La guerre sainte dans la doctrine de l’islam : une réalité incontournable

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 est revenu, dans d’un cycle de conférences organisées en 2016 et 2017 par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, sur le sens du mot « jihad ».

  • La thèse de l’effort intérieur

Ses propos sont intéressants car ils sont l’expression visible et claire du malaise soulevé chez les intellectuels musulmans par la violence contenue dans la doctrine de l’islam. Ghaleb Bencheikh défend ainsi la traditionnelle thèse – pourtant intenable et contraire à la jurisprudence musulmane (cf. http://islametoccident.fr/?p=4009 ) – de la prééminence de l’effort « intérieur » ou « majeur » sur l’effort « extérieur » ou « mineur », c’est-à-dire la guerre, « combat [armé] dans la voie d’Allah ».

Amis IMA Fatwa 161128 Jihad

La thèse de l’effort « intérieur », dont la place serait centrale par rapport au combat armé qui serait marginal, est une pure fiction, mais répétée à l’envi (comme si la répétition, selon un procédé magique, créait la vérité) car c’est en réalité le seul moyen de existant pour tenter de désamorcer la question de la violence en islam. Malheureusement, cette thèse ne résiste ni à l’analyse en profondeur de la doctrine musulmane, ni à l’épreuve des faits. Le lecteur trouvera sur ce site plusieurs articles précédents consacrés à cette question largement documentée. Je ne reviens donc pas ici sur tous ses aspects mais je mets en lumière quelques points intéressants mentionnés lors de ces conférences.

  • La guerre est clairement une face essentielle du jihad

Si l’effort peut être intérieur, Ghaleb Bencheikh a l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que le combat armé au nom de l’islam existe bel et bien : « Faire un jihad, dans son acception exotérique, extérieure, tournée vers le monde physique, c’est (…) et bien entendu guerroyer, parce qu’il ne faut pas éluder la question centrale qui nous intéresse ce soir, mais tout cela rentre dans l’acception, chez les théoriciens, chez les théologiens, du « petit effort », l’effort extérieur. Et a contrario, il y a l’effort salvateur, le travail sur soi. » 

Amis IMA Jihad 161010 Petit effort

Car la problématique de la violence en islam est incontournable comme le note Ghaleb Bencheikh : « Il n’y a pas 2000 versets qui appellent à la violence. Il y en a quelques-uns : ils sont violents, ils sont belligènes, ils sont martiaux, ils sont douloureux pour maintenant. La fameuse sourate 9 est un cas d’espèce qu’il faut étudier. »

Amis IMA Jihad 161010 Guerre sainte chirurgicale

S’agissant de l’argument consistant à limiter la guerre religieuse à des groupes particuliers (« Il y a un désaveu contre un groupe particulier et on sait lesquels (…). »), il ne tient évidemment pas la route : les textes sacrés de l’islam mentionnent effectivement les ennemis de l’époque de Mahomet mais c’est bien entendu tout ennemi de l’islam pour la suite des temps qui est visé. Il suffit de lire la multitude d’imprécations lancées contre tous les types de mécréants pour s’en convaincre. Et on peut à juste titre, comme le fait Ghaleb Bencheikh lui-même, s’interroger sur la réelle valeur spirituelle d’une « révélation qui descend à point nommé pour épouser les contingences d’une vie de tous les jours »…

  • La Sunna confirme la place du combat armé dans les fondements de l’islam

L’omniprésence de la violence et du combat armé dans la biographie de Mahomet est également confirmée par la Sunna puisqu’un hadith connu mentionne la parole même de Mahomet qui place implicitement le combat armé devant l’effort intérieur. Ghaleb Bencheikh tente de minimiser le poids de cette tradition mais celle-ci est largement confirmée par de nombreux imams du monde musulman.

Amis IMA Jihad 161010 Hadith petit jihad

  • Un certain nombre d’intellectuels musulmans entérinent le terme de « guerre sainte »

Ghaleb Bencheikh regrette que des intellectuels du monde arabo-musulman (et non des moindres car sinon il ne mentionnerait pas ce point) « entérinent » l’appellation de « guerre sainte ».

Amis IMA Jihad 161010 Intellectuels et guerre sainte

Mais c’est tout à fait normal puisque c’est justement parce qu’il s’agit précisément d’une guerre menée au nom de la religion ! La jurisprudence islamique est d’ailleurs claire sur ce point (cf. http://islametoccident.fr/?p=4009 ).

