Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (6) La paix d’Allah

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  • La problématique

Si la notion d’amour est absente du Coran (où figure la notion de « miséricorde », qui prête d’ailleurs à une grande confusion si l’on commet l’erreur de croire qu’il s’agit de la miséricorde entendue au sens chrétien), la paix est présente mais il s’agit d’une paix entre musulmans. En effet, le Coran ne tarit pas de références sur le sort atroce que connaîtront dans l’au-delà les mécréants, punis par Allah dans des conditions épouvantables. Un exemple parmi la multitude de versets portant sur cette question :

Sourate 2, verset 114. Qui est plus injuste que celui qui empêche que dans les mosquées d’Allah, on invoque Son nom, et qui s’efforcent de les détruire, alors qu’ils ne devraient y entrer que remplis de crainte. Pour eux, ce sera l’ignominie ici-bas et dans l’au-delà un châtiment immense.

Et non seulement, ce châtiment est terrible, mais il est le plus souvent éternel. Quelques exemples parmi une multitude :

Sourate 2, verset 39. Ceux qui auront été incrédules et auront été traité Nos signes de mensonges, ceux-là sont les hôtes du Feu où ils demeureront éternellement.

Sourate 2, verset 161. Ceux qui ne croient pas et meurent mécréants subiront la malédiction d’Allah, des anges et de tous les hommes.

Sourate 2, verset 162. Ils la subiront éternellement. Leur châtiment ne leur sera pas allégé (…).

Sourate 2, verset 257. Allah est le maître de ceux qui croient : Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les Taghout qui les font sortir de la lumière vers les ténèbres. Voilà les hôtes du Feu, où ils demeureront éternellement.

Sourate 3, verset 116. Quant aux incrédules, ni leurs biens, ni leurs enfants ne pourront jamais leur servir contre Allah. Ceux-là sont les hôtes du feu : ils y demeureront éternellement.

Sourate 4, verset 168. Ceux qui sont incrédules et injustes, Allah ne leur pardonnera pas et ne les guidera pas dans un chemin

Sourate 4, verset 169. autre que celui de la Géhenne où ils demeureront éternellement. Cela est facile à Allah.

etc…

Sourate 98, verset 6. Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les associateurs iront dans le feu de l’enfer, pour y demeurer éternellement. Ceux-là sont le pire de l’humanité.

Ceux qui douteraient que ces versets, déjà nombreux, constituent un simple échantillon peuvent se reporter aux 16 pages de la section 6.3 « Les mécréants seront punis par Allah » du « Livret musulman de premier secours » (http://islametoccident.fr/?page_id=1786).

Une fois ce rappel bien en tête, examinons maintenant la thèse de Tareq Oubrou.

  • La « noblesse » d’Allah

Pour Tareq Oubrou, « Selon la théologie sunnite, Dieu doit respecter Sa promesse (le Paradis), mais non Sa menace. Il n’est pas obligé de mettre à exécution sa colère. Cela s’appelle une noblesse. (…) C’est bien ce que laisse entendre ce verset : « Il y a resteront éternellement [en Enfer] tant que demeureront les cieux et la terre, à moins que ton Seigneur n’en décide autrement. Ton Seigneur fait ce qu’il veut. » (sourate 11, verset 107) À noter ici que l’éternité (« khulûd »), dans le vocabulaire du Coran, n’est pas synonyme d’une durée infinie. »

Tareq Oubrou énonce ici une évidence tautologique : Dieu étant maître de toutes choses, il est aussi maître du châtiment qu’il applique selon son bon plaisir. Cela prouve-t-il qu’il s’agit d’un dieu d’amour et de pardon ? Absolument pas, comme la litanie des versets référencés ci-dessus le montre : le pardon est l’exception.

  • Un renversement opportuniste des valeurs

Pour Tareq Oubrou, « Ce verset [11/107] met en cause le sens littéral de tous les versets qui donneraient l’impression que le châtiment de Dieu serait d’une durée infinie. Tout simplement parce que l’homme n’a pas été créé pour la souffrance, même si celle-ci peut être un passage, une épreuve, une purgation temporelle. »

Ainsi donc, un unique verset – qui ne fait qu’énoncer une tautologie sans conséquence – mettrait donc en cause le sens obvie de la multitude des versets évoquant clairement le caractère éternel du châtiment des mécréants ? Alors que les lois de la statistique pulvérisent cette affirmation et contre toute logique, il faudrait faire une confiance aveugle à Tareq Oubrou, simple imam de la petite bourgade de Bordeaux ?

  • L’ignorance des musulmans

On comprend ainsi mieux pourquoi Tareq Oubrou écrit : « Beaucoup de musulmans ignorent cette doctrine orthodoxe (sunnite) qui défend l’idée d’un Enfer extinguible et prévoit que, quelles que soient les fautes ou la « mécréance » d’une personne, celle-ci ne restera pas dans le châtiment pour l’éternité. »

En effet, l’évidence coranique du caractère éternel du châtiment du mécréant – sauf exception – est tellement aveuglante qu’il est tout à fait logique que les musulmans eux-mêmes méconnaissent la thèse présentée par Tareq Oubrou.

Que le séjour en enfer d’un individu puisse, selon la volonté d’Allah, être temporaire est une chose admise et logique, mais Tareq Oubrou va beaucoup plus loin plus qu’il postule que c’est la règle systématique : sur quels textes est fondée cette position audacieuse – voire stupéfiante au regard de la multitude de versets du Coran qui s’y opposent – ? Malheureusement, Tareq Oubrou ne le précise pas.

  • Conclusion

L’audace théologique de Tareq Oubrou semble sans limite puisqu’il postule en réalité que le châtiment du mécréant est toujours temporaire, ce qui revient à aller à rebours de la lecture élémentaire du Coran. Faut-il s’étonner après cela qu’il soit condamné à mort par l’État Islamique pour déviance et donc apostasie ?

Tareq Oubrou voudrait-il nous faire croire qu’il y aurait une proximité entre la théologie musulmane et la théologie chrétienne, qui s’est en effet beaucoup interrogée sur l’enfer et le purgatoire, alors que les conceptions de Dieu dans ces deux religions n’ont absolument rien à voir ? Rappelons juste que la différence évidente entre Jésus et Mahomet est que l’un a prêché pacifiquement et a fini sur la croix, tandis que l’autre a finalement prêché par l’épée en massacrant ses opposants.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (5) Le Coran ne peut être compris qu’en arabe

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  • La problématique

S’il est bien un argument entendu de façon récurrente (presque une ritournelle) par les non arabophones qui commentent ou critiquent le Coran, c’est celui de la langue. Ainsi, pour une raison mystérieuse, les non arabophones se trouveraient privés de tout droit et de toute légitimité en ce domaine (même si nous ne parlons pas ici de style littéraire ou poétique, génie propre à chaque langue, mais bien de sens du texte).

L’arabe serait ainsi la seule langue possédant ses propres concepts, intraduisibles dans une autre langue, puisqu’un tel tabou de principe ne pèse sur aucune autre langue (même pas sur les langues asiatiques dont la structure linguistique et les systèmes de pensée sont pourtant bien éloignées des nôtres). Au risque d’être accusé de caricature, il semblerait donc que les bilingues de naissance en arabe aient un sérieux problème cervical : leur cerveau pourrait raisonner en arabe à propos du Coran mais plus dans une autre langue !

Cessons-là ces enfantillages : il n’y a jamais stricte égalité entre deux mots de deux langues différentes mais on peut trouver des équivalences, quitte à user d’un ensemble de mots pour capter certaines nuances (voire à forger un nouveau mot). Il n’y a pas d’obstacle insurmontable aux esprits de bonne volonté si on s’intéresse au contenu de la pensée.

Mais l’homme de la rue qui s’aventure sur ce terrain doit généralement subir cet anathème de la « bonne » traduction, qui dépend en pratique des vues de son interlocuteur. En d’autres termes, votre traduction n’est certainement pas la bonne si vous n’êtes pas d’accord avec votre interlocuteur arabophone, argument d’ailleurs souvent ressassé par des personnes loin de disposer des connaissances linguistiques et historiques suffisantes pour s’attaquer elles-mêmes sérieusement à cette question (tous les musulmans étant loin d’être arabophones, et surtout dans un arabe qui ne soit pas que dialectal) ; un peu comme si tout anglophone avait le niveau linguistique et littéraire suffisant pour commenter intelligemment Shakespeare.

C’est semble-t-il pourtant la position de Tareq Oubrou dont je vais essayer de décortiquer l’argumentaire.

