De l’ignorance musulmane en matière de religion

L’ignorance par les musulmans des autres cultures religieuses ou spiritualités (comme l’ignorance par les chrétiens européens des textes musulmans, qu’ils n’ont le plus souvent jamais lus) est un fait évident et facile à vérifier (sans parler de la très mauvaise connaissance par les musulmans eux-mêmes de leurs propres textes).

C’est une ignorance parfaitement logique dans la mesure où 1) le Coran est censé être pour les musulmans un livre parfait, réputé comme ayant réponse à tout sur tous les points fondamentaux, rendant les livres des autres religions inutiles (le Coran reprenant d’ailleurs dans une multitude de versets, de façon plus ou moins claire ou confuse, de nombreux épisodes de la Bible qu’il copie) ; 2) l’absence de regard critique porté par les musulmans eux-mêmes sur leurs textes sacrés les conduit naturellement à ne pas s’intéresser à d’autres visions du monde ; 3) les textes juifs et chrétiens dont le Coran prétend être le continuateur sont réputés avoir été falsifiés pour cacher la vérité, car ils n’annoncent effectivement aucunement la venue de Mahomet.

Sourate 2, verset 75. Comment pouvez-vous espérer, musulmans, que de pareils gens [les juifs] partageront votre foi, alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole d’Allah, la falsifia sciemment ?

Sourate 3, verset 71. Ô gens du Livre, pourquoi dissimulez-vous la vérité sous le mensonge ? Pourquoi cachez-vous sciemment la vérité ?

Sourate 3, verset 78. Certains parmi eux altèrent le Livre en le récitant pour faire croire que cela en provient, alors que cela est étranger au Livre. Ils disent : « Ceci vient d’Allah » alors que cela ne vient pas d’Allah. Ils disent sciemment des mensonges contre Allah.

Sourate 4, verset 46. Certains juifs altèrent les paroles révélées et disent : « Nous avons entendu et nous avons désobéi » (…) Ils tordent leurs langues et attaquent la religion. Si au contraire ils disaient : « Nous avons entendu et nous avons obéi » (…), ce serait meilleur pour eux et plus droit. Allah les a maudits à cause de leur incrédulité : que leur foi est bien médiocre !

Cette ignorance donne lieu à des contre-sens complets, en particulier sur la personne de Jésus, de nombreux musulmans étant ainsi de bonne foi persuadés que le Coran reconnaît le Jésus (« Issa ») des chrétiens, alors qu’il n’en est rien. En effet, le Coran reconnaît Jésus comme prophète et non pas comme le font les chrétiens, comme l’incarnation de Dieu sur Terre, ce qui n’a absolument rien à voir. Stricto sensu, les chrétiens sont pour les musulmans d’abominables polythéistes (car le polythéisme est la pire abomination qui soit pour les musulmans) du fait de la Sainte Trinité car l’unicité de Dieu dans la Sainte Trinité chrétienne (qui est pour Dieu une façon d’être en « relation » avec les hommes de trois façons différentes, et qui constitue – même pour les chrétiens – un mystère de la foi) est une notion absurde et inenvisageable pour les musulmans, et donc un faux-nez du polythéisme.

L’expression de ce constat d’ignorance, quoique évident, est rarissime dans les médias français. Prenons acte néanmoins qu’il a été formulé avec lucidité et courage par un intervenant invité sur le plateau de l’émission de France 2 « Islam » le 11 septembre 2016 :

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La prière musulmane ou pourquoi l’islam n’est pas une croyance

L’émission hebdomadaire de France 2 « Islam » propose une séquence sur les fondamentaux de l’islam, généralement claire et simple. Celle du 11 septembre 2016 était consacrée à un rappel intéressant du 1er pilier de l’islam : la « shahada ».

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  • La shahada : un « témoignage »

La « shahada » est un témoignage. En français : « Je témoigne qu’il n’y a de Dieu que Dieu et je témoigne que Mahomet est le messager de Dieu ». Ce témoignage est souvent donné dans sa version courte : « Il n’y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son messager ».

Comme le rappelle le présentateur : « La shahada doit être prononcée avec l’index en direction du ciel », au point que ce geste s’ancre dans les automatismes corporels.

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Le chrétien par le « Credo » affirme sa croyance : il s’agit d’un acte de foi, qui n’exclut pas le doute et emporte donc avec lui la possibilité implicite de ne pas croire au sens où on ne peut pas forcer quelqu’un à croire : c’est un problème entre lui et Dieu, et il n’a pas à être puni pour son incroyance.

Le musulman par la shahada est lui beaucoup plus affirmatif : au sens strict, il ne croit pas, il « témoigne ». Il n’y a pas à croire que Mahomet est l’envoyé d’Allah puisque c’est pour le musulman une certitude qui n’a pas à être discutée : il a juste à en témoigner. Cette position induit implicitement un rejet de toute discussion pouvant remettre en cause le statut du Coran et de Mahomet. C’est certainement une raison fondamentale expliquant l’imperméabilité de l’islam à toute approche rationnelle critique depuis notamment la « fermeture des portes de l’ijtihad » au XIIème siècle (l’« ijtihad » est la lecture, l’interprétation rationnelle et critique des textes). En effet, la moindre acceptation de la validité du raisonnement critique envers l’islam est la porte ouverte à un flux de critiques pouvant faire s’effondrer le colosse aux pieds d’argile. C’est aussi une raison profonde expliquant l’inutilité du dialogue inter-religieux avec l’islam.

Malek Chebel décrit magistralement ce système idéologique : « Pour le croyant islamoïde, l’islam se situe au-dessus et en dehors de la critique humaine. Pour lui, la doxa ne peut être questionnée, ni dans sa généralité ni dans son détail, car cela mettrait en péril tout l’édifice de la croyance. Le comportement « islamoïde » consiste donc à rejeter en bloc toute innovation inconvenante, tout en donnant le change à quiconque s’avise de critiquer tel ou tel précepte islamique. À ce sujet borné, l’islam n’offre que des avantages : une religion divine, avec un prophète d’une sagesse à toute épreuve et une histoire arabo-islamique flamboyante. »

  • L’unicité d’Allah : le tawhid

L’unicité divine ou « tawhid » est le cœur de la doctrine musulmane et de sa justification historique face aux polythéistes de La Mecque. Cette notion est si fondamentale que tout tourne autour d’elle et qu’on peine à trouver de concept religieux autre et simple en islam, alors que, par exemple, le chrétien se « heurte » immédiatement à des concepts religieux « mystérieux », comme la notion de Trinité, d’incarnation ou de rédemption par la crucifixion et la mort du Christ.

Malek Chebel écrit à ce propos : « Il faut savoir que le Coran est, en lui-même, un discours constitué sur Dieu et de Dieu sur l’homme. Cela explique la pauvreté relative de l’acte philosophique en islam, cantonné malgré lui à une histoire amplifiée des idées et à une spéculation molle sur les fins dernières. »

De son côté, Tariq Ramadan écrit même : « Il n’y a pas de « théologie islamique ». Comparer les discussions, souvent marginales, qui ont eu cours entre les savants musulmans (essentiellement à partir du Xème siècle) avec les réflexions fondamentales qui ont donné naissance à la « théologie chrétienne » est infondé et, dans les faits, une erreur. Certes, certains débats ont été vifs et l’on a, à travers l’histoire et les écoles musulmanes, discuté du sens et de la portée des noms de Dieu, de ses attributs, du statut de la révélation, mais l’horizon de ces controverses – contrairement à l’histoire de la dogmatique catholique par exemple – est resté circonscrit et n’a jamais été jusqu’à remettre en cause trois principes fondamentaux : l’unicité absolue du créateur, son impossible représentation et la véracité de sa parole révélée dans le coran. Une authentique « théologie » aurait d’abord, et surtout, discuté de ces trois principes. Or une étude attentive de l’histoire des débats entre les écoles montre que les disputes se sont élaborées en aval de ces trois principes qui, au cœur de la conception musulmane, fonde ce qu’on nomme le « tawhid ». »

  • Conclusion : la discussion avec l’islam en matière sociale ou religieuse est impossible

Toute la force de l’islam tient dans sa simplicité (aucun concept compliqué à avoir à maîtriser pour l’homme de la rue) et l’interdiction de la critique qui se traduit par l’épée de Damoclès du blasphème ou de l’apostasie. Face à une telle idéologie, qui ressemble à s’y méprendre à une dictature de la pensée, rien n’est doctrinalement « négociable ». Imaginer une « identité heureuse » avec l’islam orthodoxe qui ne soit pas ancrée dans le communautarisme est une absurdité. Le confit de valeurs est inévitable avec la tradition historique laïque de la France : il a commencé et va s’amplifier inéluctablement. Ce n’est qu’une question de temps et de nombre, donc de rapport de force.