  • Conclusion

Ghaleb Bencheikh invente un islam qui n’existe pas. Il se retrouve fatalement en opposition frontale avec la vision de l’islam telle qu’elle ressort de façon tout à fait habituelle dans le monde musulman : un islam de conquête, où la violence est permise (avec certaines règles). Pour construire cet islam imaginaire que Ghaleb Bencheikh appelle de ses vœux, il lui faut d’abord déconstruire cet islam millénaire et violent qu’il n’aime pas : peut-il y parvenir sans le détruire véritablement ?

Les chrétiens sont les croyants les plus persécutés

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL5E9C87CP20130108

« STRASBOURG, 8 janvier (Reuters) – Le christianisme est la religion dont les membres souffrent le plus de persécutions à travers le monde, estime l‘association d‘obédience protestante Portes ouvertes dans son rapport annuel publié mardi.

Cette situation découle principalement, selon elle, de la montée en puissance dans de nombreux pays, de l‘islamisme radical, alors que la situation des chrétiens s‘améliore au sein des derniers pays communistes, sauf en Corée du Nord.

“Depuis quelques années, on entend dire que le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde, ça nous semble juste”, a déclaré Michel Varton, directeur de Portes ouvertes France, lors d‘une conférence de presse à Strasbourg.

S‘appuyant sur 21 bureaux à travers le monde et un millier de collaborateurs, l‘organisation non gouvernementale (ONG) établit son “Index mondial de persécution” depuis 1997, en notant les pays selon six critères affectés chacun d‘un même coefficient : les persécutions subies à l’échelle personnelle, familiale, sociale, constitutionnelle, ecclésiale et les violences physiques en tant que telles.

Cinq nouveaux venus font cette année leur apparition parmi les cinquante pays recensés : le Mali, la Tanzanie, le Kenya, l‘Ouganda et le Niger.

“Tous sont des pays d‘Afrique subsaharienne”, a souligné Claire Lacroix, coordinatrice de l‘Index, en attribuant cette entrée à l‘action des groupes musulmans djihadistes, dont certains liés à Al Qaïda.

Huit des dix pays où la situation des chrétiens est la plus problématique sont des pays à majorité musulmane.

Le conflit syrien a fait passer le pays de la 36e à la 11ee place, tandis que la Libye monte de la 26e à la 17e. “Le Printemps arabe s‘est transformé en hiver arabe pour les chrétiens”, note le rapport.

La Corée du Nord, une des dernières dictatures communistes, occupe toutefois la première place pour la onzième année consécutive. La seule possession d‘une Bible y suffit pour être envoyé en camp de travail, selon l‘ONG, qui estime entre 50 et 70.000 le nombre de chrétiens condamnés à un tel sort.

Si certains pays descendent dans le classement, c‘est pour la plupart en raison de l‘augmentation des persécutions ailleurs, affirme le rapport, à une exception, la Chine où la situation des chrétiens s‘améliore véritablement.

La Chine, qui émargeait dans les dix premiers de l‘Index il y a cinq ans, occupe aujourd‘hui la 37e place. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) »

Noël sera toujours l’anniversaire de la naissance du Christ

Les ravages perpétrés en France par la laïcité revancharde et frustrée ne pourront jamais faire que Noël soit fondamentalement autre chose que la commémoration de la naissance du Christ. L’Espagne sait encore le reconnaître sans en avoir honte (ci-dessous une photo prise en ce début d’année à l’aéroport de Madrid).

Ainsi, ce qui ne posait aucun problème en France avant l’arrivée massive de l’islam est devenu l’obsession de bon nombre d’esprits suicidaires : la religion est devenue insupportable aux esprits libres et athées prétendument à l’aise dans leurs baskets mais incapables de définir leur identité autrement que dans un New Age effiloché et qui ne leur ôte même pas la peur de la mort (!).

Le combat contre l’imbécillité (« vaste programme » aurait dit de Gaulle) est loin d’être terminé si l’on en juge également par la mutilation imposée ces jours-ci à l’opéra de Bizet « Carmen » (photo de Vanity Fair) dont la fin est honteusement travestie à l’opéra de Florence, Carmen ne mourant plus au contraire de Don José. 

À quand la revisite de Roméo et Juliette par des danseurs androgynes ou transgenres ?