  • L’argumentaire : le Coran est un texte sacré

Pour Tareq Oubrou, « La traduction du Coran n’est pas le Coran, puisqu’elle n’en est qu’une interprétation ; or l’interprétation du Coran n’est pas le Coran. Pour cette raison, aucune traduction ne saurait être canonisée, afin d’éviter d’imposer une seule lecture du Coran. Un tel problème ne se pose pas pour les Évangiles, car ils ne sont pas la révélation ; ils ne sont qu’un ensemble de témoignages de cette révélation, qui est Jésus. Le régime scripturaire n’est pas le même. »

Cet argumentaire cumule propos confus et erreurs de raisonnement :

1) « La traduction du Coran n’est pas le Coran, puisqu’elle n’en est qu’une interprétation ; or l’interprétation du Coran n’est pas le Coran. »

Cette affirmation est sous-tendue par l’idée que la question de l’interprétation ne serait liée qu’à l’existence de la traduction : si c’est bien ce qu’a voulu dire Tareq Oubrou, c’est absurde. Bien évidemment, la question de l’interprétation se pose d’abord dans la langue d’origine, l’arabe, car il faut bien d’abord savoir quelle idée ou concept on veut précisément traduire.

Ce questionnement n’est d’ailleurs pas propre à l’arabe : il est vrai dans toute langue, les mots ou les tournures étant rarement strictement univoques, dans l’absolu mais aussi par rapport au contexte. Mais le cas du Coran est spécifique tant la clarté du texte paraît discutable aux yeux de l’homme de la rue : il suffit de le lire pour le constater.

Si le nombre de traductions du Coran est très significatif (plus d’une centaine aujourd’hui en France selon l’émission de France 2 « Islam », réalisée par des musulmans), c’est d’abord que le texte d’origine pose un problème de clarté et de lisibilité même en arabe pour les arabophones de naissance (construction des phrases, mots manquants ou originellement illisibles, aucune logique dans la construction de la suite des versets, etc.). L’arabe était d’ailleurs loin d’être stabilisé et codifié linguistiquement au VIIème siècle.

Cela étant, des travaux d’orientalisants et d’islamologues (musulmans ou non) de grand renom, ayant passé leur vie à se pencher sur la question, ont été menés depuis de nombreuses années et ont permis de livrer des traductions tout à fait reconnues et « raisonnables ». Donc appuyons-nous sur eux et cessons de tergiverser, d’autant que le Coran ne manipulant aucune notion théologique complexe, il ne s’agit que de traiter de notions simples ; ce n’est pas de la physique quantique ! On est loin du bagage intellectuel nécessaire pour comprendre l’équation de Schrödinger.

2) « Un tel problème ne se pose pas pour les Évangiles »

Cette affirmation est fausse. Les Évangiles sont effectivement assez clairs pour l’homme de la rue et les principaux messages de nature morale qui y figurent sont compréhensibles pour qui sait lire, même sans bagage culturel important. C’est sans doute la raison pour laquelle la question de la traduction ne représente pas un enjeu crucial pour l’immense majorité des chrétiens et que l’accord s’est fait autour de quelques traductions de référence.

Cela étant, il n’en reste pas moins que les Évangiles contiennent ou font référence à des concepts religieux difficiles, voire mystérieux, qui peuvent partager les spécialistes sur des points précis de théologie assez pointue : le fils de l’homme, le Paraclet, le Saint Esprit, l’incarnation et la crucifixion du Fils de Dieu, la rédemption, l’accomplissement (et non l’abolition) de loi juive, etc.

3) « Les Évangiles ne sont pas la révélation : le régime scripturaire n’est pas le même »

Nous touchons là la pierre angulaire de l’argumentaire : un même texte (donc strictement les mêmes mots) ne saurait ainsi avoir le même statut, et donc la même signification, selon qu’il est déclaré d’origine divine ou non. Nous nous enfonçons ici dans les abîmes de la confusion mentale.

Au-delà de l’explicitation nécessaire à partir d’un exemple précis du sens de ce propos – qui est à première vue assez obscur –, qui décide que le texte est d’origine divine ? L’homme, puisque personne n’a jamais entendu Dieu parler ; ou alors, il faut l’enregistrer, cela fera du buzz sur internet. En d’autres termes, le recours à la divinité permet de s’affranchir de toute limite rationnelle et de dire ce qu’on veut sans aucune justification rationnelle objective.

  • L’obscurité du Coran

Cette référence à un divin, finalement incompréhensible, renvoie à un autre passage où Tareq Oubrou écrit : « Tout cela appelle le croyant à l’humilité intellectuelle. En effet, les fanatismes et intégrismes religieux trouvent leurs racines dans cette idée simpliste que l’on pourrait sonder l’intention de Dieu en se limitant dévotement, voire bêtement, à prendre un texte au pied de la lettre. L’interprétation du texte n’est pas le texte et, de ce fait, l’interprétation du sacré n’est pas sacrée. »

Ainsi, il faudrait, et dans certains cas seulement, ne pas comprendre tout simplement ce qui est écrit au prétexte que cela vient d’Allah, qui, comme on le sait, ne sait pas s’exprimer correctement à propos de choses élémentaires. La lecture « littérale », qui est tout simplement la lecture de bon sens qu’on apprend à l’école, n’a plus droit de cité pour une raison obscure. Et que veut dire cette incantation répétée « L’interprétation du texte n’est pas le texte » puisque déjà abordée plus haut ?

D’ailleurs, Tareq Oubrou reconnaît lui-même que le Coran n’est pas un modèle de clarté, car il parle même d’anarchie : « Un livre qui se revendique comme vrai, comme le Coran, ne doit pas refuser la critique intellectuelle objective. Reste que cette méthode est difficilement applicable à un texte aussi anarchique épistémologiquement. De plus, à la différence de la Bible, le Coran est surtout un texte métaphysique, dans le sens où l’on n’y trouve ni datations, ni généalogie, ni chronologie, ni indications géographiques. »

Le Coran est un texte peu lisible (il faut en faire soi-même l’expérience) au point qu’il met lui-même en garde contre sa propre obscurité, comme l’indique clairement le verset 7 de la sourate 3, ce qui est quand même inouï pour un texte réputé par ailleurs parfait par ses laudateurs : « C’est Allah qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre [le Coran], et d’autres versets qui peuvent prêter à interprétations diverses. Les hommes qui ont au cœur une inclinaison vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets équivoques (obscurs*), cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! » Mais, seuls les doués d’intelligence se le rappellent. »

* « équivoques » chez Blachère, « obscurs » chez Masson (« mutasabihat » : qui nécessitent des explications, sujets à interprétation diverses, ce qui revient à dire « obscurs » au sens de la littérature classique française cf. Art poétique de Boileau ou de la mathématique), « allégoriques » chez Kasimirski. On peut retenir « obscur » dans la mesure où cela signifie que le sens n’en est véritablement clair et connu que par Allah.

On se demande bien alors à quoi servent les versets « équivoques » ou « obscurs » et pour quelle raison Allah n’a pas livré plutôt que des versets clairs. Et si Allah comprend seul la signification des versets obscurs, que signifie alors « Nous y croyons » puisqu’on ne sait pas à quoi on doit croire ? Décidément, les voies d’Allah sont impénétrables !

  • Conclusion

La dialectique musulmane proposée par Tareq Oubrou a ceci d’amusant et de pratique qu’elle permet de parvenir au résultat qu’on veut puisque la raison en est absente. Le Coran se proclamant seul la transcription en arabe de la parole de Dieuentité nébuleuse dont personne n’a jamais démontré l’existence et que chacun conçoit au gré de sa fantaisie –, il se veut incomparable à tout autre texte religieux. Et si Mahomet avait mal entendu les paroles de Dieu ? Peut-être Mahomet était-il malentendant sans le savoir ?

Inutile de polémiquer sur l’existence de Dieu ou non, qui est une question indécidable. Même en mettant de côté le caractère divin ou non de Jésus (ce qui est une question de foi), il reste qu’on peut trouver dans les paroles ou les comportements du Christ l’expression d’une sagesse qui interpelle, tout comme dans les paroles attribuées à Bouddha (le bouddhisme étant une spiritualité sans Dieu entendu au sens monothéiste).

Aussi, la question beaucoup plus fondamentale n’est-elle pas plutôt finalement : quelle sagesse nouvelle est censée émerger de l’islam que l’Occident et l’Asie n’auraient pas déjà produite ? Ou plus directement et plus simplement : à quoi sert l’islam ? Le débat est ouvert. N’hésitez pas à y contribuer.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (4) La critique de l’islam

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  • La liberté d’expression : un droit fondamental

La liberté d’expression est un des droits les plus fondamentaux de la personne humaine, mais il faut reconnaître que celui-ci est de plus en plus mis à mal en France par des lois scélérates qui prétendent imposer sur certains sujets la « bonne façon » de penser. C’est le propre de l’arrogance française, particulièrement développée au sein de l’« intelligentsia », ensemble des « intellectuels » qui se sentent investis d’une « mission » pour assurer le progrès de l’humanité. Penser peut aujourd’hui en France vous conduire en prison…

Or s’il est un domaine où la liberté doit être totale, c’est bien celle de la liberté de critiquer les religions. L’empêcher reviendrait à limiter l’homme dans la conception même qu’il peut se faire du sens de son existence.

Oui, on peut trouver que telle ou telle religion ou spiritualité – ou personnage de l’histoire religieuse – est totalement absurde ou grotesque. Oui, on peut trouver ridicule de penser qu’il soit possible de marcher sur l’eau ou qu’un cheval ailé ait réellement transporté son cavalier dans un voyage nocturne fabuleux jusqu’au ciel.