Éducation Nationale : un regard apologétique sur l’islam ?

Le Figaro a publié le 23 septembre 2016 un article intéressant relatif à la difficulté de présenter l’islam dans les programmes scolaires :

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Après avoir décrypté les principaux manuels scolaires d’histoire, Barbara Lefebvre a accordé au FigaroVox un entretien fleuve. Elle montre comment l’Éducation nationale porte un regard apologétique sur la civilisation arabo-musulmane.

Barbara Lefebvre, professeur d’histoire-géographie, elle a publié notamment Élèves sous influence (éd. Audibert, 2005) et Comprendre les génocides du 20è siècle. Comparer – Enseigner (éd. Bréal, 2007). Elle est co-auteur de Les Territoires perdus de la République (éd. Mille et une nuits, 2002).

  • À quoi sert l’histoire enseignée à l’école, à développer le «vivre-ensemble» ou à instruire les élèves ?

Barbara LEFEBVRE. – L’histoire scolaire telle qu’elle est prescrite par les programmes officiels transposés fidèlement dans les manuels scolaires, n’est pas l’histoire universitaire. Ce n’est pas une histoire où les débats historiographiques actuels, parfois virulents, doivent s’exposer. C’est le récit du passé au regard de l’état des lieux de la recherche faisant l’objet d’un consensus académique. L’histoire scolaire sert un projet d’influence positive: transmettre aux élèves des connaissances factuelles appuyées sur une pratique du questionnement critique des sources. On espère, naïvement peut-être, qu’ils pourront, plus tard, exercer leur raison critique et penser par eux-mêmes. Or, cette discipline est le plus souvent utilisée pour exercer une influence normative sur les élèves. Aujourd’hui cela s’aggrave dans le contexte de crise identitaire sévère et de déculturation massive.

La France a atteint un point de tension identitaire proche de la rupture.

Il est intéressant de se pencher sur les nouveaux programmes d’histoire voulus par l’actuel gouvernement, dont la majorité des thèmes sont pourtant recyclés des anciens programmes. Beaucoup de bruit pour rien? Pas vraiment, car la France a atteint un point de tension identitaire proche de la rupture. L’histoire scolaire est un espace sensible sur lequel on peut agir, et si depuis les années 2000, le feu couve, depuis les attentats de 2015 en passant par le grotesque épisode du burkini, la cocotte-minute siffle. Cette tension tient à la pression des tenants d’un islam politique, minorité tyrannique dont certaines figures recyclées sous l’expression de «modérés» sont légitimées par les pouvoirs publics, qui jettent l’opprobre sur une majorité silencieuse souvent non pratiquante voire non croyante mais que tout le monde essentialise à des fins politiques. L’enseignement du fait religieux, ici l’islam, n’a donc jamais été aussi nécessaire et exigeant. Or si l’on veut lutter comme on le prétend contre l’idéologie politico-religieuse, encore faut-il ne pas mettre sous le tapis ce qui nous dérange pour enseigner une histoire de la civilisation musulmane sans aspérité, confinant parfois à l’apologétique, tout cela au service de la glorification dogmatique du «vivre ensemble».

  • Comment l’histoire de l’islam est-elle abordée dans les ouvrages scolaires ?

L’histoire scolaire de la civilisation musulmane, sans aspérité, confine parfois à l’apologétique, tout cela au service de la glorification dogmatique du « vivre ensemble ».

Je me suis appuyée sur les programmes 2016 et les ressources officielles en ligne, puis j’ai observé comment cela était transposé dans les manuels scolaires de 5ème les plus utilisés [Hachette, Belin, Bordas, Hatier]. Que disent les programmes? «L’histoire du fait religieux […] permet aux élèves de mieux situer et comprendre les débats actuels» dans une approche qui ne doit pas être «fixiste sur une si longue période». Dont acte. Approcher la question par les notions de théocratie et de «contact» entre les chrétientés occidentale et byzantine et l’islam est judicieux mais on peut être troublé de la volonté explicite des programmes d’accorder davantage d’attention aux «contacts pacifiques» comme le commerce ou les sciences, plutôt qu’aux contacts guerriers, à savoir les croisades et le jihad de conquête. La conflictualité guerrière entre Chrétiens et Musulmans domine tout au long du Moyen Âge, et au-delà sous la forme du corso sur les rives de la Méditerranée européenne. En minimiser la portée, tant dans les faits que dans leurs représentations sociales et culturelles dans les deux espaces civilisationnels concernés, est révélateur du message politique présent: «les rapports entre le monde chrétien et le monde musulman ne se résument pas à des affrontements militaires» édictent les programmes.

L’histoire scolaire de 2016 n’est guère différente de celle voulue par la IIIème République et son fameux « nos ancêtres les Gaulois » honni par les tenants actuels de la pédagogie.

Sur la question des contacts, les instructions officielles appellent à «équilibrer» en ne donnant pas trop de poids à «l’étude des événements ayant tendance à mettre l’accent sur les contacts belliqueux». C’est ainsi qu’on procède à la construction des représentations sociales et culturelles, et en cela l’histoire scolaire de 2016 n’est guère différente de celle voulue par la IIIème République et son fameux «nos ancêtres les Gaulois» honni par les tenants actuels de la pédagogie. À la différence près que l’histoire scolaire actuelle fait croire à son objectivité au service du progressisme multiculturel, ambition que n’avait pas la IIIè République qui voulait fabriquer des Français, sans distinction d’origine ou de classe sociale, à partir de la France multiple de terroirs proches et lointains. Je soulèverai un autre point: les auteurs du programme qui défendent «une approche globale des faits historiques», véritable leitmotiv des instructions officielles, ont le souci d’une «histoire mixte». Il faut entendre ici où les «conditions et actions des femmes et des hommes d’une époque seront traités de façon égale». Or, étrangement, sur la condition de la femme en islam médiéval, c’est le silence qui prévaut. De fait, aucun manuel n’évoque la place des femmes dans l’islam sinon pour évoquer une régente de la dynastie des Ayyoubides au 13è siècle [Belin] comme si cette exception servait à décrire la place de la femme en Islam. Verrait-on un historien décrire la condition féminine en France à la fin du 16è siècle à travers l’exemple de Catherine de Médicis?

Étrangement, sur la condition de la femme en islam médiéval, c’est le silence qui prévaut.

La liberté pédagogique des enseignants est une liberté de moyens, il faut le rappeler, pas une liberté d’interprétation du programme. Les programmes prescrivent une orientation historiographique: ainsi on exige clairement de relativiser la bataille de Poitiers considérée anecdotique, et de fait certains manuels ne l’évoquent plus. Dans le même temps, on demande que soit étudiée l’amitié entre Charlemagne et le calife abbasside al-Rashid dont le nom est associé aux «Mille et Une nuits» où il apparaît comme le calife parfait. Or c’est une image idéalisée du règne d’arachide datant des 8è-9è siècles, puisque les historiens distinguent aujourd’hui le mythe du calife idéal véhiculé par la littérature arabe avec les sources historiques montrant qu’il a affaibli la puissance du califat abbasside comme en témoignent les émeutes populaires récurrentes, les troubles aux marges de l’empire et la violente guerre civile qui suit son règne. En outre, son «amitié» avec Charlemagne n’est que diplomatique, motivée par une volonté commune de contrer l’empire byzantin et l’émir omeyyade de Cordoue.

  • La religion musulmane en elle-même est-elle montrée dans sa toute complexité ?

On exige clairement de relativiser la bataille de Poitiers considérée anecdotique, et de fait certains manuels ne l’évoquent plus.

