Comment être musulman aujourd’hui ?

L’émission de France 2 « Islam » du 1er avril 2018 était consacrée au thème « comment être musulman aujourd’hui ? ». L’islam étant la seule religion à alimenter régulièrement le terrorisme religieux dans le monde entier depuis de nombreuses années, il est logique que cette situation finisse par susciter quelques interrogations chez tous les non-musulmans quant à la nature de l’islam et aux messages inconsistants que les médias délivrent à ce propos. Mais ce débat s’impose aussi chez les musulmans comme en témoignent les intervenants de cette émission.

  • La tentation du salafisme

Face aujourd’hui à une multitude d’interprétations fournies par toutes sortes d’imams, les musulmans semblent perdus lorsqu’il s’agit de définir l’essence de leur religion et certains tentent de se raccrocher à un islam qu’ils pensent être le seul stable et véritable : l’islam de Mahomet et de ses Compagnons et autres pieux anciens appelés « salafs ».

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« Chez un certain nombre de musulmans aujourd’hui – et disons cela a été très marqué durant le XXème siècle – il y a eu la volonté de revenir à l’exemple des pieux anciens, ce qu’on appelle donc les « salafs », et peut-être même parfois à idéaliser cette époque (…). »

Le salafisme semble donc bien être une des illustrations du désarroi qui règne aujourd’hui chez les musulmans quant au sens qu’ils donnent à leur propre religion.

  • Un passé idéalisé

Comme le souligne l’intervenant, ce passé peut être idéalisé, et l’est en réalité en permanence si on le compare à la réalité de l’histoire musulmane telle que les sources musulmanes elles-mêmes la décrivent. En effet, Mahomet a été incapable de proposer une doctrine cohérente et de haute tenue spirituelle à ses partisans (d’où notamment le principe stupéfiant et aberrant de l’abrogation, innovation majeure permettant de modifier la doctrine de l’islam au gré des vicissitudes de l’histoire de Mahomet), et n’a pas été en mesure d’avoir un successeur en dépit d’une sexualité qu’on qualifierait aujourd’hui d’obsessionnelle (ayant eu jusqu’à neuf femmes en même temps). Le monde musulman s’est ainsi trouvé à sa mort dans un grand désarroi qui a conduit très rapidement à ce qui est appelé la première grande « fitna » ou grande « discorde » entre les musulmans,

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« Il y a eu de grandes épreuves au sein du monde musulman : on pense en particulier à la première fitna, la première grande guerre civile, où il n’était pas du tout clair de savoir qui était vraiment dans la direction droite et qui était dans l’erreur. »

Ce capharnaüm ainsi que la mort violente de 3 des quatre premiers califes ne laissent pas d’étonner pour une religion dite d’amour et de paix et revendiquant détenir toute la sagesse jusqu’à la fin des temps dans un Coran « parfaitement clair et explicite ».

  • Un état des lieux inquiétant

Dans un tel contexte, il est logique que la question du sens de l’islam se pose encore aujourd’hui aux musulmans eux-mêmes, en dehors de la seule chose qui paraisse claire : les valeurs de l’islam étant incompatibles avec les principes des sociétés sécularisées, toute cohabitation dans une société sécularisée impose un abandon contre nature de certaines valeurs et pratiques de l’islam (polygamie, statut des femmes, laïcité, etc.) qui révulse l’islam orthodoxe et qui rend cet « essai de conciliation » – selon le terme du reportage – particulièrement pénible et douloureux.

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« Beaucoup de croyants, en particulier ceux des communautés vivant dans des pays non musulmans, essaient de concilier la pratique de leur foi avec les lois et les règles qui régissent les sociétés sécularisées. »

Toutefois, le déni qui entoure souvent cette question pourtant fondamentale aboutit à des réflexions surprenantes : ainsi, comme évoqué dans l’émission, comment l’islam pourrait-il être l’otage de sa propre idéologie puisque les idéologues et les doctrinaires s’appuient précisément sur les textes sacrés de l’islam, en usant de la lecture la plus simple qui soit, la lecture littérale ? Pourquoi, alors que sens premier des textes est tout à fait clair, faudrait-il inventer des interprétations saugrenues qui lui fassent dire finalement le contraire de ce que tout le monde comprend ? Voyage en absurdie…

Le goût du mythe merveilleux : la maison de Bagdad

Dans le cadre d’un cycle de conférences organisé par la Société des Amis de l’I.M.A., Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin, est revenu en octobre 2016 sur le sens du mot « jihad ». Ghaleb Bencheikh est une personnalité cultivée mais qui semble avoir un penchant avéré pour l’enjolivement des faits. Il évoque ici avec nostalgie la « maison de Bagdad » où, dans les temps anciens, étaient censés discuter librement et dans un esprit de tolérance  musulmans, juifs et chrétiens.