Au-delà de ce merveilleux dont les hommes ont souvent besoin, il est normal que la critique sans concession soit de la partie puisque les religions et spiritualités sont elles-mêmes incompatibles entre elles sur de nombreux points. Or il ne peut y avoir qu’une vérité.

  • Critique de l’islam et droit laïc : un constat à contrecœur de Tareq Oubrou

Si la liberté de critiquer l’islam n’existe guère dans les pays musulmans, cette liberté subsiste encore heureusement en France. Tareq Oubrou le reconnaît mais on sent bien à la lecture de son texte qu’il s’en désole lorsqu’il écrit : « Le droit positif laïque le permet. Il est possible de critiquer et même de ridiculiser une religion et, indirectement, ses adeptes. Il n’en reste pas moins vrai que (…) »

  • Comment justifier la censure : le spectre du nouvel antisémitisme

Face à ce constat fait à contrecœur sur lequel il ne peut pas en droit encore grand-chose aujourd’hui en France, Tareq Oubrou tente néanmoins de justifier la censure (ou l’auto-censure) de la liberté d’expression qu’il souhaite par la culpabilisation et l’accusation de racisme anti-musulman, eldorado de ce nouvel antisémitisme. En effet, la suite de la phrase citée ci-dessus est : « (…) en critiquant l’islam ou même l’islamisme, c’est toujours à l’Arabe que l’on pense, consciemment ou inconsciemment. C’est un racisme qui s’ignore ou qui ne dit pas son nom. »

À vrai dire, ce propos est assez détestable. C’est une approche perverse et qui veut convaincre par un raisonnement faux.

D’abord, critiquer l’islam n’est pas critiquer l’Arabe puisqu’il y a des Arabes qui ne sont pas musulmans et qu’une grande partie des musulmans sont asiatiques. Mais on peut comprendre que le tropisme moyen-oriental et surtout maghrébin de Tareq Oubrou le conduise à focaliser le sujet sur ce périmètre (au-delà de la question ethnique de l’arabité, sujet complexe).

Ensuite, l’idée que même sans en être conscient, la critique de l’islam se résume toujours à une racine qui serait le racisme, est un pur procès d’intention. Il n’est guère besoin d’épiloguer, tellement il est odieux, sur ce point de vue qui rappelle furieusement les écrits et propos d’Edwy Plenel, Fouquier-Tinville moderne du journalisme bien-pensant. Rappelons seulement à ce sujet les critiques virulentes de l’islam formulées par Malek Chebel (Manifeste pour un islam des lumières), Abdennour Bidar (Lettre ouverte au monde musulman), Tariq Ramadan (La réforme radicale), personnalités qu’on peut difficilement accuser de racisme anti-Arabes.

Enfin, dire à quelqu’un qu’il est dans l’égarement le plus complet ou développe des idées grotesques ne signifie pas contester sa dignité de personne humaine : ce sous-entendu est absolument ridicule. À cette aune, il ne faudrait jamais tenter de démontrer à quiconque qu’il a tort et donc la dispute ne serait pas possible !

  • Conclusion

Tareq Oubrou verse dans la pente facile mais terriblement nauséabonde de la stigmatisation, pourtant dénoncée maintes fois par les islamologues musulmans un peu plus éclairés, jusqu’à Tariq Ramadan. C’est le propre des personnes marquées par une affectivité à fleur de peau et qu’elles ont bien du mal à maîtriser.

Tareq Oubrou semble avoir les plus grandes difficultés à défendre l’islam par la seule voie de sa raison et supporte en conséquence très mal les critiques adressées à sa religion. Il ne peut absolument pas concevoir que, par empathie humaine et par conviction de la fausseté de la doctrine musulmane, certains cherchent à sortir les musulmans de l’égarement où ils se trouvent et considèrent que combattre l’islam, c’est faire œuvre humanitaire.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (3) L’islam n’est pas prosélyte

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  • Un prosélytisme inquiétant s’est installé en France

L’installation de l’islam en France conduit manifestement au développement d’un communautarisme qui tend à s’étendre sous l’action d’un prosélytisme plus ou moins actif : remplacement organisé d’anciens commerces par des commerces musulmans dans certains quartiers, pression vestimentaire et comportementale – surtout à l’égard des femmes –, restriction de la liberté de parole en matière de critique des religions et surtout de l’islam dans les médias, comportement ostensiblement religieux dans l’espace public, revendications religieuses de plus en plus pressantes dans l’espace privé (notamment en entreprises), etc.

Ce prosélytisme conduit de fait la France dans une libanisation progressive du territoire et constitue naturellement un facteur fort d’inquiétude de la population de souche. Face à ce constat, Tareq Oubrou cherche à rassurer  en tentant de convaincre du caractère inoffensif de l’islam en matière de prosélytisme religieux : voyons comment.

  • Le prosélytisme : ce que disent les textes sacrés

Rappelons d’abord que les textes sacrés de l’islam sont clairs sur la nécessité du prosélytisme. Quelques extraits parmi d’autres :

Sourate 2, verset 193. Combattez-les [les mécréants] jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition et que la religion soit entièrement à Allah seul (…)

Sourate 8, verset 39. Combattez les infidèles jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus de tentation d’abjurer et que la religion soit entièrement à Allah. S’ils cessent le combat [pour être pardonnés], qu’ils sachent qu’Allah voit parfaitement ce qu’ils font.

Hadith (Bukhari, Muslim) : D’après Abdallah Ibn Umar, l’Envoyé de Dieu a dit : « J’ai reçu l’ordre de combattre les mécréants sans relâche jusqu’à ce qu’ils professent qu’il n’y a d’autre divinité qu’Allah et que Muhammad est l’Envoyé d’Allah, qu’ils accomplissent la prière et qu’ils s’acquittent de l’aumône légale. S’ils le font, leurs vies et leurs biens seront respectés, sauf quand l’islam permettra d’y porter atteinte. Pour le reste, ils ne devront de comptes qu’à Dieu ».

Notons à cet égard que le prosélytisme est logique. Ainsi, les chrétiens sont en principe prosélytes puisqu’ils sont chargés de répandre la « bonne nouvelle » du Christ. Le problème, dans le cas de l’islam, est la façon dont ce prosélytisme s’autorise – de différentes façons  – à « imposer » l’islam à la société française.

  • L’argument « surprenant » du contact avec le Prophète

    Face à ces textes tout à fait clairs, incontournables et incontestés dans le monde musulman, Tareq Oubrou développe une théorie pour le moins surprenante qui semble limiter à Mahomet l’obligation de transmettre le message de l’islam. Il écrit en effet : « Rappelons que, selon la dogmatique musulmane classique et orthodoxe, notamment sunnite, seul un messager ou envoyé a l’obligation canonique de transmettre la révélation. C’est le cas de Moïse, de Jésus, de Mahomet,.. Le simple prophète (nabî), lui, reçoit la révélation, mais n’a pas l’obligation de la transmettre, à l’instar de Marie, mère de Jésus, prophétesse, mais non missionnée. Puisque le simple musulman n’est même pas un simple prophète, il n’est en aucune manière obligé de transmettre la religion aux non-musulmans. »

    Il serait vraiment intéressant de savoir sur quels textes se fonde Tareq Oubrou pour tenir ce raisonnement qui me semble aller à l’encontre de toute la philosophie et de toute la pratique de l’islam ; malheureusement, il ne l’indique pas dans son livre.

  • Le concept audacieux de « mécréance »

    Mais Tareq Oubrou ne s’arrête pas là. Pour lui, la véritable incrédulité (justifiant l’utilisation du terme de « kafîr » ou mécréant, avec ses conséquences en terme de châtiment terrestre ou céleste) se réduit finalement à la seule période mahométane car liée à la possibilité d’un contact direct avec Mahomet. Il écrit : « Pourtant, selon le Coran, le salut est lié au libre choix de la personne de suivre ou non le Prophète. N’est responsable d’un tel choix que celui qui a rencontré le Prophète missionné, a vu les signes et les miracles qu’il a accomplis, et a reçu son message de manière claire. (…) De ce point de vue, seule une personne qui a connu un prophète-messager (« rasûl ») et a refusé de croire en lui en connaissance de cause peut être qualifiée de « kâfir ». Par conséquent, cette notion, dans son sens négatif, est restreinte au seul moment coranique. (…) En dehors de ce champ, la personne qui n’accède pas à la vérité du Coran n’est pas responsable ; elle ne peut donc pas être qualifiée de « kâfir ». »

    Là encore, on aimerait savoir sur quels versets se fonde Tareq Oubrou pour déresponsabiliser le mécréant car on a bien du mal à les trouver ; malheureusement, il ne l’indique pas.

