ ; Jack LANG ; Joseph LAROCHE ; Damien LE GUAY ; Daniel LECONTE ; Barbara LEFEBVRE ; Yoann LEMAIRE ; Pierre LESCURE ; Bernard-Henri LEVY ; Maurice LEVY ; Stéphane LEVY ; Michèle LEVY-SOUSSAN ; Marceline LORIDAN-IVENS ; Christine LOTERMAN ; Patrick LOTERMAN ; Enrico MACIAS ; Richard MALKA ; Wladi MAMANE ; Yves MAMOU ; Juliette MEADEL ; Sylvie MEHAUDEL ; Yael MELLUL ; Françoise-Anne MENAGER ; Daniel MESGUICH ; Richard METZ ; Habib MEYER ; Radu MIHAILEANU ; Yann MOIX ; Antoine MOLLERON ; Thibault MOREAU ; Jean-Jacques MOSCOVITZ ; Slim MOUSSA ; Laurent MUNNICH ; Lionel NACCACHE ; Marc NACHT ; Aldo NAOURI ; Xavier NIEL ; Sophie NIZARD ; Anne-Sophie NOGARET ; Karina OBADIA ; Jean-Pierre OBIN ; Edith OCHS ; Christine ORBAN ; Olivier ORBAN ; Marc-Alain OUAKNIN ; Yann PADOVA ; Brigitte PASZT ; Dominique PERBEN ; André PERRIN ; Serge PERROT ; Laurence PICARD ; Céline PINA ; François PINAULT ; Jean-Robert PITTE ; Nidra POLLER ; Richard PRASQUIER ; Michael PRAZAN ; Nadège PULJAK ; Jean-François RABAIN ; Marianne RABAIN-LEBOVICI ; Ruben RABINOVITCH ; Jean-Pierre RAFFARIN ; Christiane RANCE ; Jean-Jacques RASSIAL ; Renaud RENAUD ; Jean-Louis REPELSKI ; Solange REPLESKI ; Ivan RIOUFOL ; Jacob ROGOZINSKI ; Olivier ROLIN ; Marie-Helène ROUTISSEAU ; Catherine ROZENBERG ; Philippe RUSZNIEWSKI ; Boualem SANSAL ; Georges-Elia SARFAT ; Nicolas SARKOZY ; Josiane SBERRO ; Jean-Paul SCARPITTA ; Eric-Emmanuel SCHMITT ; Dominique SCHNAPPER ; André SENIK ; Joann SFAR adim SHER ; Stéphane SIMON ; Patricia SITRUK ; Jean-François SOLAL ; Paule STEINER ; Jean-Benjamin STORA ; Francis SZPINER ; Anne SZULMAJSTER ; Pierre-André TAGUIEFF ; Maud TANACHNIK ; Jacques TARNERO ; Michel TAUBER ; Daniel TECHNIO ; Julien TROKINER ; Cosimo TRONO ; Monette VACQUIN ; Henri VACQUIN ; Philippe VAL ; Caroline VALENTIN ; Manuel VALLS ; Sibyle VEIL ; Jacques VENDROUX ; Natacha VITRAT ; Sabrina VOLCOT-FREEMAN ; Régine WAINTRATER ; Laurent WAUQUIEZ ; Aude WEILL-RAYNAL ; Simone WIENER ; Annette WIEVIORKA ; Jean-Pierre WINTER ; Jacques WROBEL ; André ZAGURY ; Alain ZAKSAS ; Paul ZAWADZKIv Marc ZERBIB ; Céline ZINS ; Jean-Claude ZYLBERSTEIN.