Amis IMA Jihad 161010 Maison sagesse Bagdad

Or, cette description, qui fait partie des mythes récurrents de l’islam (de même qu’al-Andalus, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir prochainement), est tout à fait fausse comme l’indiquait clairement en 2017 un spécialiste musulman sur le plateau même de l’émission précédemment citée ( http://islametoccident.fr/?p=3701 ).

L’islam, qui affiche clairement dans le Coran sa supériorité sur tous les autres groupes humains, est une idéologie religieuse et politique par nature incapable de concevoir un système social ou politique mettant réellement et structurellement à égalité toutes les communautés, en acceptant par conséquent tous les débats. Le monde musulman contemporain en est la démonstration accablante.

Jules Monnerot : un grand prophète !

Jules Monnerot, sociologue français, publia pour la première fois en 1949 un livre important : « Sociologie du communisme ».

Dans cet ouvrage, Jules Monnerot analyse notamment la proximité idéologique entre l’islam et les grands totalitarismes du XXème siècle, principalement le communisme, qualifié d’« islam du XXème siècle ». La clarté et la profondeur de son propos, alors que le monde est à cette époque à peine sorti de la deuxième guerre mondiale, que Staline règne en maître et que l’islam n’a pas encore la place qu’il a acquise de nos jours en Europe suite aux vagues d’immigration massives (Afrique du Nord, Turquie, Pakistan, etc.), justifient amplement qu’on y revienne aujourd’hui, la clairvoyance de nombre de constats et la description prémonitoire des difficultés que nous connaissons à cette heure en Europe étant impressionnantes, ceci présageant bien mal de l’avenir de cette Europe d’aujourd’hui, dont une part est devenue déracinée, décervelée et hébétée.

  • La confusion du religieux et du politique

Avec beaucoup de bon sens, Jules Monnerot rappelle une évidence : la confusion du religieux et du politique dans l’islam (pratiquée d’ailleurs depuis toujours dans les pays musulmans), caractéristique qu’il étend au communisme.

« L’islam nous a légué le modèle d’une société où le politique et le sacré sont confondus. Le Coran était la règle indissolublement religieuse, politique et civile. Les infidèles ne pouvaient être que des tributaires. Ils étaient objets de l’histoire et du droit, non sujets. L’empire ottoman se contenta de leur prendre leurs enfants pour en faire des janissaires. Pendant la grande période conquérante, ce qu’il y avait dans l’islam d’État, au sens que nous donnons à ce mot, participait de la doctrine sacrée du prophète, était le corps, la chair et la vie de la doctrine. »

« Cette confusion du politique et du religieux fut une des caractéristiques majeures du monde islamique : elle permet à des chefs d’État d’agir en dehors des frontières de leurs États en tant que « commandeurs des croyants » (Emir al muminim). Ainsi des khalifes ont disposé d’instruments dociles, d’âmes damnées, partout où il y avait des hommes qui relevaient de leur autorité. Les frontières territoriales, par lesquelles certains de leurs sujets semblent leur échapper, ne sont que des obstacles matériels (…). »

« De manière assez comparable à ce qui se produisit lors de l’apparition de l’islam, le « communisme » se présente à la fois comme religion séculière et comme État universel. (…) Religion séculière, il draine les ressentiments, organise et rend efficace les impulsions qui dressent des hommes contre des sociétés où ils sont nés, il travaille obstinément à entretenir, favoriser, accélérer cet état de séparation d’avec elles-mêmes, et de sécession d’une partie de leurs forces vives qui précipite les rythmes de la dissolution et de la destruction. »

« Ces religions n’ont pas de frontière. La Russie soviétique, qui n’est que le centre géographique d’où rayonne l’expansion communiste, ne peut admettre de frontières que provisoires. Les frontières de l’expansion russe ne tracent jamais à cet « islam » en marche que des limites temporaires. Le communisme, comme l’islam conquérant, ignore la distinction du politique et du religieux (…). »

  • Comment se présenter comme « la » vérité

Pour la Russie communiste, comme pour l’islam, il n’existe d’autre vérité que la sienne. La transposition entre communisme/marxisme, national-socialisme et islam coule de source, l’ « Oumma » (communauté des croyants musulmans) étant une sorte d’équivalent de la « patrie » totalitaire.