  • Conclusion

    Les raisonnements de Tareq Oubrou laissent à vrai dire pantois tant ils sont « surprenants », pour ne pas dire ahurissants. Tareq Oubrou ne donnant pas ses sources, on ne peut malheureusement pas essayer de retrouver le chemin qui l’a conduit à de telles affirmations ; c’est bien dommage. Tout cela me semble en contradiction complète avec la lettre et l’esprit des textes sacrés de l’islam.

    Si un lecteur de ce site dispose d’informations à ce sujet, je veux bien qu’il éclaire ma lanterne.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (2) La liberté de conscience en islam : « Celui qui abandonne l’islam, qu’on le tue » (commandement de Mahomet)

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Nous avons vu dans l’article précédent de la série (http://islametoccident.fr/?p=3086) que l’islam a un sérieux problème avec la liberté religieuse et la liberté de conscience. L’origine en est très simple.

  • Le commandement de Mahomet

L’origine du problème est en effet connue : Mahomet, apôtre de la religion d’amour et de paix au dire de ses partisans d’aujourd’hui, n’a pourtant pas hésité à ordonner l’assassinat des musulmans qui quitteraient l’islam, c’est-à-dire apostasieraient. Si le Coran ne précise pas le châtiment applicable en cas d’apostasie, laissant simplement entendre qu’il est terrible, Mahomet s’est donné la peine de la préciser : la mort.

Les hadiths de Mahomet à ce sujet (notamment dans les recueils de Bukhari et Muslim) sont parfaitement clairs (cf. http://islametoccident.fr/?page_id=1786) et sont qualifiés d’« authentiques » (sahih) selon la gradation d’authenticité fixée en islam concernant la chaîne des transmetteurs (isnad) de la parole de Mahomet : ils sont donc incontestés dans le monde musulman. Néanmoins, il faut reconnaître que tous les pays musulmans ne poussent pas l’orthodoxie doctrinale jusqu’à appliquer méthodiquement et strictement aujourd’hui le commandement de Mahomet (les musulmans ont aussi leurs jésuites).

Cela étant, de façon générale, la situation des apostats est suffisamment dramatique en islam pour que l’Institut du Monde Arabe ait organisé en novembre 2015 une conférence/débat dont le titre était : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? »

Ce commandement de Mahomet étant une preuve évidente de l’incompatibilité de l’islam avec les valeurs occidentales, il est donc intéressant d’analyser les arguments présentés par Tareq Oubrou pour tenter de sortir l’islam de cette impasse vis-à-vis de l’Occident.

  • L’argument du pacte

Tareq Oubrou écrit : « Comment prendre cette injonction [Celui qui change sa religion, tuez-le] à la lettre, alors même que le Prophète s’était engagé, par un pacte signé avec La Mecque, alors païenne, à laisser partir dans cette ville les musulmans qui désiraient quitter Médine et redevenir idolâtres ? Un engagement qu’il a respecté. (Bukhari n°2731/2732) »

Cet argument n’est pas très compréhensible ni surtout précisément documenté. De quoi s’agit-il ?

Un an après la bataille dite « du fossé » où les Mecquois avaient assiégé Mahomet et ses partisans à Médine – il ne s’était en réalité quasiment rien passé et les Mecquois étaient repartis au bout de quelques semaines –, soit en mars 628, Mahomet conclut, à la grande surprise de ses partisans, une trêve (dite de « Hudaybiyya ») avec les Mecquois qui devait permettre aux musulmans de se rendre à La Mecque pour y faire les ambulations circulaires rituelles autour de la Ka’ba à l’occasion du pèlerinage. Mahomet ne se sentait vraisemblablement pas encore assez fort à cette époque pour prendre La Mecque de force.

La Sîra relate qu’une des clauses imposées par les Mecquois à Mahomet pour autoriser les musulmans à venir en sécurité prier à La Mecque visait naturellement à éviter que son armée ne se renforçât de nouvelles recrues, en l’occurrence des Mecquois (déjà musulmans ou non). Aussi, Mahomet prit l’engagement de renvoyer aux Mecquois tout Mecquois qui essaierait de le rejoindre hors de La Mecque, l’inverse n’étant pas vrai, c’est-à-dire que toute personne du clan de Mahomet rejoignant les Mecquois n’était pas renvoyée à Mahomet, ce qui pouvait constituer une incitation claire à abandonner Mahomet. Ces clauses du pacte furent acceptées par Mahomet, qui les appliqua comme il était de règle et conformément à l’honneur pour tout pacte signé entre tribus (un exemple bien connu est celui du Mecquois Abû Basîr qui rejoignit Mahomet mais fut renvoyé). Cette trêve fut vivement contestée dans les rangs des musulmans qui considéraient qu’elle humiliait la vraie religion, l’islam. L’autorité temporelle de Mahomet fut contestée mais celui-ci tint bon.

On voit donc que le pacte signé avec les Mecquois était tout à fait circonstanciel, afin de permettre aux musulmans d’aller prier à Ka’ba, et surtout n’a aucun lien avec la question de l’application ou non de la peine de mort pour apostasie. Il s’agissait seulement de clauses de renvoi de personnes ralliant le clan opposé. Or ces personnes ne prévenaient bien entendu pas à l’avance leur propre clan de leur futur ralliement au clan ennemi. La question de l’application de la peine de mort à l’apostat voulant quitter le clan musulman pour rallier celui des Mecquois ne se posait donc pas. Cet argument du pacte n’a donc pas de sens.

  • L’argument du non-exercice

Selon Tareq Oubrou : « Il est formellement établi qu’aucun texte authentique ne stipule que le Prophète aurait concrètement mis à exécution cette peine [peine de mort pour l’apostasie]. »

Pourquoi cet argument n’est-il pas pertinent ?

1) Il est irrecevable parce qu’il est impossible de démontrer que Mahomet ne l’a jamais mis à exécution, même si ce fut peut-être le cas. On peut démontrer que quelqu’un a fait quelque chose mais pas qu’il ne l’a jamais fait, sauf à avoir des témoins en permanence présents à tout instant du jour et de la nuit. En outre, cela a pu arriver sans ce que fait ait été mentionné par les témoins.

2) De toute façon, il est logiquement aberrant : si l’objectif était de ne jamais mettre à mort un apostat, pourquoi alors avoir édicté la règle inverse ? Il aurait fallu au contraire confirmer l’absence de châtiment. Cela n’a vraiment aucun sens.

  • L’argument de la fiabilité du hadith

Contrairement à ce qu’écrit Tareq Oubrou, il n’y pas de contradiction dans les textes sacrés musulmans concernant la question la punition de l’apostasie : « Comme sur beaucoup de sujets dans l’islam, nous sommes en présence de textes qui paraissent contradictoires. Certains garantissent la liberté religieuse, mais d’autres viennent les heurter de plein fouet, telle cette parole du Prophète : « Celui qui change sa religion, tuez-le » (Bukhari n°3017). »

En effet, comme on l’a vu dans le précédent article (http://islametoccident.fr/?p=3086), la diversité religieuse est un fait terrestre, ce n’est pas un objectif divin. C’est au contraire une occasion d’éprouver les hommes pour les juger, et si nécessaire de les punir ici-bas en exemple pour les autres hommes.

Aussi, en l’absence d’argument rationnellement recevable, Tareq Oubrou se risque aller jusqu’à remettre en cause la fiabilité des hadiths (il y en a plusieurs concernant l’apostasie) pour arriver tout simplement au but qu’il veut atteindre. Il est assez inédit qu’un simple imam d’une ville de province en France aille jusqu’à contester la Sunna (tradition musulmane), y compris les recueils de hadiths considérés en islam comme les plus fiables par les plus grands érudits, celui de Bukhari en faisant partie (comme celui de Muslim).

Il écrit ainsi : « Or ce hadith – et il en va ainsi de tous les hadiths – n’est qu’un fragment isolé de son contexte. Celui qui le rapporte, Ibn Abbâs, livre davantage ce qu’il a compris que ce qu’il a entendu – il ne dit d’ailleurs pas l’avoir entendu dans ces termes complets et exacts de la bouche du Prophète, puisqu’il n’utilise pas la formule explicite « sami’tu » (Qu’un compagnon dise : « Le Prophète a dit… » ne signifie pas qu’il a entendu le hadith directement de la bouche de ce dernier tant qu’il n’utilise pas l’expression explicite : « J’ai entendu (« sami’tu) le Prophète dire… » (…) Ce type de hadith constitue plausiblement un simple fragment tiré d’un hadith plus long qui indique les circonstances de son énoncé. Il arrive souvent que les narrateurs ne retiennent qu’une partie du discours, d’où la nécessité d’un travail de montage scripturaire. »

Or ce travail scripturaire a justement été fait, par Bukhari et Muslim notamment. Par ce commentaire, Tareq Oubrou a l’audace assez incroyable de venir, sur la base d’un simple argument de « plausibilité » (il n’a lui-même aucune certitude…), ébranler par un simple trait de plume les fondements d’une bonne partie de la Sunna du Prophète car finalement, à cette aune, on ne sait plus très bien quelle chaîne de transmission et quels hadiths trouvent grâce à ses yeux. Cela doit faire frémir les institutions largement plus légitimes comme Al-Azhar.