Bien sûr, dans un manuel scolaire on n’entre pas dans le détail des débats académiques sur l’historicité de Mohamed et la fiabilité des éléments biographiques à son sujet, mais on est quand même surpris de la pauvreté des informations le concernant dans les manuels. Si je résume ce que l’élève retient: c’est un marchand caravanier qui reçoit la visite de l’ange Gabriel vers 610, il fonde la première communauté musulmane et instaure le monothéisme définitivement en 630 avec la prise de la Mecque aux païens arabes. Tout semble se passer sans obstacle majeur: l’islam s’étend par la conquête et tout le monde se soumet de bonne grâce! Un manuel [Belin] s’abstient même de le présenter comme un chef d’État, commandant des armées de l’islam. Pourtant la figure du prophète, modèle parfait et indépassable de l’homme musulman, mériterait qu’on regarde de plus près son style de vie, d’autant que sa vie privée étant publique, elle fut racontée par ses disciples et se trouve exposée à titre d’exemple à suivre dans le Coran et la Hadith. Elle est connue de tous les Musulmans pratiquants, mais l’élève lui ne saura pas ce que le Musulman sait de la vie modèle de Mohamed. À moins que cette absence d’information biographique du prophète de l’islam ne s’explique par un hiatus entre nos canons occidentaux de l’homme de foi et d’État irréprochable et probe et la perception musulmane de la vie parfaite du prophète? Mais tout est question d’interprétation, la vie de Mohamed, fort humaine par ses sombres aspects, serait à replacer dans son contexte, précisément pour contrer le discours de l’islam politique, producteurs de jihadistes, martelant que le Coran par son immanence ne doit en aucun cas être interprété et invitant leurs coreligionnaires à «vivre comme le Prophète». Il serait salutaire de ne pas rester dans les non-dits par souci de ne pas heurter les susceptibilités supposées de certains élèves et leurs familles, et affronter les faits pour les replacer dans le champ rationnel de la pensée au lieu de les abandonner à l’idéologie.

  • Les périodes conquérantes et guerrières sont-elles justement évoquées ?

La représentation des conquêtes par Mohamed puis ses successeurs est révélatrice de la complaisance avec laquelle on traite la dimension politico-juridique de l’histoire de l’islam.

La représentation des conquêtes par Mohamed puis ses successeurs est révélatrice de la complaisance avec laquelle on traite la dimension politico-juridique de l’histoire de l’islam. Toutes les précautions sont prises pour équilibrer le récit et éviter une présentation violente des conquêtes islamiques. Mais la succession des omissions ou des raccourcis des manuels conduisent à des contre-vérités historiques. Par exemple, quand on lit qu’en 630 Mohamed et ses partisans «reprennent la ville de la Mecque» [Bordas], l’usage du verbe reprendre laisse penser que la ville leur aurait appartenu, qu’il ne s’agirait que d’une légitime reconquête. Or Mohamed n’a jamais dirigé les Mecquois avant 630, il avait même dû fuir la ville en 622 avec ses 70 disciples car il y troublait l’ordre public païen. Autre élément illustrant des raccourcis mensongers: les prises de ville ou de territoire se font sans résistance. Tous les manuels suggèrent que si la conquête arabo-musulmane fut rapide c’est parce qu’elle fut facile. Si les conquêtes ont été rapides en Arabie c’est qu’il suffisait de prendre quelques grandes oasis pour étendre son autorité sur des centaines de km², puis au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord, ce sont les divisions internes des autorités autochtones, souvent des Églises en conflit interne sur des questions tant théologique que politique, qui ont permis aux armées arabes de s’emparer rapidement des centres de pouvoir. Néanmoins cela ne se fit pas sans résistance populaire ni en Arabie où la résistance juive notamment est connue par les sources arabes elles-mêmes, ni en Syrie, en Palestine ou en Égypte. Seul le manuel Hatier éclaire un peu la dimension militaire des conquêtes.

L’islam est prosélyte, a vocation à éclairer l’humanité, la conquête territoriale en est le principal instrument.

En outre, les objectifs de la conquête ne sont jamais exposés aux élèves, or la conquête territoriale est consubstantielle à la naissance de l’islam et les propos de Mohamed dans le Coran et la Sunna sont sans ambiguïté: l’islam est prosélyte, a vocation à éclairer l’humanité, la conquête territoriale en est le principal instrument. Cette fusion du politique et du religieux doit être soulignée si l’on veut éclairer certains discours fondamentalistes actuels pour les déconstruire. Ici la notion de jihad devrait être abordée, elle sert dès le début de l’islam à une justification religieuse de la conquête de type impérialiste – tout à fait banale à l’époque – constituée de pillages, de massacres et de colonisation. L’ouvrage de Sabrina Mervin est utilisé à plusieurs reprises pour présenter les conquêtes, mais cet ouvrage n’est pas un livre d’histoire factuelle, il a un objet d’étude singulier à savoir l’histoire des doctrines de l’islam et leurs représentations. Elle insiste dans sa préface sur le fait que son livre ne retrace «pas l’histoire politique ou sociale du monde musulman» or c’est exactement ainsi que des extraits sont utilisés dans les manuels, pervertissant le travail de l’historienne. Les citations de l’ouvrage montrent un projet théocratique parfait, réalisé sans entrave, là où l’historienne décrit une représentation sociale de ce projet par les doctrinaires musulmans. La partie leçon d’un manuel [Hachette] va plus loin dans l’approximation: «Les califes musulmans prennent le contrôle d’un très vaste territoire peuplé de populations nomades. Pour contrôler cet ensemble ils développent les villes où s’installent les émirs». En quoi les peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient préislamique [judaïsme, christianisme, empires perse ou romain], sédentaires depuis des siècles, ayant développé des civilisations urbaines prestigieuses furent-ils des «nomades» à l’instar des tribus bédouines d’Arabie islamisées par Mohamed? Alexandrie, Jérusalem, Damas, Yarmouk, Le Caire, Mossoul et tant d’autres ne sont pas des villes fondées par les conquérants arabes à ma connaissance. Ils ont redessiné le paysage urbain pour l’islamiser mais n’ont pas fondé ces villes qui ont gardé de nombreuses traces, notamment archéologiques, d’un glorieux passé préislamique. De telles erreurs dans des manuels d’histoire laissent perplexe.

De telles erreurs dans des manuels d’histoire laissent perplexe.

Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont le contact belliqueux entre Chrétienté et Islam est décrit autour de l’épisode des croisades. On retiendra notamment dans un manuel [Hatier] que dans la leçon titrée «La violence des guerres saintes», les auteurs ne rendent compte que de la Reconquista espagnole et des croisades, à travers par exemple les crimes des Croisés comme le sac de Constantinople en 1204. Le jihad n’est pas du tout évoqué dans cette leçon inscrite pourtant dans le chapitre sur l’islam!

  • Quelle place est donnée à la « coexistence pacifique », notamment à l’Andalousie du Moyen Âge ?

A-t-on souvent vu le vainqueur s’accordant le mauvais rôle ? La critique des sources sert à éviter les anachronismes !

Dans le projet de montrer l’islam comme une religion ouverte et tolérante, le thème de la «coexistence pacifique» sur le modèle andalou est devenu habituel. En dépit des historiens, et des sources arabes elles-mêmes, décrivant la vie sociale et économique des dhimmis [Juifs et Chrétiens vivant en terre d’islam], on propose aux élèves une vision non seulement angélique mais déformée de l’histoire. Tous les manuels scolaires insistent sur le très bon accueil que les populations conquises auraient fait aux conquérants, cela n’étant démontré aux élèves qu’à travers des sources arabes, or leur objectivité est discutable. A-t-on souvent vu le vainqueur s’accordant le mauvais rôle? La critique des sources sert à éviter les anachronismes! Dans les manuels, il apparaît qu’en Arabie, après 632, tout le monde est devenu musulman comme par magie, sans pression guerrière. C’est omettre que la conquête avait pour conséquence le choix entre la conversion ou la mort pour les païens et certaines tribus juives. Bien des populations se sont converties pour survivre et il en fut de même dans tout le bassin méditerranéen conquis par les Arabes, depuis les Berbères judaïsés ou Syriaques christianisés jusqu’aux populations zoroastriennes condamnées à disparaître. Il est déconcertant de voir que les manuels utilisent la source musulmane sans appareil critique pour offrir une vision idyllique des relations entre Musulmans et non Musulmans. On trouve des textes de différents auteurs arabes médiévaux que l’élève est amené à accepter de facto. Par exemple, cette citation d’Al-Baladhuri datant du 9è siècle est utilisée dans plusieurs manuels et dépeint juifs et chrétiens acceptant l’invasion musulmane de la Syrie comme une bénédiction: «Les habitants ouvrirent les portes de leur ville sortir avec les chanteurs et les musiciens qui commencèrent à jouer et payèrent la capitation». La seule question posée à l’élève est «Comment les musulmans sont-ils accueillis?». L’élève doit paraphraser l’auteur, prenant ses dires pour une vérité, objet d’une généralisation plus loin dans la leçon du manuel. C’est comme si on apprenait la vie de Charlemagne uniquement à travers la chronique d’Eginhard! D’autres textes arabes sont exploités présentant la conquête de Jérusalem par Omar puis Saladin comme une libération des oppresseurs byzantins ou un acte de pacification. On passe sous silence que pour les chrétiens, majoritaires dans ces régions au haut Moyen Âge, la conquête islamique signifiait la perte de souveraineté, et pour les nombreuses communautés juives il s’agissait de passer d’un oppresseur à un autre. Donc quand on lit: «dans les territoires dominés par les Arabes, les populations se convertissent peu à peu à l’islam» [Belin ; Hatier], on a le sentiment que rien n’est fait pour éclairer les conditions de cette islamisation qui, à l’instar d’autres conquêtes antiques ou médiévales, signifiait la dépossession des autochtones de leur souveraineté, de leur droit de propriété, leur soumission sociale et culturelle. En Espagne, par exemple, les Chrétiens ont résisté comme à Tolède en 713, et les représailles furent féroces avec mutilations et crucifixions publiques. La façon dont les manuels évoquent la «coexistence» entre les trois religions sous domination musulmane est sinon fausse du moins partiale car elle n’éclaire pas les conditions de la soumission en parlant de «coexistence».