« Pour l’homme cultivé d’Europe ou d’Amérique, s’il n’est pas communiste, le communiste est un fanatique religieux au service d’un empire en expansion qui tend à la domination mondiale. Aux yeux des communistes, il n’en est pas ainsi : l’avènement du communisme est « ce qui doit arriver » : toute l’histoire, tout le passé humain ne prend de sens que par ce fait futur. Le communisme est en marche. La religion n’est religion que pour les autres. Pour le religionnaire, elle n’est que la forme la plus haute de la vérité. Aux yeux du vrai croyant, il n’y a plus de Russie, mais ce croyant ne croit pas qu’il est croyant : il est en possession de la vérité, c’est-à-dire qu’il prend « ce qui le possède » pour la vérité. On le voit saisi pour cette « vérité » d’un attachement actif que la vérité (dans la science) n’a pas coutume d’inspirer, et qu’elle ne demande pas. Le communisme est une confession et cette confession a quelque chose comme une patrie ; de ce fait, une telle patrie n’est pas une patrie comme les autres. Le communisme est à la Russie soviétique comme à l’empire abbasside la religion islamique : ce n’est qu’une comparaison, mais nécessaire : le communisme n’est pas un « parti nationaliste étranger », c’est une secte religieuse de conquérants du monde pour qui la Russie n’est que la position fortifiée à partir de quoi on livre bataille. »

« Le marxisme est pour le présent une doctrine de la prédestination sociologique (…) et, pour le futur, un messianisme de l’espèce humaine. C’est que, hors du prolétariat, il n’est point de salut. Tout se passera sur terre. Le peuple élu, le prolétariat opprimé verra le châtiment de ses oppresseurs. (…) Mais il ne s’agit pas d’attendre la réalisation de la promesse : il faut y travailler. Et des échecs, il n’y a jamais que cette conclusion à tirer : le moment n’était pas venu, les temps n’étaient pas mûrs. » (discours rappelant étonnamment celui de l’État Islamique)

« En tant qu’« islam », et l’entreprise russe communiste, et l’entreprise pangermaniste « aryenne » ont subordonné en principe le monde entier qu’elles veulent régir à cette « participation mystique » d’une « orthodoxie » et d’un peuple historique (surtout de la suprême élite de ce peuple, en qui s’incarne la « race » dans le système hitlérien, et la doctrine marxiste, c’est-à-dire la « science », dans le système russe). » (en dépit de la visée universelle de l’islam, rappelons la primauté et le prestige de la branche arabo-musulmane – descendante de Mahomet – ainsi que la prétention scientifique de la doctrine musulmane, le Coran étant prétendument un livre explicite sur toutes choses et qui se trouve à l’origine de tout, d’où les élucubrations hallucinantes de certains imams)

« Dans le national-socialisme allemand, comme dans le communisme, il y avait conjonction d’une tyrannie politique, d’un « islam » [conjonction conquérante d’une religion et d’un peuple], et d’une « doctrine de la prédestination ». » (cf. les visions eschatologiques de l’islam, fréquemment invoquées par les fondamentalistes musulmans pour justifier la violence dans le cadre d’un châtiment divin intervenant dès ici-bas) 

  • Une idéologie névrosée

Islam et communisme mobilisent à leur profit névrose, frustration et irrationalité pathologique affective, mais les Occidentaux ne comprennent pas qu’on ne lutte pas naïvement contre ce type d’idéologie avec les seules ressources de la saine raison, du bon sens ou de l’enrichissement matériel par l’élévation du niveau de vie économique. Nous sommes par-delà le bon sens et la raison.

« Le marxisme peut être utilement comparé aux conséquences névrotiques qui se développent à partir d’un traumatisme affectif : il y a rationalisation de l’expérience, naissance d’une Weltanschauung et d’une praxis qui se développent à partir de l’événement traumatisant (le drame de la prolétarisation). » (transposé en France aujourd’hui en drame de la colonisation et dont il s’agit maintenant de se se venger, ce droit à la vengeance étant exercé au nom de la « victimisation » dans tous les domaines, et en particulier dans celui de la liberté d’expression qu’il convient de bâillonner afin de l’empêcher de s’élever contre le changement de civilisation qui s’opère)

« (…) les voies invisibles par lesquelles le nouvel « islam » draine les ressentiments du monde dont il a juré la perte ; des armes, d’une efficacité meurtrière pourtant sans précédent, peuvent être désarmorcées grâce aux techniques lentes de drainage des ressentiments et de dérivation des agressivités. »

« On n’a pas besoin de partager toutes les vues de Freud sur l’inconscient pour lui accorder qu’en pareil cas les motivations réelles sont hors de portée, c’est-à-dire que le communiste continue à être communiste tout comme l’obsédé individuel continue à être obsédé en dépit des arguments qu’on lui donne, et qui « devraient » faire évanouir son obsession – si, précisément, il n’était un obsédé. Le domaine de la communication des idées est un domaine limité. L’anomalie mentale ou la religion séculière continuent des barrières contre lesquelles se heurte notre désir de communication universelle. Les fondements d’une fraternité humaine fondée sur l’intelligence sont alors battus en brèche. »