  • L’argument de la légitime défense

À défaut de pouvoir trouver un défaut certain dans la cuirasse des hadiths, reste le sempiternel argument de la légitime défense qui, lui aussi, ne tient pas debout. Tareq Oubrou écrit en effet : « Pour demeurer fidèle à l’esprit et à la cohérence du Coran, cette violence contre l’apostasie doit être comprise dans le sens d’une légitime défense face à une apostasie qui s’accompagne d’une insurrection armée. Ainsi, l’injonction « tuez-le » (« uqtulûb ») signifierait ici « combattez-le » (« qâtilûb »), comme il est parfois d’usage en arabe. »

On voit ici déjà que Tareq Oubrou n’écarte plus la réalité du prononcé du commandement de peine de mort par Mahomet. Cette recherche de « cohérence » vaut en réalité reconnaissance du caractère clair et incontournable du commandement.

Ensuite, pourquoi associer l’apostasie à l’insurrection armée ? Mahomet n’a mis aucune condition, comme une insurrection armée, à l’application de la peine de mort pour apostasie. Il pouvait tout à fait accepter l’apostasie tout en punissant par ailleurs de mort l’insurrection armée. Le problème sans doute est que le simple fait de résister spirituellement à l’islam, c’est-à-dire de refuser de se convertir à l’islam, est déjà considéré par l’islam comme une déclaration d’hostilité et un combat, qui justifie d’ailleurs pleinement l’alternative offerte aux non-musulmans (hors juifs et chrétiens qui suivent un statut spécifique) : la conversion ou la mort.

  • Conclusion

Tareq Oubrou empile les arguments fallacieux, contradictoires les uns avec les autres (certains étant fondés sur des hypothèses qui sapent le fondement des autres arguments). Si un seul des ces arguments était réellement valable, les autres ne seraient plus nécessaires.

Il n’y a aucun moyen de sortir de cette impasse doctrinale liée à un commandement parfaitement clair et explicite, sauf à remettre en cause totalement l’exemplarité de Mahomet et la nécessité de suivre ses commandements, ce que Tareq Oubrou ne peut évidemment pas faire.

La doctrine est claire (même si des pays musulmans trouvent des accommodements pour éviter si possible la peine capitale, surtout sous le regard des occidentaux) et tous les apostats qui fuient notamment le Moyen-Orient en savent quelque chose !

Malek Chebel : la mort d’une voix modérée mais utopiste ?

Malek Chebel, mort le 12 novembre 2016, faisait partie des islamologues ayant pignon sur rue en France. Même si, comme pour tous les islamologues musulmans et imams, son opinion n’engageait que lui-même (puisqu’il n’était investi d’aucune autorité légitime doctrinale particulière), il avait la qualité d’être un interlocuteur assez raisonnable avec qui il était possible de dialoguer sur le sujet de l’islam. Si l’islam véritable avait correspondu à sa conception personnelle de l’islam, nul doute que la problématique de l’intégration de l’islam en France se serait posée de façon tout à fait différente.

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Son esprit critique courageux vis-à-vis de sa propre religion en faisait une personnalité inhabituelle au sein du monde musulman. Le regard critique qu’il portait sur l’islam lui aurait valu sans aucun doute l’appellation d’« islamophobe » de la part de la part de nos journalistes, hommes des medias ou « défenseurs » des droits de l’homme, s’il n’avait été lui-même de culture musulmane. Pour en juger, il est intéressant de relire ses écrits. En voici quelques extraits : malek-chebel .

Face à de telles critiques, on peut s’interroger sur ce qui attirait Malek Chebel dans la religion musulmane, d’autant que l’islam ne semble avoir apporté aucun concept nouveau depuis le bouddhisme, le judaïsme et le christianisme, et n’a guère révolutionné la vision juive du monde monothéiste comme a pu le faire le christianisme. Cet attachement viscéral à l’islam relevait en réalité de la question identitaire qui touche aux racines culturelles les plus profondes. On peut en dire à peu près autant d’Abdennour Bidar, critique virulent (à contrecœur) de l’islam mais pourtant musulman.

Au-delà des critiques, Malek Chebel conservait néanmoins une vision volontairement optimiste de l’évolution possible de l’islam dans le contexte occidental, vision associée néanmoins à un grand danger : laisser penser que le vrai islam n’est pas celui de Mahomet, qui serait un islam historique et régional. Or la lecture de l’ensemble des textes sacrés de l’islam montre que la doctrine musulmane est tout à fait cohérente au-delà de l’apparente anarchie des textes : absence de liberté religieuse, infériorité de la femme, jihad, rejet du concept de laïcité, etc. ; autant de principes qui ne sont pas les reliquats d’une histoire passée et qui vivent encore vigoureusement dans le monde musulman d’aujourd’hui, avec des nuances il est vrai selon les pays.

Malheureusement, Malek Chebel ne citait qu’avec une grande économie les textes sacrés de l’islam pour fonder son discours et ses opinions, ce qui était assez regrettable. C’est bien d’ailleurs ce que reprochent les mouvements fondamentalistes comme l’État Islamique : les musulmans ne connaissent pas leurs textes sacrés et subissent l’influence des « imams qui égarent » et qui fondent leur discours sur la projection personnelle de leurs souhaits et non sur la réalité des textes.

On ne peut que trouver positif que Malek Chebel ait souhaité le développement d’un islam modéré mais ce souhait, jusque-ici guère couronné de succès, ne doit pas faire oublier la réalité de l’islam de Mahomet. Or pour instaurer un vrai islam modéré compatible avec les valeurs occidentales, il faut en passer par une revue critique profonde de l’islam de Mahomet et, pour tout dire, par l’abandon de Mahomet comme modèle exemplaire et par une désacralisation du Coran, ce qui me paraît totalement utopiste, car l’islam s’effondrerait alors sur lui-même.

Présenter un tel projet comme possible fait de l’islam « modéré » en réalité l’ennemi principal à long terme de l’Occident, et non les mouvements fondamentalistes qui pratiquent le jihad et donc naturellement le terrorisme (car les raisons de lutter sont alors évidentes). En effet, les représentants de l’islam « modéré » accaparent dans les médias le droit de critiquer l’islam, mais de façon finalement assez superficielle et sans vraie remise en cause de cette idéologie religieuse. Ils reçoivent l’aide des médias français qui leur donnent la parole régulièrement sans offrir, et de loin – et sans que cela chatouille la conscience des institutions chargées de surveiller le monde médiatique –, la même possibilité d’expression à ceux qui les contestent et les interpellent (hormis quelques personnes, que l’on peut compter sur les doigts d’une main, ayant déjà une notoriété bien établie et qu’il est difficile de faire taire publiquement) : ce qui s’appelle la censure. Ainsi, les problématiques sont souvent présentées de façon édulcorée, et cette critique « gentillette » sert au fond d’alibi à l’immobilisme d’une énorme majorité silencieuse qui cautionne en réalité au bout du compte l’application des principes musulmans contre les principes de la République et, à terme, l’application de la chari’a.

Il est donc urgent de former tous les Français à la réalité des textes sacrés de l’islam pour mettre fin à cette manipulation, condition sine qua non du dévoilement de la vérité, de la sortie de l’endoctrinement médiatique actuel, et de l’ouverture d’un vrai questionnement sur la question de la compatibilité de l’islam avec l’Occident.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (1) La liberté religieuse en islam : l’argument fallacieux de la diversité du monde

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  • Problématique

Il est de notoriété publique que la reconnaissance de la liberté religieuse (ou de conscience), c’est-à-dire la liberté pour tout individu de choisir sa religion et d’en changer sans subir à ce titre aucune sanction, pose d’énormes problèmes en islam, y compris aux musulmans « modérés » vivant dans les pays occidentaux. L’apostasie, c’est-à-dire le fait de quitter l’islam, est punie dans les pays musulmans (jusqu’à la mort parfois) et fait l’objet, chez les musulmans occidentaux, d’une réprobation évidente, souvent accompagnée de représailles sociales ou de menaces physiques (quand elle n’est pas accompagnée d’actes de violence réels).

Le Conseil Français du Culte Musulman, présenté par nos politiques comme l’organisation centrale de dialogue avec l’islam de France refuse d’ailleurs encore aujourd’hui d’inscrire dans les droits fondamentaux du musulman celui de pouvoir quitter l’islam (cf. http://islametoccident.fr/?p=1023).

La situation est suffisamment dramatique pour que l’Institut du Monde Arabe ait même organisé en novembre 2015 une conférence/débat dont le titre était : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? » C’est dire !

Tareq Oubrou confirme d’ailleurs ce diagnostic : « Dans l’esprit de l’immense majorité des musulmans, l’incroyance est un délit, et tout non-musulman mérité la malédiction et la sanction eschatologique, la Géhenne. Cette croyance est à l’origine d’une rupture mentale grave entre les musulmans et les non-musulmans. » Et on imagine bien l’abîme qui s’ouvre alors en France avec la conception laïque de la société, créant un véritable conflit de culture et de civilisation.