Jérusalem, berceau du judaïsme pour l’islam de France

À une époque où la désignation de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël émeut tant – parfois jusqu’à la scandaliser – la bien-pensance mondiale (et notamment islamo-gauchiste en France), il est intéressant de noter que l’islam de France (tel que présent depuis longtemps à la télévision française) reconnaît sans ambages la place centrale de Jérusalem pour les juifs (place fondamentale, tant du point de vue religieux qu’historique, avec laquelle d’ailleurs aucune autre religion ne peut véritablement rivaliser).

Ainsi, le sujet diffusé dans l’émission « Islam » du 7 janvier 2018 précise, en tout premier lieu (et sans que cette réflexion géographique soit mentionnée pour le christianisme et l’islam), que : « Le judaïsme a pour berceau Jérusalem ». Voilà qui a le mérite de la clarté. Dont acte.

France 2 Islam 180107 Monotheisme 2 Jerusalem

L’insupportable prétention du judaïsme

L’émission « Judaïca » de France 2 du 3 décembre 2017 a été l’occasion de revenir de façon tout à fait intéressante sur les rapports compliqués entre les Grecs et les juifs dans l’Antiquité. Le rabbin Raphaël Sadin explique que l’inimitié grecque vis-à-vis du judaïsme trouve son origine dans la prétention des juifs à être le centre du monde, prétention fondée sur un passage de la Bible (traduction de la Bible de Jérusalem) :

Jérémie 33, 25 & 26. Ainsi parle Yahvé : Si je [c’est Dieu qui parle] n’ai pas créé le jour et la nuit et établi les lois du ciel et de la terre, alors je rejetterai la descendance de Jacob et de David mon serviteur et cesserai de prendre parmi ses descendants ceux qui gouverneront la postérité d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ! (…)

Ce passage, un peu obscur, est difficile à traduire car il s’insère, comme le rappelle Thomas Römer, dans « un livre [Jérémie] qui invite le lecteur à un parcours compliqué, dans lequel alternent les annonces de jugement, les récits sur le jugement réalisé, des oracles proclamant un salut à venir, ainsi que de récits sur une vie possible dans le pays. Mais la fin du livre revient à la destruction de Jérusalem et à l’exil babylonien, établissant ainsi un parallèle explicite avec la fin du livre des Rois. »

L’interprétation juive du texte originel conduit à une traduction plus simple : « Si ce n’était pour l’étude approfondie de Mon Alliance [c’est-à-dire la Torah] nuit et jour, je cesserais de fixer les lois du ciel et de la terre », ce qui revient finalement à, comme évoqué dans l’émission : « Si ce n’était pas mon alliance avec Israël, je n’aurais pas créé le monde [l’univers] ». Ainsi, l’univers n’a été créé que pour la Torah et ne continue à exister que pour autant qu’Israël continue à s’adonner à son étude.

 

France 2 Judaica 171203 Hanouka Extrait

En effet, l’exégèse juive (midrash, zohar) enseigne que l’idée de l’existence d’Israël a précédé toute la création et que Dieu a fixé une condition à la création de l’univers et à son maintien : qu’Israël accepte la Torah et l’étudie ; sinon, l’univers retournera au tohu-bohu.

Le rabbin Raphaël Sadin reconnaît la suprême insolence de cette prétention juive qui fonde le principe de l’« élection », avec l’idée qu’« il peut exister au sein d’une communauté humaine une façon de vivre, d’exister, de donner sens, qui, en dernière instance, donne sens à tout l’univers, mais qui n’est pas partageable ».

Les chrétiens n’ont pas de raison fondamentale de se sentir offensés par cette prétention puisqu’eux-mêmes s’inscrivent dans son prolongement par l’affirmation que Jésus est le Messie annoncé par les Écritures juives, les chrétiens abandonnant par ailleurs l’idée de l’élection pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous, juifs et non-juifs.

En revanche, la perception de l’islam est par définition très différente et on comprend assez facilement qu’elle puisse être à la source de l’antisémitisme viscéral qu’on retrouve dans la doctrine de l’islam : d’une part, les arabo-musulmans prétendent descendre d’Ismaël, demi-frère bâtard d’Isaac puisque fils d’Abraham et d’une servante (et non femme légitime) – l’alliance de Dieu avec les hommes ne passant que par Isaac –, ce qui est une situation évidemment très inconfortable en terme de prestige et sur laquelle les imams sont peu prolixes (jusqu’à aller parfois comme on l’a vu jusqu’au mensonge cf. le sacrifice d’Abraham http://islametoccident.fr/?p=3758 ) ; d’autre part, l’islam se fonde pour l’essentiel sur la spiritualité et les règles juives sans y apporter de nouveauté spirituelle qui pourrait justifier sa prétention à dépasser la révélation juive, et encore moins sa prétention à clore le cycle des révélations.