Résumer la dhimma à la protection des minorités religieuses contre paiement d’un impôt est une semi-vérité ou semi-mensonge.

Le pacte de dhimma que Mohamed imposa en 628 aux juifs de l’oasis de Khaybar servit ensuite de modèle à tous les conquérants arabes, la dhimma est essentielle pour comprendre comment les représentations collectives du non Musulman se sont forgées à travers les siècles dans le monde islamique. C’est le cadre juridique, social et économique reposant sur une base théologique, d’une société parfaite. C’est un pacte de protection que le vainqueur accorde à des communautés juives et chrétiennes. Or, la société islamique est organisée sur une base juridico-théologique discriminatoire avec les Musulmans arabes en haut de la pyramide sociale et politique, puis viennent les Berbères islamisés, puis les muwalladun, les convertis non arabes, et au plus bas de la société, avant les esclaves, on trouve les dhimmis, dont la situation est caricaturée par un manuel: «Ils restent libres de pratiquer leur religion contre le versement d’un impôt». Un autre s’appuie sur un texte d’al-Tabari du 9è siècle pour évoquer la dhimma mais sans la définir et en expliquer la dimension discriminatoire qui prévalut partout en territoires islamiques jusqu’à son abolition en 1856. Elle faisait vivre dans une perpétuelle incertitude les concernés, exposés à l’arbitraire du calife ou d’un sultan plus autocrate que le précédent qui par exemple augmentait la jizya [capitation] déraisonnablement pour pousser à la conversion ou rançonner les communautés, comme les Juifs et les quelques Chrétiens d’Hébron au 19è siècle. Si la jizya était graduée, elle était aussi exigée des veuves, des orphelins et même des défunts. Si beaucoup de Juifs et de Chrétiens échappèrent à la conversion pour entrer dans le statut de dhimmi, des historiens ont montré qu’au fil des siècles, ils furent aussi nombreux à se résoudre à la conversion pour espérer une meilleure intégration et échapper à une vie de paria particulièrement en termes d’infériorité sociale et juridique. Parlerait-on de «coexistence pacifique» si les manuels acceptaient de décrire les clauses humiliantes de la dhimma comme le port de signes distinctifs obligatoires – invention arabe que l’Église reprendra pour stigmatiser les Juifs européens à partir du 13è siècle – l’interdiction de prière collective sonore, l’obligation faite aux édifices chrétiens et juifs d’être moins hauts que les mosquées, quand ce ne fut pas parfois l’interdiction de construire un nouveau lieu de culte, l’interdiction de monter à cheval et porter une arme, enfin la parole du dhimmi devant la justice qui vaut moins que celle du musulman et des sanctions différant en fonction de la religion du coupable. Ces règles, fixées par la Loi musulmane, furent appliquées partout dans le monde islamique, avec plus ou moins de rigueur selon les dirigeants. Il n’en reste pas moins que résumer la dhimma à la protection des minorités religieuses contre paiement d’un impôt est une semi-vérité ou semi-mensonge, comme on préfère.

  • Quid de l’importance des échanges entre civilisations ?

L’Occident serait débiteur de la science arabe médiévale, voilà ce qui émerge des manuels qualifiant unanimement la civilisation islamique de « brillante ».

Depuis plusieurs années, dans l’objectif, certes louable, de démontrer que l’islam est une religion ne se résumant pas à son obscurantisme politico-religieux actuel, on répète comme une vérité que l’Occident a bénéficié de la présence musulmane en Andalousie, que sans les savants arabes nous aurions oublié notre héritage grec. Je constate que le mythe d’al-Andalus est devenu paradigme et s’est ainsi élargi à l’ensemble de l’espace politique sous domination arabo-musulmane. L’Occident serait débiteur de la science arabe médiévale, voila ce qui émerge des manuels qualifiant unanimement la civilisation islamique de «brillante». Évidemment, il ne s’agit pas de remettre en question la réalité du carrefour civilisationnel que fut le monde musulman médiéval, passeur de savoirs, mais de s’interroger sur la façon simpliste dont les faits sont présentés et construisent des représentations collectives qui font sens commun aplatissant l’Histoire issue du consensus académique. Le discours laudatif voire un peu naïf sur l’âge d’or de la civilisation arabe médiévale paraît servir à trier ce qui nous arrange et favorise l’image que l’on juge bénéfique aux temps présents, celle de l’islam lumineux. Mais ce projet idéologique dessert la pensée scientifique autant que les intellectuels de cet espace culturel luttant dans leur propre pays pour faire émerger un discours scientifique et distancié sur leur passé. On réécrit pour les élèves la science arabe médiévale pour la mettre, non pas sur le même plan que les autres civilisations, mais au dessus et on en gratifie l’islam alors que la religion n’a rien à voir dans cette affaire. Attribue-t-on la révolution copernicienne au Christianisme ou la théorie de la relativité d’Einstein au judaïsme?

Dans un des manuels [Hachette], on cite un chroniqueur arabe du 11e siècle, Saïd al-Andalusi, sans distance critique pour l’élève qui ainsi apprendra qu’avant l’arrivée des Arabes «ce pays ne savait pas ce qu’était la science et ceux qui l’habitait ne connaissaient personne qui se fut rendu illustre par son amour pour le savoir». Puis vient un passage sur l’apport des Arabes aux sciences anciennes et modernes par la traduction des savants grecs. Cette lecture apologique est corroborée par une consigne d’activité: «Montrer que la présence des musulmans d’Andalousie permet de développer les sciences et la philosophie grecque en Occident» et par la leçon qui répète que «les textes des auteurs antiques sont redécouverts en Occident par l’intermédiaire de leur traduction en arabe». On passe sous silence un fait majeur: nombre de ces traducteurs étaient de langue arabe mais n’étaient ni des Arabes, ni musulmans. Ce furent des Juifs comme Maïmonide, ibn Tibbon ou Yossef Kimhi et surtout des Chrétiens principalement syriaques qui réalisèrent cette translation des savoirs antiques vers l’Occident. On sait de différentes sources, que des califes, comme al-Mahdi ou al-Rashid, commandaient aux chrétiens syriaques des traductions d’Aristote par exemple. L’historien arabe ibn-Khaldoun lui-même rappelle que le calife al-Mansur au 8è siècle demanda à l’empereur byzantin de lui adresser des traités de mathématiques et de physique d’auteurs grecs. Avicenne, al-Farabi, Sohravardi étaient des perses, héritiers des savoirs préislamiques de cette civilisation au contact de l’Asie et du Moyen-Orient. Concernant l’algèbre, on sait que la plupart des savoirs arabes sont directement issus des connaissances antiques, grecques, indiennes et babyloniennes. Quant à la médecine, on veut enseigner aux élèves que les médecins arabes étaient plus modernes, mais ici encore on omet de préciser que nombre d’entre eux n’étaient ni musulmans ni arabes, à l’instar du célèbre médecin chrétien nestorien Ibn-Ishaq du 9è traducteur de Galien, Platon et Aristote en syriaque puis en arabe, dont les découvertes en matière d’ophtalmologie ont été décisives ou de Ibn Masawayh au 9è siècle médecin chrétien qui traduisit et rédigea nombre de traités en arabe. Quant aux connaissances astronomiques des Arabes, elles sont directement issues des savoirs grecs, chaldéens et babyloniens. Le manuel Hatier fait exception en rappelant qu’un grand nombre de savoirs arabes transmis en Occident sont issus de découvertes chinoises.