  • La diversité du monde comme argument pour la tolérance

Pour combattre l’intolérance musulmane, Tareq Oubrou utilise l’argument de la diversité du monde, dont il prend acte, et qu’il attribue nécessairement de son point de vue à une volonté divine : « L’univers des croyances est à l’image de celui des hommes : il est multiple. Cette pluralité est exprimée à plusieurs reprises dans le Coran comme une volonté inéluctable de Dieu : « Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté (sourate 16, verset 93) » ; « Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait d’eux une seule communauté (sourate 42, verset 8) » ; « Si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait rassemblé tous les hommes en une seule communauté. Or ils ne cesseront d’être en désaccord (sourate 11, verset 118) ». »

Et il en déduit une affirmation en réalité indémontrable : « Si l’on entend bien ces passages, cette diversité est non seulement un fait historique, mais un vouloir divin, à respecter en tant que croyant musulman. Il ne s’agit même plus là d’une question de tolérance. », qu’il exprime également en écrivant : « Si la diversité religieuse procède d’une volonté de Dieu, alors le projet de convertir toute l’humanité s’annule de lui-même. Non seulement c’est une mission impossible, mais ce serait insensé, pour ne pas dire une folie. »

En effet, la diversité du monde religieux n’est pas en soi une preuve que Dieu souhaite qu’il en soit à jamais ainsi. Au contraire, et c’est même beaucoup plus logique – pour autant que Dieu existe –, on peut tout à fait défendre l’idée selon laquelle cette diversité est le moyen pour Dieu d’éprouver la foi des hommes : des croyants dans leur volonté d’étendre le royaume de Dieu sur terre ; des non-musulmans à qui la connaissance du message de Mahomet est apportée et qui choisissent ou non de rester dans l’égarement, justifiant alors de ce fait leur punition (ou non) ici-bas ou dans l’au-delà. Car il faut rappeler qu’avant de tuer les non-musulmans dans le cadre du jihad, les musulmans doivent toujours leur offrir le choix de la conversion : s’ils se convertissent à l’islam (avant de devenir prisonniers – ceci pour éviter les fausses conversions destinées uniquement à échapper à la mort –), ils sont épargnés.

  • La foi ne peut pas être imposée mais l’incroyance peut, elle, être sanctionnée ici-bas

Tareq Oubrou écrit : « Mahomet est le premier à le savoir : « Quels que soient tes efforts, la plupart des hommes ne croiront pas (sourate 12, verset 103) ». » En effet, c’est un simple constat qui prend acte de l’égarement volontaire des hommes justifiant leur châtiment.

Tareq Oubrou reprend d’autres versets du Coran qui disent la même chose : « La foi ne peut donc pas s’imposer : « Dis que la vérité vient de Dieu ; quiconque ne veut pas croire, qu’il ne croie pas (sourate 18, verset 29) » ; « Point de contrainte en religion. Le chemin juste s’est désormais distingué de celui de l’égarement (sourate 2, verset 256) » [sans compter que ce verset s’adressait aux juifs de Médine dans un contexte précis et qu’il a été en pratique abrogé, Mahomet les ayant pourchassé ou exterminé] ; « Si ton Seigneur l’avait voulu, tous les habitants de la terre auraient été croyants. Est-ce à toi de contraindre les hommes à croire ? (sourate 10, verset 99) ». Non seulement Mahomet n’avait pas de pouvoir coercitif en la matière, mais il était surtout conscient que la conversion est une affaire intime et personnelle, et que la clé des cœurs se trouve dans la main de Dieu : « Tu ne guides pas ceux que tu aimes. C’est Dieu qui guide celui qu’Il veut (sourate 28, verset 56) », lui rappelle le Coran. »

Le rôle de messager de Mahomet consistait donc à exposer aux hommes la doctrine de l’islam pour les amener à se convertir (cette conversion devant s’accompagner, ce qui n’était pas neutre d’un point de vue politique, de l’obéissance temporelle à Mahomet). Ainsi Tareq Oubrou écrit : « La tâche de Mahomet était d’exposer la vérité, et non de l’imposer : « Il n’incombe à l’Envoyé que de transmettre (sourate 5, verset 99) ». Ce principe revient onze fois dans le Coran. (…) « Appelle [les hommes] à venir sur le chemin de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation (sourate 16, verset 125) ». »

La foi est effectivement une affaire strictement intime et personnelle : on ne peut pas forcer quelqu’un à croire. Mais s’il ne croit pas, alors il encourt le châtiment selon la volonté même de Dieu. Il suffit de lire le Coran pour égrener la liste extrêmement longue de versets consacrés au sort terrible réservé aux mécréants, à l’exhortation au jihad et à la glorification du martyr. Si vous en doutez, vous pouvez vous reporter utilement au « Livret musulman de premier secours », téléchargeable sur ce site (livret-musulman-27-juillet-2016).

  • Mahomet, le Prophète de l’amour ??

La notion d’« amour », entendu au sens chrétien ou bouddhiste (empathie, compassion, etc.), n’existe pas dans le Coran. La notion de « paix » ne s’adresse par ailleurs en réalité qu’aux musulmans qui peuvent vivre entre eux dans la « paix » de l’islam. Ce qui existe, c’est la notion de juste ou d’injuste : est juste celui qui applique les préceptes de l’islam.

Si Tareq Oubrou mène des raisonnements pour le moins contestables, il est encore plus ennuyeux de le voir travestir le sens littéral de certains hadiths à des fins de glorification de Mahomet, comme si Mahomet avait été l’apôtre d’une religion d’amour.

Ainsi, Tareq Oubrou écrit dans son livre : « Mahomet devait surtout porter de l’amour à ceux à qui il s’adressait. On rapporte que, lorsque les polythéistes le frappèrent, tout en essuyant le sang qui coulait sur son visage, il pria son Dieu : « Ô Seigneur, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas (Bukhari n°3477) ». »

Or donnons la version complète de ce hadith authentique de Bukhari dont Tareq Oubrou ne cite que la dernière phrase : « Shaqîq rapporte qu’Abadallâh Ibn Mâsud a dit : « Il me semble encore voir le Prophète racontant qu’un prophète avait été frappé par son peuple. Comme le sang coulait, ce prophète essuya le sang qui coulait sur son visage et dit : « Ô mon Dieu, pardonne à mon peuple parce qu’il ne sait pas. » »

Donc il ne s’agit pas des paroles de Mahomet mais de celles d’un prophète – en l’occurrence Jésus (considéré comme un prophète par l’islam) au moment de sa crucifixion – que Mahomet cite en référence, la version de l’évangile de Luc (23, 33-34) étant : « Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils [les Romains] l’y [Jésus] crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, se partageant ses vêtements, ils tirèrent au sort. »

En d’autres termes, Tareq Oubrou fait passer les paroles du Christ pour les paroles de Mahomet ! C’est oubrouesque, surtout quand on connaît la vie de Mahomet !

En effet, la principale (si ce n’est la seule – à ma connaissance –) référence à du sang coulant sur le visage de Mahomet correspond à la bataille d’Uhud où les musulmans furent battus et où Mahomet fut à deux doigts de perdre la vie, bataille qui relevait simplement du domaine classique de la guerre entre deux clans tribaux rivaux d’Arabie. En voici le récit figurant dans la biographie (Sîra Ibn Hîcham) de Mahomet, où l’on voit au contraire que les paroles de Mahomet – pleines de reproche – sont précisément inverses à celles du Christ – pleines de miséricorde – :

« Les Quraych ne cessaient de harceler les musulmans à coup de sabre. Ils les délogèrent de leur campement, les poursuivirent et ce fut la défaite. Dans leur fuite, quelqu’un cria : « Muhammad a été tué ! » Les musulmans se retournèrent : l’ennemi les poursuivit et fit parmi eux beaucoup de victimes. Ce fut un jour d’épreuve et de malheur, où Dieu fit à un grand nombre de musulmans l’honneur du martyre. Les Quraych parvinrent enfin à atteindre le Prophète. Ils lui lancèrent des pierres en si grand nombre qu’il tomba sur le côté. Son casque de mailles fut défoncé et les anneaux lui blessèrent la lèvre, lui cassèrent deux dents et lui firent une large entaille sur la joue. Le sang coulait sur son visage. (…) Le premier qui ait reconnu le Prophète après la débâcle et la rumeur de sa mort fut Ka’b ibn Mâlik. Il racontait : j’ai vu ses yeux briller sous son casque de maille et j’ai crié : « À la bonne heure ! Musulmans, voici l’Envoyé de Dieu ! » Il me fit signe de me taire. Les musulmans accoururent, soulevèrent le Prophète et le menèrent vers le flanc d’une colline. Ali lui apporta de l’eau dans son bouclier de cuir. Le Prophète, trouvant à l’eau une mauvaise odeur, refusa d’en boire. Pour enlever le sang qui était sur son visage, le Prophète se versa de l’eau sur la tête en disant : « La colère de Dieu gronde contre ceux qui ont ensanglanté le visage de son Prophète ». » Stupéfiant, non ?