Quant aux autres groupes humains (bouddhistes, agnostiques, athées, etc.), si cette arrogance juive peut agacer, elle n’est finalement que de peu d’importance pour eux puisque, de toutes les façons, ils ne croient pas un mot de toute cette histoire juive.

Le jihad dans la doctrine musulmane : un mensonge éhonté

  • Problématique

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2, affirme dans une conférence de novembre 2017 organisée par la Société des Amis de l’Institut du Monde Arabe à propos du mot « salafisme » que les salafistes/fondamentalistes musulmans refuseraient de prendre en compte les avis des 4 grandes écoles juridiques de l’islam (cf. http://islametoccident.fr/?p=3967 ), sous-entendant ainsi que la jurisprudence musulmane s’opposerait fermement à l’utilisation de la violence et à l’idée de guerre sainte. Malheureusement, ceci est tout à fait faux. Pour le prouver, il suffit de lire cette jurisprudence.

Les 4 grandes écoles juridiques de l’islam, dont les fondateurs ont globalement vécu peu de temps après la mort de Mahomet et sont donc proches des sources originelles, sont : le hanafisme (l’imam Abu Hanifa, son fondateur, est mort en 767) ; le malikisme (l’imam Malik, son fondateur, est mort en 796) ; le chaféisme (l’imam Al-Chafi, son fondateur, est mort en 820) ; le hanbalisme (l’imam Ahmed ibn Hanbal, son fondateur, est mort en 855).

J’aborde ici deux jurisprudences car elles sont aisément disponibles en anglais ou en français.

  • La jurisprudence malikite

La jurisprudence malikite a une importance particulière pour la France car c’est la jurisprudence musulmane de référence des pays maghrébins. Ceux qui voudraient la consulter peuvent se procurer l’ouvrage de référence : « Al Muwatta’ »

Cet ouvrage comporte 61 chapitres (livres) consacrés quasi exclusivement à des questions d’ordre pratique : les prières, la pureté, les funérailles, le jeûne, le pèlerinage, le mariage, la chasse, etc. Les questions traitées sont très « terre-à-terre », jusqu’à un point qu’on a du mal à imaginer pour un ouvrage religieux où l’on s’attend en principe à des considérations ou des règles spirituelles. Ainsi, par exemple, un article, parmi bien d’autres centrés sur les rituels et les interdits, précise qu’il est « interdit d’orienter la face ou le dos vers la qiblah [la direction de La Mecque] lors de la satisfaction des besoins naturels » (livre 14, section 1).

Pour comprendre la signification et la place du jihad ou « combat dans la voie de Dieu » dans cette jurisprudence, il suffit de lire les sections du chapitre qui lui est consacré. Voici la photographie de la page de la table des matières consacrée à ce chapitre (livre 21) :

Il est aisé de voir qu’il n’est nullement question ici d’affirmer la prééminence d’un « effort intérieur » vis-à-vis du combat armé pour la défense de l’islam, qui correspond bien à la notion de « guerre sainte », au contraire. Les titres de section sont éclairants : on y parle d’ « expédition », de « chevaux », de « butin », « martyr », etc. toutes notions qui n’ont pas grand-chose à voir avec le combat spirituel contre soi pour s’améliorer intérieurement. Ce dernier n’est pas totalement écarté mais est relégué à l’arrière-plan comme solution alternative pour tous ceux qui ne seraient pas en mesure d’aller combattre avec des armes. Il suffit de lire les premiers articles/hadiths figurant au début de ce chapitre pour comprendre cette hiérarchie claire des valeurs :

(973) 1 – Abû Hurayra a rapporté que l’Envoyé de Dieu a dit : « L’exemple de celui qui lutte dans la voie de Dieu [c’est-à-dire le combat armé] est pareil à celui chez qui le jeûne est permanent jour et nuit, ne cessant de prier et de jeûner, et cela jusqu’à son retour. » (NB : il s’agit là du tout premier article/hadith de la section et le 973ème article de la jurisprudence complète)