Ce sont les traductions latines médiévales qui permirent à la pensée d’Averroès de survivre et aux Musulmans de le redécouvrir pour en faire maintenant un symbole de leur esprit d’ouverture !

Pas une phrase sur la philosophie arabe sans citer Averroès, autochtone espagnol faut-il le rappeler, symbole de l’ouverture d’esprit de l’islam de l’âge d’or. Mais on se garde toujours de mentionner que son contemporain, le juriste al-Ghazali a réfuté la vision rationnelle d’Averroès ce qui conduisit à son bannissement pour hérésie, ses livres furent brûlés. Ce sont les traductions latines médiévales qui permirent à la pensée d’Averroès de survivre et aux Musulmans de le redécouvrir pour en faire maintenant un symbole de leur esprit d’ouverture! Dans un autre manuel [Hatier], on cite un édifiant extrait d’Amin Maalouf: «dans tous les domaines les Francs se sont mis à l’école arabe aussi bien en Syrie qu’en Espagne, en Sicile», suit une liste à la Prévert des domaines ayant été ensemencés par les savoirs arabes. En revanche, on ne sait pas ce que les Occidentaux ont apporté aux Arabes, ‘sans doute rien’ se dira l’élève, de ce fait le titre de la leçon, «les échanges culturels», ne fait guère sens puisque les bienfaits civilisationnels ne semblent pas avoir été réciproques. Les manuels peuvent saluer le réel talent de passeurs des savants du monde islamique qui surent développer des savoirs établis, ou utiliser des traductions d’auteurs anciens, mais on attend d’un ouvrage scolaire qu’il soit précis: transmettre les savoirs acquis par les peuples autochtones conquis, ce n’est ni en être l’auteur, ni l’inventeur.

  • La délicate question de la traite orientale est-elle abordée ?

Les traites arabes ont conduit à la déportation d’au moins 17 millions d’individus, dont beaucoup de jeunes filles qui servaient d’esclaves sexuels, pratique que le Coran autorise.

À part le manuel Belin proposant un texte d’al-Yacoubi qui évoque les «esclaves noirs attachés» au service du calife al-Mansour sans pour autant attirer l’attention des élèves sur ce point dans les activités jointes, aucun manuel n’évoque la question de la traite arabe. Comme le soulignait déjà en 1992 Marc Ferro, «si l’inventaire des crimes commis par les Européens occupe à juste titre des pages entières [dans les livres scolaires], la main a tremblé dès qu’il s’agit d’évoquer les crimes commis par les Arabes». Il faut dire que le récit de la traite négrière viendrait altérer grandement l’image que les programmes et les manuels scolaires souhaitent donner aux élèves de la civilisation musulmane médiévale. La traite orientale a, en effet, ponctionné l’Afrique pendant treize siècles, de 652 avec le traité d’Ibn Saïd imposé aux Soudanais du Darfour, jusqu’à l’aube du 20è siècle, et il est difficile de trouver trace de mouvements abolitionnistes arabo-musulmans à la différence des Européens qui luttèrent pour l’abolition de ce commerce inhumain contre leurs contemporains négriers. Les traites arabes ont conduit à la déportation d’au moins 17 millions d’individus selon les études d’éminents historiens, à la servitude de jeunes filles africaines dans la sphère domestique et intime puisque beaucoup d’entre elles servaient d’esclaves sexuels, pratique que le Coran autorise [33-52 ; 5-43 ; 4-2 ; 23-1 ; 33-02 ; 5-29]. La traite arabe a également une spécificité rarement rappelée: la castration de 7 captifs sur 10 destinés à être eunuques mais dont la majorité mourrait des suites de l’opération. Cette vaste entreprise de castration explique en partie le peu de trace que les esclaves africains ont laissé dans la démographie des sociétés musulmanes orientales, alors que les millions d’esclaves de la traite atlantique ont eu une grande descendance peuplant aujourd’hui le continent américain. On pourrait espérer que ce sujet soit traité plus tard dans la scolarité mais il n’en est rien car l’esclavage subi par l’Afrique subsaharienne pendant des siècles se résume à la traite atlantique. Ici encore, on le voit, l’histoire scolaire poursuit un objectif qui s’éloigne de sa prétention affichée à éclairer la conscience des élèves pour en faire un citoyen éclairé et de développer chez lui l’esprit critique qui passe par l’analyse des sources historiques et non l’apprentissage d’une doxa.

Pourquoi les musulmans doivent tuer les apostats

Frère Rachid est un apostat de l’islam d’origine marocaine, très actif sur internet, dont on peut trouver sur la toile de nombreuses vidéos expliquant ou interrogeant l’islam, généralement tout à fait bien documentées.

Cet échange intéressant avec le cheikh Haitham rappelle la règle simple qui veut que tout apostat de l’islam doit être tué, où qu’il se trouve :

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Ces propos renvoient effectivement au commandement de Mahomet à l’égard des apostats, parfaitement clair et incontesté dans le monde musulman (hadiths « sahih ») :

Hadith (Bukhari) : D’après Ikrima, Ali avait fait brûler des criminels. Ibn Abbas, l’ayant appris, dit : « Si c’eût été moi, je ne les aurais pas brûlés, car le Prophète a dit : « Ne punissez pas avec le châtiment qui appartient à Dieu », mais je les aurais simplement tués conformément à ce précepte du Prophète : « Celui qui change pour une autre la vraie religion [l’islam], qu’on le tue ».

Hadith (an-Nasa’i) : Ibn Anas a dit : Le Messager d’Allah a dit : « Celui change de religion, tuez-le ».

Hadith (at-Tirmidhi) : D’après Ikrimah : Ali brûla quelques personnes qui avaient apostasié l’islam. La nouvelle parvint à Ibn Abbas et il dit : « Si j’avais été toi, je les aurais tués selon le précepte du Messager d’Allah. Le Messager d’Allah a dit : « Quiconque change de religion, tuez-le ». Mais je ne les aurais pas brûlés car le Messager d’Allah a dit : « Ne les punissez pas avec la punition d’Allah ». Ce propos revient à Ali et il dit : « Ibn Abbas a dit la vérité ». » 

Yusuf Qaradawi explique dans le 1er recueil de fatwas du Conseil Européen des fatwas : « La mort de l’apostat vise en fait à protéger la religion et la société de ses méfaits et ne constitue pas un déni de la liberté de conscience vu le tort qu’il fait à autrui en piétinant leurs droits. Les intérêts de l’État et de la société prévalent sur l’intérêt individuel personnel. Cette question est en vérité similaire à ce que les lois modernes qualifient de « haute trahison », à la suite des préjudices qui en découlent pour l’intérêt général. »

Quant à Malek Chebel (Dictionnaire encyclopédique du Coran), il indique jusqu’où peut aller l’apostasie : « L’apostasie est avérée à partir du moment où le philosophe sort de la logique coranique, ou prétend que le Coran est une création humaine, ce qui revient à nier l’existence de Dieu, à être déicide. »

Il est également intéressant de visionner cette séquence du cheikh Haitham al-Haddad (https://en.wikipedia.org/wiki/Haitham_al-Haddad), basé au Royaume-Uni (a priori pas le même que le précédent), qui explique avec une grande clarté la raison tout à fait logique pour laquelle l’apostat doit être tué dans le contexte d’une religion qui est à la fois religion, système social et communautaire, et État. Si son « extrémisme » apparent peut paraître choquant, il est toutefois tout à fait conforme aux textes les plus sacrés de l’islam.

Rappel à ceux qui souhaitent imposer la religion en entreprise

Si l’on en croit l’émission de France 2 « Islam » du 11 septembre 2016, « S’il est recommandé de faire chaque prière à l’heure prescrite, il est permis de les regrouper à un moment de la journée ou du soir pour ceux qui ne peuvent pas le faire en raison de contraintes dans leur vie quotidienne. » Un rappel utile à une époque où les pressions de la communauté musulmane se font de plus en plus fortes pour imposer aux entreprises l’aménagement des horaires de travail en fonction de contraintes religieuses. La religion, quelle qu’elle soit, n’a rien à faire dans l’entreprise qui est par essence un monde laïc.

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L’étude de l’islam conduit nécessairement à la « radicalisation »

L’ignorance en Occident et notamment en France de la doctrine de l’islam est une constatation évidente à en juger par tous les politiques, journalistes, philosophes ou autres hommes publics qui s’aventurent à parler de l’islam sans en avoir lu les textes, le plus emblématique d’entre eux étant Alain Juppé, qui s’en est même fait une spécialité avec son concept utopique et irresponsable d’« identité heureuse ». Il suffit d’ailleurs de regarder les débats télévisés ou d’écouter la radio pour constater que personne n’y cite les textes musulmans, car cela deviendrait rapidement très embarrassant.