  • Conclusion

Un simple constat, la diversité religieuse du monde, ne vaut aucunement approbation, même passive ! La foi est un acte libre. Dieu (Allah) offre aux hommes le choix libre de l’islam ou de l’égarement : s’ils choisissent de s’égarer en ayant entendu le message de l’islam, ils doivent subir le châtiment dès ici-bas et, si ce n’est pas le cas, Allah s’en occupera dans l’au-delà. La liberté religieuse (ou de conscience), sous la forme du droit de changer de religion sans craindre aucun châtiment ici-bas, n’existe pas en islam.

La vision de l’islam de Tareq Oubrou est une vision molle qui revient finalement à considérer l’islam comme une religion possible parmi d’autres, qui peut être vécue passivement par ses adeptes dans une forme d’insouciance à l’égard de ceux qui apostasient : il est sûr que cette vision est beaucoup plus rassurante pour les occidentaux que l’islam de Mahomet, qui ne s’est guère embarrassé de ce genre de considérations : il suffit de lire sa biographie pour en prendre conscience (razzias, meurtres, guerres, viols, torture,..).

Le danger est donc de croire que l’islam de Tareq Oubrou est représentatif de l’islam en général : ce qu’il n’est absolument pas. C’est juste l’islam de Tareq Oubrou.

Du coup, on comprend beaucoup mieux pour quelles raisons doctrinales profondes, notamment concernant la liberté religieuse, l’État Islamique a condamné à mort Tareq Oubrou, imam apostat qui fait dévier les musulmans du droit chemin montré par Mahomet.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou

Il n’est pas si facile de trouver aujourd’hui en librairie en France des ouvrages sur l’islam rédigés par des musulmans et dépassant l’exposé de simples opinions personnelles pour offrir aux lecteurs une documentation consistante tirée des textes sacrés de l’islam : ceux-ci sont le plus souvent omis. Dans ce domaine, les écrits des fondamentalistes musulmans dépassent d’ailleurs de très loin le contenu généralement assez pauvre des publications de l’islam présenté comme « modéré ».

Une fois n’étant pas coutume, je vous propose de s’attarder quelque temps sur le livre de Tareq Oubrou, « Ce que vous ne savez pas sur l’islam », publié en février 2016 aux éditions Fayard, qui contient des références scripturaires qu’il est intéressant d’analyser.

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Ceci est d’autant plus utile que, si Tareq Oubrou n’a aucune légitimité particulière en matière de doctrine musulmane au sein du monde musulman sunnite et donc ne représente que lui-même, il murmure semble-t-il à l’oreille de l’âne qui, incapable de lire le Coran comme il l’a déclaré et confirmé plusieurs fois lui-même, a néanmoins l’arrogance de prétendre parvenir à instaurer le multiculturalisme en France grâce à une « identité heureuse », concept enfantin, naïf et utopique qui veut ignorer l’existence de divergences de vue profondes entre certaines civilisations et religions.

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Ce livre évoque plusieurs problématiques importantes que je vais reprendre, mais le menu étant assez copieux, je le ferai au travers d’une série d’articles intitulée de façon un peu provocatrice : « Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou ».

Pourquoi ce titre ? La taqiya est un terme arabe qui correspond grosso mode à la notion de « dissimulation ». Il est notamment utilisé en islam de façon spécifique pour désigner la dissimulation de ses croyances dans un contexte culturel et religieux hostile. Or l’ouvrage de Tareq Oubrou, qui ne paraît pas être aujourd’hui un méchant homme (ses relations avec l’U.O.I.F., à laquelle il a appartenu, méritant d’éveiller toutefois sérieusement notre attention), me semble relever néanmoins assez largement de cette attitude, mélangeant des connaissances précises aux flous les plus admirables, distillant certains arguments en omettant complètement les arguments contraires, formulant parfois des raisonnements aberrants si l’on n’y prend garde, évacuant des questions absolument essentielles.

Il faut cependant reconnaître qu’on y trouve aussi quelques jugements pondérés et critiques relevant d’une démarche moins partisane dans sa défense de l’islam, mais dont on peut toutefois se demander dans quelle mesure ils ne seraient pas là en réalité pour contribuer à donner une image d’ensemble rassurante et tenter de convaincre le lecteur qu’il existerait un islam doctrinalement modéré (ce qui est loin d’être démontré à lire la biographie de Mahomet) : une sorte de caution morale et de probité, tant les « oublis » de Tareq Oubrou sont nombreux et importants.

Mon objectif sera donc évidemment de me faire l’avocat du diable pour faire apparaître ce qui a pu être intentionnellement laissé dans l’ombre – car il y a bien d’autres choses que vous ne savez sans doute pas et dont ne parle pas Tareq Oubrou –, afin de vous donner certains autres éléments d’analyse vous permettant d’affiner votre jugement quant à savoir jusqu’à quel point certaines thèses développées, de façon policée et apparemment respectueuse des valeurs traditionnelles françaises, peuvent relever de l’utopie personnelle ou de la manipulation intentionnelle par omission ou mensonge. Ces éléments pourront aussi sans doute vous faire mieux comprendre les raisons qui ont conduit l’État Islamique à le condamner à mort au nom de la défense de la doctrine de Mahomet qu’il a, à son sens, dévoyée et qui fait donc de lui un apostat de l’islam.

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Le véritable enjeu concernant la réalité doctrinale du fondamentalisme musulman est moins les effets traumatisants et passagers du terrorisme musulman que la question de la compatibilité de l’islam (de Mahomet) avec le modèle de société français, dans le contexte d’une imprégnation lente mais constante favorisée par ce type de discours sur l’islam, prétendument « modéré », mais qui cautionne une culture religieuse qui se traduit en réalité, dans la pratique et de façon de plus en plus visible aujourd’hui en France, par un enkystement communautaire où la chari’a devient la loi bien avant les lois de la République.

L’instrumentalisation par l’islam de la figure de Gabriel à des fins politiques

La prétention de Mahomet à appartenir à la filiation monothéiste du judaïsme puis du christianisme avait pour objectif politique l’appropriation/récupération de cet héritage religieux pour asseoir sa légitimité et sa crédibilité personnelle en tant que dernier prophète d’une longue tradition. C’est ce qui explique l’insistance mise par Mahomet (et par les musulmans jusqu’à nos jours) à vouloir trouver par tous les moyens dans la Torah ou les Évangiles des passages que les musulmans essaient d’interpréter comme une annonce de la venue de Mahomet.

Pour tenter de conforter cette thèse aux yeux des croyants musulmans, Mahomet s’est par ailleurs approprié les figures symboliques de la Bible, et notamment celle de l’ange Gabriel dont le rôle est mentionné dans la Torah et qui, selon la tradition chrétienne, est venu (entre autres) annoncer à Marie le futur enfantement de Jésus.

Ainsi, selon la tradition musulmane, c’est l’ange Gabriel qui, dans la révélation, a servi d’intercesseur entre Allah et Mahomet : c’est dire s’il s’agit là d’un rôle d’une importance tout à fait considérable. Il est donc intéressant d’analyser dans quelles conditions cette récupération de la figure de Gabriel par Mahomet a eu lieu.

  • La figure de Gabriel dans le Coran : une figure quasiment absente

Compte tenu de l’importance de Gabriel dans le statut de la révélation, on s’attendrait à trouver dans le Coran de multiples passages le mentionnant clairement. Or, force est de constater que Gabriel est quasiment absent du Coran.

Comme l’indique le Dictionnaire Encyclopédique du Coran (ouvrage de référence rédigé sous la direction de Mohammad Ali Amir-Moezzi) : « Gabriel, d’après le Coran, n’y est mentionné que trois fois seulement de façon explicite (sourate 2, versets 97 & 98 ; sourate 66, verset 4). » Il s’agit des versets suivants :

Coran, sourate 2, verset 97. Dis : « Qui est ennemi de Gabriel ? » C’est lui qui, avec la permission d’Allah, a fait descendre sur ton cœur [celui de Mahomet] cette révélation qui confirme les messages antérieurs et sert de direction et de bonne nouvelle aux croyants.

Coran, sourate 2, verset 98. Celui qui est ennemi d’Allah, de Ses anges, de Ses apôtres, de Gabriel, de Michel, – Allah est l’ennemi des infidèles –.

(NB : Coran, sourate 2, verset 99. Nous t’avons révélé des versets parfaitement clairs. Seuls les pervers n’y croient pas.)

Coran, sourate 66, verset 4. (…) Gabriel est le Saint des croyants [le soutien d’Allah] (…).