« Ce qu’on nomme idéologie n’est rien d’autre qu’un système passionnel ou délirant, collectif. (…) Le communisme du religionnaire communiste est d’ordre « symptomatique », il a un autre sens que le sens intellectuel ; il représente en fait tout autre chose que ce pour quoi il se donne ; en ce sens par rapport à un tel « sujet », le « communisme » est un « syndrome ». On voit jouer avec une très grande netteté le mécanisme bien connu de la passion : tout ce qui est affecté d’une valeur est entraîné dans l’orbite de l’« objet » aimé et se met à participer de cet objet (c’est la « cristallisation ») ; on adhère au marxisme parce qu’il est « vrai », ou « scientifique » ; on soutient l’Union soviétique parce qu’elle est « socialiste », qu’elle est une « société juste ». Le communisme et le communiste ont réponse à tout. (…) Chez le religionnaire se manifestent exclusivisme et monomanie ; l’activité du sujet se concentre et s’unifie tandis qu’elle concourt avec un grand nombre d’activités de même nature dirigées dans le même sens. Les énergies accumulées tendent à ne se décharger que dans un sens. Le « blocage de l’esprit sur un petit nombre d’idées », favorable au succès pratique, s’accompagne souvent de « manifestations de mythomanie généralisée et contagieuse » et de rêves éveillés d’extermination. Des représentations qu’aucun démenti de l’expérience ne peut réduire soumettent les faits à une déformation systématique, les infléchissant et gauchissant toujours dans le même sens. Il y a confusion partielle du désir et de la réalité : on ne fait plus le départ entre ce qui est et ce qu’on voudrait qui soit, entre la formation du réel par les actes des hommes et la formation des idées sous la pression du désir. »

« La vie moderne, surtout dans les grandes villes, est vulnérante : il y a un point à partir duquel l’homme frustré, quelles que soient les apparences dociles qu’il garde, est un homme irréconciliable. Il ne pourra plus être un révolté les ressorts de la révolte sont brisés. (…) Les religions séculières qui les agglomèrent les réintroduisent dans la social et les arrachent à la déréliction. (…) Il arrive que l’homme frustré, à partir du point où il est devenu incapable à la fois de révolte et de réconciliation, « tire un trait », comme celui qui sépare du résultat les chiffres d’une addition. Le compte en est arrêté, le montant en est trop élevé pour pouvoir être réglé dans ce monde comme il va. Ce qui a offensé l’offensé, humilié l’humilié, est devenu inexpiable. (…) L’homme irréconciliable, tiré désormais à un nombre suffisant d’exemplaires, est prêt à placer son ressentiment comme un capital. Il consent alors à une « conjuration », à un « islam » comme une délégation générale des injures à venger et des revanches à prendre. »

« Le mythe agit dans le domaine de l’énergie affective, le dogme dans le domaine intellectuel de l’organisation, de la justification, de la rationalisation ; le dogme, c’est l’idéologie fixée et comme statufiée : il tend à « objectiver » des idées qui n’auraient pas pu être produites sans la foi et qui acquièrent, devenues dogme, une sorte de force autonome, d’existence sociale pour elles-mêmes. Les propositions du dogme peuvent être autant de jugements qui doivent être suivis d’exécution. C’est ainsi qu’une fois totalement investi par un dogme nouveau, plus d’un croyant finit par se réveiller bourreau et devenir exécuteur. On ne discute pas le dogme, on dispute du dogme. Alors que toute proposition scientifique dans nos sociétés passe pour se défendre elle-même, le dogme a besoin d’être armé, le dogme a besoin d’être défendu, le dogme a peur, seules les persécutions le rassurent. (…) Les dignitaires d’une association dogmatique et les porteurs militants du dogme s’identifient affectivement à celui-ci et sont comme blessés dans leur chair par des coups portés au dogme, et s’ils se sentent confusément (ils ne sauraient guère le constater clairement) battus sur le plan intellectuel, tendent à prendre, s’ils le peuvent, sur le plan physique, une revanche sans réplique. »

  • L’organisation de la prise du pouvoir

Reste alors à prendre le pouvoir pour imposer « sa » vérité en recrutant des troupes parmi les déclassés et marginalisés, en s’assurant du concours aveugle des idiots utiles de l’intelligentsia, en s’assurant de la neutralité bienveillante – parfois inconsciente – d’individus détenant des positions clefs.

« Le type d’armée que Lénine préconise est adapté à ce type de guerre non militaire que connaît le XXème siècle : « Il faut que nous ayons partout des hommes…dans toutes les couches sociales, sur toutes les positions permettant de connaître les ressources du mécanisme de l’État…il nous faut de tels hommes, non seulement pour la propagande et l’agitation, mais encore et surtout pour l’organisation ». »

« Les révolutionnaires professionnels, avant la révolution d’Octobre, étaient en Russie des hommes exclus de la production et du droit. Un premier séjour en prison leur rendait ou très difficile ou impossible l’intégration ultérieure à la société tsariste. Ils étaient enfermés par l’Okhrana dans son destin de révolutionnaires. (…) La société tsariste par ses procédés mêmes de défense tendait à créer en marge d’elle-même le « milieu » révolutionnaire. En les chassant de la société, elle enlevait à ces hommes toute perspective autre que la destruction de cette société. »