(974) 2 – Abû Hurayra a rapporté que l’Envoyé de Dieu a dit : « Dieu assure à celui qui lutte dans sa voie, n’ayant quitté sa demeure que pour le combat dans la voie de Dieu, témoignant de la véracité de ses paroles, Dieu lui assure sa place au paradis (s’il y est tué), ou le ramène chez lui, dans sa maison qu’il a quittée, tout en obtenant une récompense céleste et un butin. »

(976) 4 – Atâ Ibn Yassâr a rapporté que l’Envoyé de Dieu a dit : « Ne voulez-vous pas connaître qui jouira le plus du meilleur poste (auprès de Dieu) ? Il est celui qui, tenant la bride de son cheval, ira combattre dans la voie de Dieu. Ne voulez-vous pas connaître qui le suivra ? C’est celui qui, avec son troupeau, vit dans une retraite, faisant la prière, s’acquittant de la zakat et adorant Dieu sans rien lui associer. »

Les sections qui suivent (« De l’interdiction de tuer les femmes et les enfants au cours des expéditions », « De l’assemblage du butin au cours d’une expédition », etc.) confirment qu’il ne peut y avoir aucun doute quant à la nature foncièrement guerrière du jihad.

Le caractère saint du jihad s’exprime en outre manifestement par l’interdiction d’emporter le Coran au pays de l’ennemi. La section 2 du livre 21 est en effet la suivante (avec son unique article) :

« 2. De la prohibition de porter le Coran au pays de l’ennemi. (979) 7. Abdullah Ibn Omar a rapporté que l’Envoyé de Dieu a interdit de porter le Coran au pays de l’ennemi. Malik a dit : « De peur que l’ennemi ne le souille [en temps de guerre]. » »

  • La jurisprudence chaféite

J’ai eu l’occasion d’aborder cette question dans mon premier ouvrage « L’islam de France (et d’Europe) : un message de paix ? » sur la base de la lecture de l’ouvrage de jurisprudence chaféite de référence « Reliance of the traveller », traduction anglaise de l’ouvrage original arabe authentifiée par l’université Al-Azhar elle-même (cf. https://en.wikipedia.org/wiki/Reliance_of_the_Traveller ).

Cette jurisprudence est également claire sur la nature guerrière du jihad (cf. section Ro9.), reprenant avec un certain bon sens les versets du Coran ainsi que la biographie de Mahomet :

« Les détails concernant le jihad se trouvent dans les récits des expéditions militaires du prophète, incluant ses propres expéditions militaires et celles dans lesquelles il a envoyé les autres : les premières consistent dans celles auxquelles il a personnellement participé, soit 27 (d’autres disent 29). Il combattit lui-même dans 8 d’entre elles (…). Pour les autres expéditions, il envoya d’autres se battre, lui-même restant à Médine, et il y en eut 47. »

« Jihad signifie « guerre contre les non-musulmans », et est étymologiquement dérivé du mot « mujahada » signifiant « guerre pour établir la religion ». (…) La base scripturale pour le jihad, selon le consensus des lettrés, sont des versets tels que :

(1) « Le combat vous a été prescrit » ;

(2) « Tuez-les où que vous les trouviez » ;

(3) « Combattez les associateurs sans exception » ; et des hadiths tels que celui relaté par Bukhari et Muslim selon lequel le prophète a dit : « Il m’a été ordonné de combattre les peuples jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a d’autre dieu qu’Allah et que Mahomet est son messager, qu’ils prient et qu’ils paient la zakat. S’ils acceptent, ils sauvent leur sang et leurs biens, à l’exception des droits que l’islam a sur eux. Et leur dernier jugement est avec Allah ». Et selon le hadith rapporté par Muslim : « Aller le matin ou le soir pour combattre dans le chemin d’Allah est mieux que de posséder le monde entier et tout ce qu’il contient ». »

  • Conclusion

La thèse selon laquelle la notion de guerre sainte ne ferait pas partie des fondements de l’islam est contredite par les textes mêmes de l’islam. Mahomet lui-même a donné l’exemple du combattant au nom de la religion : il suffit de lire sa biographie et de prendre connaissance des massacres épouvantables qu’il a commis (notamment en exterminant les juifs, qui contestaient sa légitimité religieuse), des assassinats d’opposants religieux qu’il a ordonnés, des expéditions menées au nom de l’islam.