La première tâche de toute personne qui veut s’intéresser sérieusement à la question musulmane est donc évidemment de commencer par lire les textes dont il s’agit, et dans cet ordre : biographie de Mahomet (Sîra d’Ibn Hîcham) puis le Coran et enfin les hadiths ; car la connaissance de la biographie de Mahomet éclaire d’un jour tout à fait fondamental le Coran (et les hadiths).

Si vous prenez le cas de Michel Onfray, une des quelques personnalités médiatisées ayant fait l’effort de lire sérieusement les textes musulmans, vous constaterez néanmoins en lisant ses ouvrages – et notamment le dernier « Penser l’islam »  – qu’il a certainement bien étudié il y a quelques années le Coran mais qu’il n’a visiblement pas lu dans le détail la biographie de Mahomet (il n’en parle d’ailleurs jamais). Il faut dire, d’une part, que la Sîra est un texte très peu connu en Occident et que, d’autre part, les traductions en français de ce texte sont relativement récentes (2001 pour la traduction d’Abdurrahman Badawi et 2008 pour la traduction de Wahib Atallah) – une version anglaise par Alfred Guillaume étant par ailleurs disponible depuis 1955 –.

Or, contrairement à une idée largement répandue, que l’on retrouve chez Michel Onfray avec sa théorie erronée du « prélèvement » (parce qu’il n’a pas lu la biographie de Mahomet) selon laquelle on peut faire dire tout et son contraire au Coran, la doctrine musulmane est d’une grande cohérence dès lors qu’on la replace dans le contexte politico-historique de la prise de pouvoir par Mahomet – l’idéologie religieuse étant utilisée comme instrument de conquête –, ce que la lecture des textes musulmans montre à l’évidence. Encore une fois, si vous en doutez : lisez la biographie de Mahomet !

Aussi, l’alternative à laquelle conduit la lecture des textes authentiques et sacrés de l’islam est simple et aboutit dans les deux cas à une « radicalisation », pour ou contre :

–  soit on croit à l’existence du Dieu musulman, Allah, et à la prétention de Mahomet à être effectivement son Envoyé, et il faut alors suivre le modèle mahométan en tous points, jihad compris ;

–  soit on pense que Mahomet est un simple illuminé – ou un habile calculateur – qui a construit et utilisé une idéologie religieuse (pour l’essentiel copiée du judaïsme) et qu’il a mise au service de son objectif de conquête du pouvoir (peu importe d’ailleurs que Mahomet ait cru sincèrement être inspiré par Allah ou non).

Ces deux visions sont « radicales » dans la mesure, d’une part, où elles sont très simples, et, d’autre part, où il n’y a pas d’autre voie possible. Ainsi, un musulman « radicalisé » est tout simplement un musulman qui a pris conscience de la nature guerrière de l’islam de Mahomet, croit dans cette voie – puisque l’ordre vient directement d’Allah –, et décide donc de suivre ce modèle avec toutes ses conséquences.

Alors me direz-vous, il y a bien pourtant un « islam modéré » en Occident : eh bien oui et non :

–  non, car il n’y a qu’une doctrine de l’islam – comme le rappelle même et à juste titre le Conseil Français du Culte Musulman dans la « Charte des musulmans de France pour le vivre ensemble » qu’il a publiée à l’été 2014 –. Cette doctrine est en réalité très simple et tranchée sur toutes les questions qui touchent directement aux valeurs occidentales (incompatibilité avec la laïcité, inégalité homme-femme, absence de liberté de conscience, inégalité des communautés humaines et donc communautarisme, etc.).

–  oui, car beaucoup de musulmans n’appliquent en réalité pas les règles de leur modèle Mahomet et pratiquent ainsi un islam « dévoyé », et ce pour au moins deux raisons très simples : une proportion très importante de musulmans vivant en Occident ne connaît en réalité pas les textes de l’islam, y compris le Coran (et ne parlons pas de l’absence totale de connaissance des autres religions et spiritualités) ; et pour ceux qui connaissent la réalité de l’islam de Mahomet, ils ne le mettent pas en œuvre aujourd’hui pour de multiples raisons (doute, paresse, confort offert par la matérialisme, peur du danger, etc.).

Un musulman « modéré » est donc une personne qui tout simplement n’applique pas les règles de l’islam de Mahomet dont il se revendique. Il fait partie de la « zone grise » dénoncée par l’État Islamique et c’est précisément la raison pour laquelle l’État Islamique dans ses revues exhorte les musulmans à se replonger dans les textes sacrés de l’islam authentique pour « apprendre leur religion » car il essaie de rendre insupportable aux musulmans « modérés » ce conflit de conscience entre l’islam véritable et leurs actes, et ainsi de les pousser à basculer dans l’action violente prônée et pratiquée par Mahomet pour imposer l’islam sur toute la Terre. La difficulté, pour un musulman « modéré », mais ignorant, et qui découvre la véritable nature de l’islam de Mahomet, est, s’il refuse le jihad, d’accepter le reniement identitaire et religieux que son refus de s’engager dans le jihad constitue. Tout musulman qui prend conscience de la nature de l’islam de Mahomet – fondé indubitablement sur le jihad (lisez la biographie de Mahomet…) – n’a en réalité de choix final, s’il veut être cohérent intérieurement et ne pas voir sa conscience déchirée, qu’entre le jihad et l’apostasie.

Altercation avec Alain Juppé ou comment Alain Juppé court le risque, par incompétence et inconscience, d’islamiser la France avec son « identité heureuse »

Venu voir une autre personnalité à la sortie des studios de RTL en ce matin du 13 septembre 2016, je suis tombé par hasard (ignorant qu’il y était interviewé) sur Alain Juppé qui en sortait. J’avoue ne pas avoir résisté à l’envie de lui poser la question de savoir s’il avait lu le Coran. Je précise que l’échange qui a suivi a eu lieu en public devant une quinzaine de personnes qui faisait la queue devant l’entrée de RTL.

Vous connaissez sans doute la haute opinion qu’Alain Juppé a de lui-même, issu – il ne l’a visiblement guère oublié – des plus grandes écoles élitistes de notre pays : eh bien, j’ai en été ce matin le témoin vivant. Car, à ma question, Alain Juppé a confirmé les propos qu’il tenait il y a un an dans les colonnes du Parisien : « Lire le Coran, c’est difficile ». Face à ce propos stupéfiant, car le sens du Coran est très clair pour quelqu’un qui se penche un peu sérieusement sur la question, je lui ai répondu que cela était en réalité facile et que, sur un sujet aussi important, un homme de son calibre et qui prétend aux plus hautes fonctions ne soit même pas capable de s’investir était lamentable.

Bien évidemment, Alain Juppé, grand ami de Tareq Oubrou, est monté sur ses ergots avec le plus grand mépris m’accusant de « sectarisme » (ne sachant même pas quel était le sens de mon propos), m’accusant d’incompétence sur le sujet et me faisant la leçon : « J’ai la prétention de connaître beaucoup mieux les musulmans que vous ! ». Il est d’ailleurs intéressant de noter comment Alain Juppé peut sortir de ses gonds lorsqu’on peut facilement lui démontrer objectivement son incompétence, lui qui veut toujours se présenter comme le « sage » qui domine la mêlée.

L’échange s’est terminé sur un rejet hautain et je lui ai proposé, puisque celui-ci mettait en cause ma compétence, d’organiser pour nous deux un Q.C.M. sur l’islam pour juger de nos connaissances respectives : il n’a pas donné suite. Mais pour revenir sérieusement au fond de l’affaire, il est instructif de lire les 4 propositions d’Alain Juppé pour 2017 sur le sujet de la « radicalisation » :

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Comme vous le voyez, aucune réflexion sur les racines doctrinales du terrorisme musulman, ce qui est logique puisqu’Alain Juppé ne maîtrise absolument pas l’enjeu que représente l’islamisation de notre pays et ne comprend pas en quoi consiste la « radicalisation » puisqu’il n’a jamais lu la biographie de Mahomet.