« Grâce à une série de déformations et simplifications qui en feront une nourriture affective plus assimilable, le marxisme répondra mieux aux besoins de ceux qu’il exalte. (…) L’élan de cet « islam » nouveau [le communisme] risquerait d’être brisé s’il ne trouvait au dedans de la citadelle les transfuges qui doivent ouvrir les portes. D’où l’importance attachée dès l’abord aux « intellectuels » par les bolcheviks, intellectuels eux-mêmes, et qui avaient renversé un régime parce qu’ils avaient su trouver (ou du moins ils le pensaient) « la théorie juste ». Tout se passe comme si les bolcheviks n’avaient jamais douté qu’à la destruction de la bourgeoisie la bourgeoisie dût prêter son concours, que la « mauvaise conscience » bourgeoise dût seconder puissamment cette « conscience socialiste que l’Intelligentsia apportait aux ouvriers de l’ extérieur ». (…) En d’autres termes, dans l’histoire et la description du communisme, on n’a pas accordé aux sympathisants la part qui leur revenait. (…) La bourgeoisie qui se référait soit aux droits de l’homme, soit aux idées chrétiennes, ne s’est jamais tenue pour une aristocratie de naissance : elle se justifiait à ses propres yeux par le travail, le mérite ; le mécanisme psychologique des conversions bourgeoises au communisme était favorisé par la morale reçue dans la bourgeoisie elle-même, la cause des travailleurs se confondant avec la cause de la justice. À partir de l’intervention du communisme dans l’histoire, la question change ; elle devient : « la foi qui n’agit pas, est-ce une foi sincère ? » Les « sympathisants » (c’est alors que ce mot entre dans la langue) ne risquent plus d’en être quittes pour un élan du cœur. Il faudra qu’ils agissent, ou qu’ils favorisent l’action des autres ; autant dire qu’ils sont engagés dans la guerre bien qu’ils ne soient pas « bons pour le service armé » ; ils doivent concourir aux séductions de la propagande et, du dedans, à l’investissement de la « société bourgeoise ». Le cas échéant, on leur demander une complicité plus active. »

« Après la défaite allemande notamment, apparurent çà et là des hommes-satellites assujettis à l’action des communistes et non à leur pensée. D’eux, ce n’est pas une adhésion que l’on requiert : c’est un concours. Étant donnés les fonctions qu’ils détiennent, il est peu souhaitable qu’ils affichent une obédience inopportune ; cela pourrait avoir effet de les écarter de leur poste, donc de les rendre inutilisables. Peu souhaitable même que le concours qu’on leur demande s’accompagne d’une secrète mais sincère adhésion. Il est préférable qu’ils restent les bourgeois qu’ils sont, c’est ainsi qu’ils servent le mieux ; l’intérêt répond mieux de leur docilité. Ainsi inspireront-ils d’ailleurs plus de confiance à ceux-là mêmes qu’ils ne peuvent trahir que dans la mesure où ils leur ressemblent. Ces hommes-satellites sont improprement nommés « crypto-communistes ». »

  • La taqiyya

Comme il s’agit d’utiliser comme armes contre la démocratie les droits et les libertés que celle-ci offre à tous, l’ennemi doit avancer plus ou moins masqué, mais toujours menaçant vis-à-vis d’autorités tétanisées par le risque de guerre civile, en pratiquant la dissimulation (taqiyya), afin de ne pas éveiller la méfiance de la masse de la population inconsciente et ne pas risquer de perdre le soutien des idiots utiles.

« Le communisme triche toujours puisqu’il joue toujours aussi un autre jeu que celui qu’il déclare jouer. La notion même de franc jeu lui est foncièrement étrangère. C’est une caractéristique de l’ennemi à laquelle il s’adapte et qui le confirme dans le mépris qu’il porte à cet ennemi et dans la conviction qu’un adversaire qui se lie lui-même est voué à la défaite. (…) Les états-majors communistes, avant d’être les maîtres, exigent la démocratie pour avoir les mains libres : ce n’est qu’un champ de bataille. L’armée bolchevique obtient ainsi le terrain sur lequel elle sait le mieux manœuvrer, précisément parce qu’elle n’est pas démocratique. La démocratie pour elle c’est d’enlever aux adversaires le pouvoir de se concerter. Ici le système de la « fraction » fait merveille. Étant démocrates, les adversaires ne sont pas organisés ni hiérarchisés, ils n’opposent aux manœuvres concertées que dispersion et confusion. »

« Il est d’autres hommes-satellites. Mentionnons pour mémoire ces « innocents utiles » qui semblent trop utiles pour être tout à fait innocents. Faisant preuve par ailleurs d’esprit critique, ils ont d’une naïveté et d’une crédulité trop spécialisées, trop localisées, trop conséquentes pour être universellement reçues comme sincères. Ils semblent bien qu’ils ne voient que ce qu’ils veulent. Le rapport de ce qu’ils consentent à voir à ce qu’ils refusent de connaître les définit. »