Soyons clairs : prétendre que la « guerre sainte » ne ferait pas partie des fondements doctrinaux de l’islam est un mensonge inouï. C’est précisément d’ailleurs la raison pour laquelle l’islam « modéré » est absolument incapable de produire un contre-argumentaire doctrinal aux analyses des musulmans fondamentalistes et doit se contenter, comme moyen de lutte, d’incantations.

Pourtant la négation répétée de cette évidence face à un public occidental totalement ignorant des textes musulmans est une technique éprouvée du monde de la bien-pensance universitaire et journalistique occidentale, dont la laïcité revancharde ne supporte pas l’immensité de l’héritage chrétien qu’elle a reçu en legs – jusqu’à la faire basculer par haine dans l’islamo-gauchisme (la destruction du christianisme par la promotion d’un islam qu’elle a la naïveté de penser pouvoir contraindre par le carcan de cette laïcité imbécile qui refuse ses origines) –, ou qui est trop effrayée d’ouvrir la boîte de Pandore de la vérité doctrinale de l’islam après des décennies d’immigration irresponsable.

La lecture de la jurisprudence malikite montre d’ailleurs de façon claire que le jihad a une importance doctrinale tout à fait assumée dans la culture maghrébine musulmane : la France laïco-chrétienne est donc loin d’en avoir fini avec l’islam maghrébin et plus généralement avec la violence musulmane car elle est justifiée par la doctrine même de l’islam.

Jérusalem : que se cache-t-il derrière la comédie hypocrite de la diplomatie ?

Le récent veto américain au projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU contre la décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël et d’y transférer son ambassade, puis la décision du président du Guatemala de faire de même, ont de nouveau fait hurler les sirènes de la bien-pensance mondiale et notamment française, la France n’étant généralement guère en reste dans ce domaine. Car ce que personne n’évoque jamais vraiment à propos de cette question, dans l’ensemble des enjeux complexes qu’elle soulève, c’est la nature profonde du conflit israëlo-palestinien qui constitue le décor d’arrière-plan de cette comédie diplomatique, conflit qui est en réalité un conflit religieux islamo-juif, où les chrétiens sont d’ailleurs curieusement absents.

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale provoque-t-elle un émoi particulier chez les chrétiens à l’instar de celui du monde musulman, alors même que le christianisme pourrait se sentir concerné tout autant (voire beaucoup plus d’ailleurs) que l’islam par le statut de cette ville ? Que nenni. Alors pourquoi trouver normal que le monde musulman soit choqué, jusqu’à excuser par avance de futurs accès de violence ?

Jérusalem est depuis longtemps la capitale spirituelle du judaïsme, et a d’ailleurs été celle de l’islam, du moins jusqu’au jour où Mahomet – comme nous l’indique clairement la biographie d’Ibn Hîcham (incontestée en islam) –, incapable de rallier à lui à Médine les juifs dont il avait pour l’essentiel copié la religion, a décidé de s’en débarrasser en les chassant ou en les exterminant par égorgement, nouvelle ère marquée par le changement direction de la prière, cette fois en direction de La Mecque.

Ce transfert aurait dû justement faciliter la désacralisation aux yeux de l’islam de Jérusalem. Mais dans les monde de la religion et de l’idéologie, il n’en va pas ainsi. Pour abattre à long terme son frère ennemi sur le champ de bataille spirituel, l’islam avait besoin d’affaiblir en la ruinant la spécificité du judaïsme, ce qui passait par la profanation du sanctuaire spirituel et symbolique que Jérusalem constituait pour le judaïsme, car cette profanation dépossédait de facto le judaïsme de sa spécificité et de sa valeur unique.

L’islam se réclamant ouvertement du monothéisme abrahamique, il n’était en effet pas possible de détruire Jérusalem à la mode romaine. Mahomet a sans doute très bien compris l’importance politique de cette démarche, beaucoup plus subtile, sournoise mais efficace à long terme. Et donner au judaïsme un statut de martyr aux yeux du monde à venir était à éviter. Ainsi, dès le départ de sa prédication, Mahomet a veillé à saper d’avance la primauté spirituelle du judaïsme sur l’islam. 