« Sanctionner la consultation des sites jihadistes » ? La belle affaire ! D’abord passons sur la notion de « consultation habituelle » dont on ne sait pas ce que cela veut dire : pour une personnalité qui prétend volontiers donner des leçons de droit, on est un peu étonné. Ensuite, les revues jihadistes sont disponibles sur des sites qui ne sont pas des sites jihadistes : comment va-t-on faire la différence ? En fonction du site que l’on consulte ? C’est d’ailleurs se priver d’une source de documentation importante pour comprendre la logique des terroristes (demandez à Alain Bauer). Si vous voulez lutter contre votre ennemi, vous devez comprendre sa logique et ses ressorts : faut-il poursuivre les spécialistes de l’islam qui consultent ces documentations ? Enfin et surtout, la bonne question à se poser est : pourquoi cette propagande fonctionne-t-elle ? Ne serait-ce tout simplement pas parce qu’elle plonge sa justification au cœur même de l’islam le plus authentique, celui de Mahomet, que les mouvements salafistes remettent à l’ordre du jour ?

Ce qui rejoint le thème abordé par la proposition suivante : « Diffuser un contre-discours laïc sur internet pour lutter contre la propagande » : mais alors, où est passé l’islam de France ? N’est-ce pas à lui de fournir ce contre-argumentaire dont il s’est chargé dans le cadre de l’Instance de dialogue instaurée avec le gouvernement ? En réalité, l’islam de France en est incapable car les textes cités pour les fondamentalistes et leur lecture (simple au demeurant) sont justes. Par ailleurs, proposer un contre-discours « laïc » à une démarche guerrière religieuse n’a aucun sens, Alain Juppé ne l’a toujours pas compris.

Alors disons aux Français : voilà un homme dont l’arrogance le conduit à s’enferrer dans son erreur, car il ne comprend pas l’islam, et dont la suffisance l’empêchera – n’en doutons pas – de faire marche arrière et de changer d’avis sur son utopique « identité heureuse ». C’est oublier que l’identité française s’est construite dans le sang et dans les larmes. Et n’oublions pas qu’Alain Juppé est un des éminents responsables de la façon dont l’immigration a été gérée en France. Donc Français, si vous envisagez de l’élire, réfléchissez bien !

Pour l’imam Hassan Iquioussen, le terrorisme musulman est un faux problème

L’imam Hassan Iquioussen, proche de l’Union des Organisation Islamiques de France (U.O.I.F.), très présent sur internet, semble être un grand adepte de la takiya, et même bien au-delà, du mensonge. Celui-ci déclare dans une vidéo postée sur youtube début septembre 2016, « Alors, au lieu de parler des vrais problèmes de la société, notamment le chômage, la précarité, on crée des faux problèmes : le burkini, maintenant l’islam radical et politique, et peut-être demain encore des attentats ; et on va surfer sur la vague du terrorisme islamiste ».

hassan-iquioussen-septembre-2016

hassan-iquioussen-septembre-2016

Les victimes de Charlie Hebdo, de l’Hyper cacher, du Bataclan, de la Promenade des Anglais, etc. apprécieront la légèreté et la délicatesse du propos.

Hassan Iquioussen est un fidèle des Frères musulmans si l’on en croit son site http://www.hassan-iquioussen.fr/ où figure en bandeau de bienvenue une sentence du fondateur égyptien de la confrérie des Frères Musulmans Hassan al-Banna, grand-père de Tariq Ramadan :

Hassan Iquioussen Site 2

Dans un discours de 1939, Hassan al-Banna expliquait sa vision globalisante de l’islam qui conduit tout droit à l’application de la loi islamique, la chari’a, partout où l’islam s’implante : « Nous, Frères musulmans, considérons que les préceptes de l’islam et ses enseignements universels intègrent tout ce qui touche l’homme en ce monde et dans l’autre, et que ceux qui pensent que ces enseignements ne touchent que l’aspect cultuel ou spirituel, à l’exclusion des autres, sont dans l’erreur. L’islam est en effet foi et culte, patrie et citoyenneté, religion et État, spiritualité et action, Livre et sabre. Le noble Coran parle de tout cela, le considère comme substance et partie intégrante de l’islam, il recommande de l’appliquer globalement. (…) Les Frères musulmans ont fréquenté le Livre de Dieu, s’en sont inspirés et guidés et sont arrivés à la conclusion que l’islam était cette conception totale, à portée universelle et qui devrait régir tous les aspects de la vie. (…) Si la nation n’est musulmane que dans son culte, suivant pour le reste d’autres modèles, cette nation passe à côté de l’islam. (…) Il importe de comprendre l’islam comme l’ont compris les compagnons et leurs successeurs de bonne souche. (…) Il faut puiser les lois islamiques que la nation prend pour référence à cette source pure, la source du premier jaillissement. »

Hassan Iquioussen, bien que né français grâce au droit du sol, ne semble donc guère attaché à tout ce qui fait la France puisque, sans du tout s’en cacher, il prône en réalité l’établissement de la chari’a qui est la conséquence normale de la supériorité musulmane sur les non-musulmans, supériorité qu’il affiche fièrement en mettant en bandeau sur son site ce slogan à l’attention de ses coreligionnaires musulmans :

Hassan Iquioussen Site 1

Cela étant, ce slogan est un slogan applicable à l’ensemble de la communauté musulmane puisqu’il n’est que la stricte application du Coran :

Sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

La France est ainsi un pays merveilleux où vous pouvez librement revendiquer votre filiation idéologique active avec un groupe terroriste musulman, qui a largement alimenté en ce sens la chronique de l’histoire mondiale, faire de la propagande négationniste à propos du terrorisme musulman, sans que cela ne déclenche les foudres de officines de défense des droits de l’homme (LICRA, LDH, et Cie) – car je prends devant vous le pari que cet imam ne sera jamais poursuivi par aucune de ces officines pour incitation à la haine contre les Français de souche (blancs et anciens colonisateurs de préférence) –, alors que la critique de l’islam conduit semble-t-il de plus en plus souvent à des démêlés judiciaires ou médiatiques (CSA) grâce au protéiforme délit d’islamophobie. Deux poids, deux mesures : la France est-elle malade de la peste ?

Éduquer la jeunesse française sur l’islam sans lui mentir : un numéro d’acrobate

S’il y a bien une rengaine qui peut paraître à la longue pénible aux lecteurs de ce site, c’est bien la répétition de mes injonctions à aller lire soi-même les textes sacrés de l’islam, et en particulier la biographie de Mahomet d’Ibn Hîcham. Sans cette lecture, il est impossible de se rendre compte de la réalité de la doctrine musulmane, et de comprendre sa cohérence au regard de la vie de Mahomet, homme de guerre qui a instrumentalisé la religion au profit d’un projet personnel de conquête du pouvoir ; ce qui n’empêche pas qu’il y ait pu avoir de la « bonne foi » chez lui dans sa folie, étant persuadé être « inspiré » par Dieu (car, jusqu’à preuve du contraire, Dieu n’a pas confirmé). En outre, la lecture de ces textes est le seul moyen de s’assurer par soi-même que la vision proposée par les uns ou les autres (y compris par votre serviteur) est juste ou pas.

Les éditions Belin pour cette nouvelle rentrée scolaire exposent dans leur manuel pour la 5ème une initiation à l’histoire de l’islam.

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Cette initiation présente comme textes fondamentaux de l’islam : le Coran, les hadiths et la biographie de Mahomet. C’est tout à fait juste.

Belin 2016 2

Il est intéressant de voir confirmé, à l’attention du grand public – et bien au-delà donc des spécialistes –, le statut de ces trois sources, et surtout celui de la Sîra, biographie de Mahomet rédigée par Ibn Hîcham, puisque si le terme « biographies » est au pluriel dans le manuel, la Sîra, seule mentionnée, dépasse toutes les autres au point de constituer la biographie « officielle » et incontestée de Mahomet pour les musulmans.

Tariq Ramadan a déjà confirmé ce statut primordial puisqu’il commence sa propre biographie de Mahomet (éditions Archipoche) par ces deux premières phrases de l’introduction : « On ne compte plus les biographies du Prophète de l’islam. Des sources classiques, comme celle d’Ibn Ishâq ou Ibn Hîcham,… ». [NB : la biographie d’Ibn Hîcham est une recension de la toute première biographie d’Ibn Ishâq : il ne s’agit donc pas de deux biographies différentes mais du même document]

Il est vrai que beaucoup de biographies de Mahomet ont été écrites, souvent à caractère hagiographique (comme celle de Tariq Ramadan qui passe sous silence plusieurs épisodes « délicats » et à l’inverse invente beaucoup d’éléments invérifiables, notamment sur les intentions cachées des uns ou des autres), alors que la Sîra d’Ibn Hîcham possède une authenticité incomparable, presque « factuelle ».