« Le spectacle d’une sélection de complaisants que leur complexion porte à « se mettre en avant », et qui n’ont pas l’habitude d’analyser en termes de forces et de rapports de forces une situation historique, de déterminer la nature exacte des forces en présence, a sans doute suggéré aux communistes qu’en tout état de cause il vaut mieux, lorsque la chose est possible, choisir soi-même ses ennemis que de se les laisser imposer. (…) De fait, ils n’appréhendent rien tant que ce qui est capable de résister, de leur résister. Ce qui leur est intolérable, c’est qu’il puisse exister d’autres modes de groupements « durs » que celui qu’ils constituent eux-mêmes. De sorte que, si l’on fait si peu que ce soit mine de leur contester ce monopole, ils crient incontinent au « fascisme ». Ils ne tolèrent que les groupements où il leur est possible de trouver des complaisants. Les autres, présents ou futurs, qu’ils soient anathèmes. Ce qu’il leur faut, c’est un unique groupement de structure forte, le leur, se développant dans un milieu uniformément labile et relâché. Ils usent maintenant du chantage hitlérien qui, en son temps, stupéfia : on peut l’exprimer à peu près ainsi : « Ne pas nous laisser faire, c’est vouloir la guerre ». Les assiégeants n’ont jamais aimé que les assiégés veillent : ils les préfèrent endormis. » (cf. la lettre ouverte du Comité Contre l’Islamophobie en France adressée à Emmanuel Macron http://islametoccident.fr/?p=4243 )

L’islam peut-il se réformer ? Deux témoignages musulmans

L’émission de France 2 « Islam » du 4 mars 2018 est revenue sur la problématique du sens du Coran et donc de la lecture littérale qui aboutit assez implacablement à l’intolérance et à la violence (à défaut de la soumission des mécréants), puisque c’est précisément ce que décrit de façon factuelle la vie de Mahomet que chacun peut lire.

Cette émission a été l’occasion de poser quelques questions essentielles auxquelles les intervenants musulmans ont apporté des réponses qui semblent assez inquiétantes pour une religion qui se présente comme d’amour et de paix, notamment :

« Dans les sociétés à majorité musulmane (…), y a-t-il des lueurs d’espoir, y a-t-il une recherche qui se poursuit dans ce domaine pour sortir de l’ornière (…) ? »

France 2 Islam 180304 Comprendre islam 2 Sclerose

« Du point de vue scientifique, et donc l’islamologie savante, vous pensez qu’il vaut mieux l’adopter et l’étudier plutôt en contexte européen ? »

France 2 Islam 180304 Comprendre islam 2 Européen

L’islam est-il réellement capable de se réformer sans s’auto-détruire ? Je pense que c’est impossible, car se réformer, pour l’islam, c’est renier ses fondements doctrinaux et son histoire, renier le modèle mahométan, raison pour laquelle aucune évolution significative de la pensée religieuse musulmane n’est à attendre. L’islam peut seulement se dissoudre temporairement ça et là dans une religiosité affadie au regard de l’orthodoxie doctrinale et qui lui permet alors de cohabiter apparemment pacifiquement dans un environnement occidental, jusqu’à ce qu’une nouvelle éclosion de frustration rentrée (économique, culturelle, coloniale ou autre) fasse renaître de ses cendres, chez tous ceux qui veulent alors renouer avec la réalité de l’islam originel, le sphinx de l’intolérance, de la violence, voire du terrorisme.

Le vert paradis des amours enfantines de Mahomet

La Tradition musulmane au travers de ses hadiths authentiques (« sahih ») établit clairement que Mahomet épousa Aïcha à 6 ans et qu’il commença à avoir des relations sexuelles lorsqu’elle eut 9 ans (lui en ayant environ 53). Cette Tradition est incontestée dans les pays musulmans, ce qui justifie d’ailleurs dans certains la licéité du mariage des petites filles avec des hommes adultes. Ainsi, Yusuf Qaradawi, éminent religieux musulman, président du Conseil Européen des Fatwas et de la Recherche (en charge d’établir une jurisprudence spécifique à l’intention des musulmans vivant dans les pays occidentaux non encore musulmans) mentionne ce fait de l’histoire musulmane sans aucune once de doute. De nombreuses références ont déjà été fournies dans un article précédent ( http://islametoccident.fr/?p=531 ).

Évidemment, cet attrait de Mahomet pour cette très jeune fille est problématique pour la figure d’une personne réclamant le titre de Prophète, tout autant d’ailleurs que le basculement d’un mariage unique avec Khadija à une sexualité débridée après la mort de cette dernière, Mahomet ayant eu ensuite jusqu’à 9 femmes en même temps (outre les concubines), donc bien au-delà de la règle coranique des 4 femmes maximum.