L’invention ad hoc et merveilleuse par Mahomet de son extravagant voyage nocturne à Jérusalem sur un cheval ailé (puis au ciel) est une habile manœuvre politique qui permet depuis lors à l’islam de contester fondamentalement au judaïsme (et donc aujourd’hui à Israël) sa primauté spirituelle dans le monothéisme abrahamique, et par voie de conséquence toute affirmation d’une revendication communautaire juive, la promesse d’ancrage dans une terre étant une preuve d’existence beaucoup plus forte qu’une longue errance. Pourtant, c’est bien par Isaac, ancêtre du peuple juif, et non par Ismaël, fils illégitime et bâtard d’Abraham et ancêtre du peuple arabe, que passe l’alliance de Dieu avec les hommes : l’islam, frère ennemi congénital du judaïsme, n’y pourra jamais rien. Allah l’a voulu ainsi.

Le conflit israëlo-palestinien n’est-il ainsi qu’une des formes modernes de cristallisation de l’inextinguible conflit religieux islamo-juif, autrement plus fondamental et durable qu’un simple conflit politique ? Ôtez la religion du conflit israélo-palestinien, que reste-t-il ? A priori pas grand-chose.

Le jihad dans le Coran : un décompte qui ne fait pas pencher la balance du bon côté

  • Le jihad dans le Coran

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 et intervenant principal d’une conférence sur le mot « jihad » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe en octobre 2016, défend l’idée que le sens principal du mot « jihad » ne serait pas « guerre » mais « effort ». Cet argument ne résiste pas à la lecture de la jurisprudence des grandes écoles juridiques de l’islam mais c’est à peu près le seul qui existe pour tenter de défendre aujourd’hui l’idée que l’islam serait une religion d’amour et de paix alors même que le terrorisme musulman frappe régulièrement dans le monde.

Néanmoins, même Ghaleb Bencheikh ne semble pas vraiment convaincu par son propre argument puisque le décompte qu’il établit des versets du Coran mentionnant le mot « jihad » ne semble guère probant tant sont nombreux les versets renvoyant peu ou prou à la guerre. Ce décompte est en effet le suivant :

« 41 occurrences construite sur la racine J/H/D : 5 dont on ne sait pas trop à quoi cela renvoie (l’idée peut-être d’accomplir un effort) ; 19 dans le champ martial, guerrier ; 2 dans un autre contexte ; 1 dans un contexte étonnamment on ne peut plus non-violent ; le reste [14] dans le champ sémantique effectivement de la guerre mais le mot ne veut pas dire guerre ».

Amis IMA Jihad 161010 Decompte versets

  • Le Coran, profondément marqué par ses origines tribales

Un autre intervenant confirme la dimension très superficielle d’« effort intérieur », qui est en réalité bien postérieure : « Le mot « jihad » est né dans un monde tribal où cela veut dire, grosso modo, un « effort », un « engagement », en général plutôt dans des batailles, dans des conquêtes ou dans des défenses. (…) » et rappelle d’ailleurs à juste titre que «  (…) le Coran [qui] s’inscrit directement dans ce monde tribal (…) ». L’intervenant enfonce d’ailleurs le clou : « On combat pour gagner du butin, pour avoir des conquêtes, essentiellement, et le Coran, et l’islam lui-même s’inscrit dans cette tradition (…) »

Amis IMA Jihad 161010 Decompte versets

Ainsi, pourquoi faudrait-il s’étonner que le « jihad » signifie essentiellement « guerre au nom de la religion », « combat armé dans la voie de Dieu » selon la terminologie habituelle ? En réalité, il est naturel que des tribus bédouines coutumières des razzias, pillages de caravanes, rapines diverses, etc. aient facilement intégré dans leur culture une dimension religieuse si celle-ci leur permettait de conclure des alliances plus solides et de motiver leurs troupes pour l’obtention de résultats plus profitables.

  • Conclusion

Toute la culture tribale originelle dans laquelle a été écrite le Coran justifie naturellement le penchant guerrier de l’islam et la facilité à assortir la guerre d’une connotation religieuse. Les tentatives visant à dissocier l’islam de la guerre au nom de la religion paraissent bien dérisoires et désespérées tant cela conduit à nier la réalité des faits historiques ou contemporains.

Pas de quoi s’étonner donc qu’une sourate du Coran, et non des moindres, ait pour titre « le butin » : pour une religion d’amour et de paix, quoi de plus naturel et de plus évident !