S’il est difficile de présenter la question de l’islam à de jeunes élèves de 5ème, comme toute question religieuse, la lecture de ce manuel est intéressante à plusieurs titres :

  • Le remplacement du nom de Mahomet par Mohammed

Belin 2016 3

Mahomet est le nom utilisé depuis des siècles en France pour désigner le fondateur de l’islam. Il n’y a rien là de dégradant ni de stigmatisant. La France a « francisé » (et à une certaine époque latinisé) depuis longtemps des noms propres (noms, prénoms, villes, régions) pour des raisons variées. Les exemples sont nombreux. Évidemment, la francisation a également concerné les noms arabes dont il fallait bien trouver un équivalent en alphabet latin et dont la prononciation soit facile en France.

Le remplacement, et non l’adjonction du nom de Mohammed (ou Muhammad dans d’autres ouvrages), n’est pas anodine : en effet, pourquoi les musulmans s’offusqueraient-ils de l’utilisation du nom de « Mahomet » alors que les juifs ne se plaignent pas de l’utilisation du nom « Moïse » en lieu et place du prénom juif « Moché » ? Les Arabes respectent-ils par ailleurs de leur côté parfaitement la phonétique des noms ou prénoms étrangers ? Moché est désigné par « Moussa » en arabe et Jésus (tiré du « Iesous » grec) est rendu par « Issa » en arabe. À ce compte-là, il faudrait également modifier les noms de La Mecque et Médine…D’ailleurs cette question n’est pas musulmane mais liée à la langue arabe (n’oublions pas que tous les arabes ne sont pas musulmans). Mais l’islam de France instrumentalise cette question linguistique pour en faire une question identitaire musulmane, ce qu’elle n’est pas.

Ce refus d’employer ou de mentionner le nom habituel de « Mahomet » semble s’inscrire en réalité dans l’affirmation de l’identité arabo-musulmane au sein des programmes scolaires de la République et en opposition directe avec la tradition culturelle française. C’est une affirmation identitaire à laquelle les éditions Belin ont décidé de se soumettre.

  • La vie de Mahomet

La vie de Mahomet est évoquée dans l’encart ci-dessus en quelques dates succinctes, ce qui n’a rien de choquant en soi étant donné que l’on s’adresse à de jeunes élèves. La question que pose en réalité cet enseignement est de savoir si, ultérieurement, les programmes de l’Éducation Nationale contiendront des informations beaucoup plus circonstanciées sur les dits et les actes du prophète de l’islam, tirés des textes musulmans eux-mêmes – textes incontestés en islam – et non issus d’un Occident ennemi, car sinon cette courte présentation pourrait laisser penser qu’une similitude est possible avec le Christ ou Bouddha par exemple, ce qui constituerait un rapprochement totalement erroné.

En effet, comment l’Éducation Nationale compte-t-elle enseigner le fait religieux sans revenir en détail sur la vie de Mahomet dans la mesure où celui-ci sert de modèle à tous les musulmans ? Cela devrait être impossible. Il y a pourtant fort à parier que ce ne sera pas le cas et que les événements pouvant mettre en cause la respectabilité ou la démarche spirituelle du prophète de l’islam seront tus dans les manuels scolaires occidentaux : antisémitisme (et antichristianisme) viscéral, caractère manifestement guerrier et offensif de l’islam avec le jihad, manque de considération de Mahomet pour les femmes, sexualité du prophète (9 femmes en même temps, défloration de la petite Aïcha à 9 ans , ce qui est loin d’être une anecdote sans importance puisque ce fait bien connu dans les pays musulmans autorise de facto le mariage forcé de très jeunes filles à des adultes), etc. ?

Car comment simplement évoquer ces données fournies par les textes musulmans eux-mêmes sans passer pour un abominable islamophobe ? La sauvagerie de Mahomet est loin d’avoir été la pire parmi tous les grands conquérants ou hommes de pouvoir que compte l’histoire du monde, mais il est sûr qu’elle n’a rien à voir avec une démarche spirituelle détachée du souci de la puissance temporelle.

En revanche, on peut noter que les éditions Belin font état des « critiques » dont Mahomet est l’objet, ce qui est juste puisque Les Mecquois pensaient qu’il était fou et possédé (« majnûn ») par les djinns et qu’ils se moquaient de sa prétention à devenir leur chef. Il n’est donc pas fait mention ici, à juste titre, de la traditionnelle victimisation brandie habituellement sur la base d’horribles « persécutions » à La Mecque qui n’ont en réalité pas eu lieu.

  • L’attitude du calife Omar

Belin 2016 4

Cet encart est celui qui paraît le plus délicat au sein des quelques pages de ce manuel car on peut faire de ce texte musulman deux lectures très différentes :

–  Une lecture superficielle, sans s’arrêter sur la dernière phrase : les musulmans sont décrits sous un jour pacifique et respectueux des autres religions ;

–  Une lecture plus approfondie décortiquant le sens véritable de la dernière phrase relative au paiement de l’impôt, qui renvoie directement en islam au statut de « dhimmi » et donc à toute la conception inégalitaire des communautés humaines en islam, l’islam étant par définition « la meilleure communauté » parmi les hommes :

Coran, sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. (…)

Car de quoi s’agit-il ? Il n’y a aucune magnanimité dans le comportement d’Omar. Si le calife Omar a épargné la vie des chrétiens – après un siège de 6 mois destiné à affamer les habitants –, c’est parce que c’était la condition posée pour la reddition sans combat de Jérusalem. Omar n’a fait que mettre en pratique une des possibilités offertes par l’islam pour traiter les gens du Livre (ici les chrétiens), qui figure de façon explicite dans le Coran, c’est-à-dire la vie sauve contre la soumission à l’islam et l’humiliation, ainsi que le paiement d’un impôt spécifique (pour les autres non-musulmans, c’est la conversion ou la mort) :

Coran, sourate 9, verset 29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation [la jizya] de leurs propres mains après s’être humiliés.

La contrepartie de la vie sauve est le statut d’homme inférieur, de « dhimmi », non-musulman (juif ou chrétien) soumis à l’autorité musulmane, qui n’est pas l’égal en droit du musulman mais doit au contraire être humilié dans sa vie quotidienne par les règles (habillement, justice, construction d’édifices religieux, interdiction d’épouser une musulmane,…) que lui impose l’islam – pour que lui soit rappelé constamment son statut d’inférieur –, et qui doit payer un impôt particulier (la jizya) à la société musulmane. On pourrait rentrer dans une longue analyse de l’intérêt financier qu’a présenté dans l’histoire le statut de dhimmi pour la communauté musulmane et l’intérêt pour les musulmans de ne pas voir trop de conversions au sein des dhimmis afin de maintenir des sources de financement, mais ce serait trop long dans le cadre de cet article.

L’ambiguïté du texte – l’impôt n’étant pas spécifié comme imposé spécifiquement aux dhimmis, on pourrait facilement imaginer que les musulmans le paient aussi – peut conduire à un grave contre-sens sur la signification de cet événement et le rapport de la communauté musulmane aux autres communautés. Le risque est grand, surtout dans la dictature du politiquement correct imposé par la bien-pensance d’aujourd’hui, d’éviter les sujets qui fâchent pour en rester à une vision angélique de la nature de l’islam.

Dans le contexte du terrorisme musulman que l’Occident connaît depuis des années et qui nécessite un contre-discours que l’islam de France se révèle incapable de produire (puisque ce terrorisme se fonde sur les textes sacrés de l’islam même avec une clarté difficile à contester), il est regrettable que le passage choisi ne conduise pas à une interrogation plus explicite et plus franche sur le sens du « vivre-ensemble » que l’on semble vouloir imposer coûte que coûte aujourd’hui. Jusqu’à preuve du contraire, l’islam propose un modèle de société religieuse radicalement différent et incompatible sur de nombreux points avec les valeurs occidentales : il suffit juste de déterminer, en connaissance de cause, quel modèle on veut.

CONCLUSION

L’enseignement du « fait religieux », comme on dit de nos jours, à l’école ou à l’université est un exercice difficile qui demande la plus grande rigueur et la plus grande honnêteté intellectuelle.

Sans ruiner l’effort pédagogique des éditions Belin, il est clair néanmoins que l’établissement de la vérité nécessitera dans le cours des études et à des âges plus avancés des rectifications sérieuses, fondées, il faut le rappeler, sur ce que les textes sacrés musulmans eux-mêmes disent de Mahomet, de sa vie, de l’islam.