Jacqueline Chabbi (professeur en études arabes à l’université de Paris VIII, spécialiste du monde musulman médiéval) remarque : « Même lorsque Gabriel est finalement nommé, il n’y a pas de commune mesure avec le rôle de premier plan qui lui est attribué plus tard en dehors du texte coranique proprement dit. (…) Le corpus coranique de Gabriel se résume en tout et pour tout à deux passages qui n’ont d’ailleurs rien à voir l’un avec l’autre. Le premier (C66/4) place l’inspirateur présumé de Mahomet au centre d’un conflit matrimonial. Le second passage (C2/97-99), qui cite Gabriel à deux reprises, est particulièrement ambigu, comme si le texte avait subi des altérations. »

Elle ajoute : « Le moins que l’on puisse dire, est que cette séquence de versets de C2/97-99 pose problème, quant à sa formulation, sa compréhension, et quant au rôle qui est attribué à Gabriel. C’est pourtant sur le verset interrompu dans sa première partie de C2/97 que repose la charge de la transmission exclusive de la révélation imputée à Gabriel par la tradition musulmane. (…) C’est (…) sur cette base très étroite que s’est développée la représentation musulmane hypertrophiée de la figure de Gabriel

Le Dictionnaire Encyclopédique du Coran indique par ailleurs que « selon la tradition exégétique, de nombreux versets y font également allusion » mais il s’agit là d’extrapolations hypothétiques, l’occurrence la plus remarquable au dire des musulmans étant :

Coran, sourate 53, versets 4 à 6. C’est seulement une révélation qui lui [à Mahomet] été inspirée. Le puissant, le fort la lui a fait connaître. Celui qui possède la force [qui serait donc l’ange Gabriel] s’est tenu en majesté.

Comme le souligne Jacqueline Chabbi : « Gabriel brille dans le Coran de la première période par son absence totale. Là encore, le hiatus est énorme entre le texte même du Coran et le discours de la tradition de l’époque califale. »

  • Gabriel : une « découverte tardive »

Pour Jacqueline Chabbi, « C’est presque a posteriori, peu de temps avant sa mort, qui marque la fin de la période coranique proprement dite, que Mahomet semble découvrir le nom de celui qui passera, dans la tradition postcoranique, pour son inspirateur initial. Les deux uniques passages – dont l’un contient d’ailleurs deux mentions successives – de C2/97-98 et C66/4 sont extrêmement tardifs dans la chronologie coranique. Le sens à donner à ces deux versets qui sonnent comme une mention innovante que rien ne laissait auparavant présager est très problématique. Si Gabriel n’est pas mentionné dans les sourates réputées anciennes, il n’y a pas lieu de penser qu’il y est présent de manière sous-jacente, comme le soutiennent les exégètes musulmans tant médiévaux que modernes, et qu’on peut le reconnaître en interprétant le texte qui l’ignore. »

Jacqueline Chabbi poursuit : « Ignorant toute chronologie du texte, la tradition musulmane d’après le Coran considère donc que Gabriel est là sans avoir besoin d’être nommé. (…) Au grand dam de l’analyse historique du texte coranique, ce sont des passages visionnaires anciens dans lesquels Gabriel n’est pas nommé qui donnent prétexte de se dire à de telles interprétations (C81/15-25, C53/1-18). Selon les lectures qui se fondent sur ce type de présupposé et sur une pure logique de croyance, c’est encore Gabriel et nul autre qui commanderait donc à Mahomet : « Répète au nom de ton Seigneur qui créa l’homme de sang coagulé ». Ce début de la sourate 96 (1-5) est vu, en contexte musulman traditionnel, comme constituant les premiers versets coraniques révélés. Sans que le texte coranique y soit pour rien, il met en scène Gabriel dans un rôle majeur. Il est présenté comme celui qui contraint Mahomet, encore inconscient de son destin prophétique, à proférer les premiers mots de la révélation. »

Ainsi, pour Jacqueline Chabbi, « Ce qui n’est qu’allusif dans le Coran devient détaillé dans la littérature du hadith et de la Sîra. L’ange Gabriel y est décrit comme le compagnon de Mahomet, celui qui l’accompagne et le guide pendant toute sa vie, en toutes circonstances. »

  • Conclusion

La question de savoir si un ange prénommé Gabriel aurait effectivement murmuré à l’oreille de Mahomet ne peut que laisser tout homme raisonnable hautement perplexe et dubitatif. Il faudrait interviewer Gabriel pour savoir ; mais nul n’a encore trouvé le moyen de monter au ciel de son vivant et d’en revenir dans le même état pour en témoigner. En réalité, cette question est rationnellement absurde et n’a sur le fond aucune importance en l’absence de toute possibilité de vérification objective. C’est une question de foi : conviction pour les croyants, élucubrations pour les autres.

Cette question témoigne surtout et clairement – l’islam n’étant qu’une invention purement humaine, sauf preuve du contraire que l’on attend toujours – de la tactique politique mise en œuvre par Mahomet (ou plus généralement par l’islam) pour tenter de se donner une filiation qui confère une légitimité innée, valant dogme inattaquable. Une « preuve » beaucoup plus convaincante de la valeur de l’islam aurait été la qualité de sa spiritualité et la nouveauté de son message : mais si l’on met de côté les emprunts massifs faits par l’islam au judaïsme (dans de multiples domaines), la moisson originelle semble bien chiche et de peu de poids.

Fondamentalisme musulman et théorie du complot : une impasse

  • La problématique

Dans la grande marmite du pot-au-feu « islamiste » que nous mitonnent islamologues et politiques européens, la théorie du complot semble tenir bonne place. À en croire certains, les théories du complot – principalement occidental, américain ou juif – viendraient renforcer les thèses des terroristes musulmans et de ce fait accroître l’attrait de leurs mouvements aux yeux de tous ceux, notamment les jeunes, qui sont en quête d’identité et ont besoin de se raccrocher à une figure tutélaire et simplificatrice.

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Il est donc intéressant d’étudier si les mouvements fondamentalistes musulmans font la même analyse et cherchent à instrumentaliser les théories du complot dans le but de renforcer leurs rangs.

  • Analyse

Or tel n’est visiblement pas le cas, si l’on en juge en tous cas par l’État Islamique qui s’est prononcé clairement sur la question. En effet, l’État Islamique rejette complètement les théories du complot qui peuvent s’emparer de l’esprit de certains musulmans. Selon une analyse doctrinale logique et cohérente, les théories du complot font partie pour l’État Islamique du domaine honni du polythéisme (« shirk ») car ce sont des voies qui aboutissent à attribuer à des puissances terrestres le pouvoir de lutter avec Allah et donc de contester la réalité de son infini pouvoir, comme s’il s’agissait de luttes entre plusieurs puissances ou dieux.

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Ainsi, le 11 septembre serait le résultat d’un gigantesque complot destiné à justifier l’invasion des pays musulmans au Moyen-Orient par les Croisés (chrétiens soutenus par les juifs) ? « Eh bien, non ! » nous dit l’État Islamique, pour qui ces théories ne sont que le fruit du désir et de la sottise.

Si les Croisés complotent assurément, leurs complots sont faibles et peu efficaces pour de multiples raisons : « Les incrédules sont divisés, ont de l’animosité et de l’inimitié les uns envers les autres (…) quoiqu’ils s’unissent contre les musulmans, leur ennemi commun. (…) Leurs conspirations réelles se traduisent toujours par des éléments tangibles et il ne faut pas les déduire de suppositions sans fondement. (…) Les grandes conspirations, comme celle supposée du 11 septembre, mêlent tant de facteurs que seul Allah peut en avoir le contrôle. (…) Une perspective aussi exagérée correspond à une remise en cause du tawhid. (…) L’objet des théories du complot est d’exagérer le pouvoir des mécréants et ainsi de paralyser les musulmans dans l’analyse des événements et finalement de leur faire craindre les mécréants plus qu’ils ne craignent Allah. C’est une méthode pour ruiner la confiance des musulmans en leur Seigneur. »

Pour l’État Islamique, adhérer à ces théories est donc une mauvaise excuse pour éviter de lutter sans merci contre un adversaire qu’on pense trop fort, avec qui on pense donc qu’il est obligatoire de composer, ce qui conduit in fine à négocier avec lui des arrangements politiques et militaires inacceptables au regard de la doctrine de l’islam et au regard d’Allah.

  • Conclusion

On peut difficilement trouver un démenti plus formel aux théories du complot que celui de l’État Islamique. Il semble donc assez cocasse de citer en référence à ce qui pousserait les jeunes vers le terrorisme musulman les théories du complot alors que ceux qui en seraient les principaux bénéficiaires les rejettent totalement. Et c’est d’autant plus grave que c’est, pour expliquer l’attrait suscité par les mouvements terroristes musulmans, orienter les esprits sur une mauvaise piste et détourner l’attention d’une problématique essentielle : la valeur exemplaire du modèle prophétique, Mahomet, chef de clan, guerrier sans état d’âme, massacreur de juifs.

En revanche, lutter de façon générale contre les théories du complot (sans être naïf néanmoins quant à l’existence de lobbys et de convergences d’intérêts dont la manipulation des opinions est une des armes) est effectivement nécessaire pour apprendre, notamment aux jeunes, à réfléchir et ne pas se contenter d’une solution simplificatrice toute faite qui a surtout pour effet de renforcer l’idée préconçue que l’on se fait des choses sans la soumettre à la critique.