Toutefois, la Tradition musulmane étant fermement établie, l’attitude la plus « sage » consiste pour les religieux musulmans dans le monde occidental à pratiquer la taqiyya, c’est-à-dire passer sous silence ce goût immodéré de Mahomet pour la très jeune Aïcha (celle-ci étant de loin sa préférée comme l’indique cette Tradition). Ainsi, Tariq Ramadan contourne habilement le sujet en écrivant, sans plus de précision, dans la biographie qu’il a consacrée à Mahomet :

« Aïcha, la plus jeune femme du Prophète, se nourrissait également de l’exemple et des propos de Muhammad. (…) Elle fera part de la façon dont Muhammad était attentif à ses attentes et à ses désirs lorsque, jeune encore, elle arriva dans la demeure du Prophète à Médine. Le jeu faisait partie de leur vie, et Muhammad n’hésitait jamais à y prendre part (…). »

Effectivement, la Tradition « authentique » rapporte qu’il arrivait à Aïcha, déjà épouse du Prophète, de jouer à la poupée avec ses amies du même âge.

Si Tariq Ramadan est prudent, il est des personnalités plus téméraires et agressives, prêtes à tout pour défendre la mémoire de Mahomet. Ainsi en est-il de Mohamed Bajrafil, dont nous avons vu dans un précédent article ( http://islametoccident.fr/?p=4253 ) sa capacité à mentir effrontément. Voici une de ses interventions en 2014 face à un public de croyants musulmans :

Bajrafil Aicha Villeneuve le roi

La Tradition étant pourtant tout à fait claire, Mohamed Bajrafil n’a d’autre choix que d’essayer de brouiller les pistes, parfois de façon menaçante, avec une suite de propos confus et dont le postulat implicite est en réalité simplement : « Ce n’est pas possible que ce soit vrai. » Comme cela ne doit pas être, Mahomet n’ayant pu fait une chose aussi laide et détestable, il convient de partir de ce postulat et de construire à rebours la démonstration pour parvenir à la conclusion souhaitée : « Au moment où le Prophète se marie avec elle [Aïcha], elle n’avait pas moins de 18 ans : c’est impossible. C’est impossible. » 

Cette plaidoirie décousue et consternante, en contradiction avec la Tradition authentique de l’islam, est l’expression de l’embarras extrême soulevé par les déplorables amours enfantines de Mahomet. 

Comment mentir effrontément sur la nature des batailles de l’islam

Mohamed Bajrafil, imam de son état, est souvent invité sur les plateaux de télévision, en particulier par l’émission « Islam » diffusée chaque dimanche sur France 2. Sous des dehors patelins, Mohamed Bajrafil cache une mauvaise foi et un art consommé du mensonge si l’on en juge par ses propos. Ainsi, lors de l’émission « Islam » du 29 janvier 2017, celui-ci déclarait :

« 99,99% de ce qui s’est passé au temps du Prophète comme batailles a eu lieu autour de Médine, c’est-à-dire qu’il s’agissait de guerres non pas offensives mais plutôt défensives. Il y a eu juste une seule guerre que le prophète va mener loin des frontières de la ville de Médine, c’est la guerre de Tabouk ».

France 2 Islam 170129 Revelation 2 Batailles

Mohamed Bajrafil posait ainsi l’islam en victime, contrainte par l’agressivité extérieure à se défendre. C’est la sempiternelle ritournelle de l’islam pacifique, confit dans la légitime défense. Qu’en est-il ?

Il est facile de vérifier les faits suivants :

–  Bataille de Badr, première grande victoire des musulmans : il s’agissait pour Mahomet d’aller piller une caravane mecquoise circulant entre La Mecque et la Syrie, bien loin de Médine ;

–  Bataille de Khaybar : Mahomet vint y combattre les juifs de l’oasis de Khaybar, située à environ 150 km de Médine ;

–  Bataille de Hunayn : Mahomet combattit des tribus arabes sur la route allant de La Mecque (distante de Médine à vol d’oiseau de 340 km) à Taïf (située à environ 65 km de La Mecque)

–  Bataille de Mu’ta : opposant une armée musulmane aux byzantins à l’est du Jourdain.

Cette liste n’est pas exhaustive. On voit donc que, contrairement aux affirmations de Mohamed Bajrafil, les guerres de Mahomet éloignées de Médine sont loin de se réduire à la seule expédition de Tabouk (située à environ 530 km de Médine).

Ce qui est le plus étonnant dans cette histoire, ce n’est pas que Mohamed Bajrafil mente effrontément, mais que l’islam dit « modéré », qui officie tous les dimanches matins sur France 2, continue à l’inviter et à cautionner ainsi un statut de personnalité fiable et honnête, alors que ses mensonges sont parfaitement connus de la communauté musulmane cultivée.

La violence sacrée en islam, paradis des schizophrènes

L’islam, présentée par certains comme une religion d’amour et de paix, a bien un problème évident avec la violence, celle-ci s’exprimant régulièrement par des attentats terroristes perpétrés par des musulmans et au nom de leur religion. Les représentants de l’islam dit « modéré » tentent de résoudre la question par la théorie de « l’effort », à la racine du mot « jihad », le « grand » effort constitué par l’effort intérieur du croyant se conformant par sa foi aux commandements de Dieu étant prétendument largement privilégié devant un « petit » effort plus « physique », c’est-à-dire militaire, « combat armé dans le sentier d’Allah ».

Déjà, l’idée même de « combat armé » est surprenante pour une religion qui prétend être d’amour et de paix. Surtout, l’idée rabâchée ad libitum est que ce jihad militaire ne serait pas assimilable à la notion de « guerre sainte », bien qu’il s’agisse effectivement d’une guerre menée au nom de la religion, ce qui est pour le moins contradictoire. La reconnaissance de la violence comme processus religieux légitime ne serait ainsi que l’aboutissement de raisonnements dévoyés, en dépit de la multitude des imams qui les soutiennent.

La conférence organisée par la Société des Amis de l’Institut du Monde Arabe d’octobre 2016, consacrée au sens du mot « jihad », a été une fois encore l’occasion de constater l’embarras dans lequel se retrouve tout intervenant, ici Ghaleb Bencheikh, musulman cultivé et présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin, qui prétend, avec une honnêteté qui doit être louée, résoudre ce dilemme. Ainsi, le jihad ne serait pas la guerre sainte, et pourtant, il faut bien reconnaître que la notion de violence sacrée existe bien en contexte islamique et qu’« il y a [donc bien, en dépit de toutes les dénégations] quelque chose qui ne va pas ». Quoi ? Mystère et boule de gomme…

Amis IMA Jihad 161010 Violence sacree

Lettre ouverte du CCIF à Emmanuel Macron : comment menacer publiquement l’État

Le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) a publié le 13 mars 2018 une lettre envoyée à Emmanuel Macron qui constitue une menace à peine voilée de futur trouble à l’ordre public prenant prétexte d’une vision rigoriste de la laïcité.

Quand on sait que le CCIF est une organisation de propagande musulmane et dont la doctrine, fondée sur le Coran, rejette par nature fondamentalement l’idée d’une dissociation entre la religion et de l’État, et par conséquent le concept même de « laïcité », on peut se dire que ce texte ne manque pas de sel. S’attaquer à la laïcité en prétendant la défendre est une forme avancée de la duplicité, une des formes de « takiyya » dont le CCIF a le secret. 

L’idée par ailleurs selon laque la laïcité française, si elle n’était pas adoucie, pourrait faire courir à la France le risque d’un départ de certains jeunes, est proprement à hurler de rire. Je laisse le lecteur prendre connaissance de ce texte abracadabrant, où rien n’est nommé précisément, mais qui témoigne clairement du caractère agressif et dangereux de ce groupuscule.

Lettre ouverte à Emmanuel Macron

« Depuis votre investiture à l’Elysée beaucoup ont attendu de connaître votre position sur la laïcité. Refusant l’injonction de parler, vous avez choisi de prendre le temps qu’il faut pour vous positionner.

Vos différentes déclarations, semblent indiquer une volonté d’apaisement du débat que nous saluons. Si l’Etat est laïc, les membres de la communauté nationale n’ont pas l’obligation de l’être.

Le bon sens républicain implique une application stricto sensu du principe de laïcité, comme définie dans la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, et qui protège chaque citoyen en lui garantissant le droit de croire ou de ne pas croire, sans être inquiété pour ses opinions.

Le bon sens républicain nécessite que la communauté nationale se dresse comme un seul homme face à toute tentative d’instrumentalisation de la laïcité à des fins de division ou de racisme.

Le bon sens républicain nous oblige à veiller à ce que les institutions et les valeurs qui nous permettent de vivre ensemble, soient protégées des attaques des radicalisés de la laïcité.

Le bon sens républicain suppose d’être ferme dans la lutte contre toutes les formes de racisme, sans céder aux chantages des extrêmes.

Le bon sens républicain doit s’appliquer fermement et empêcher toute ingérence laïciste avec la même énergie que celle déployée contre le terrorisme parce qu’ils sont les deux faces d’une même pièce.

Monsieur le Président de la République, nous faisons le constat d’une détérioration du principe de laïcité qui tend à mettre à la marge toute une frange de la population en raison de son appartenance religieuse, réelle ou supposée. Or, la laïcité doit permettre de corriger cette dérive qui menace les libertés individuelles de toutes et tous.

En garantissant cela, l’histoire retiendra votre courage politique et vous marquerez votre mandat par une volonté farouche de ne pas dévoyer les valeurs qui nous unissent et font de la France une grande nation.
Les Français qui vous ont élu attendent de vous une réponse franche et juste face aux attaques fallacieuses faites à la laïcité et qui menacent l’union nationale.

La jeunesse, en particulier, formée ici et voyant la promesse de liberté, d’égalité et de fraternité se réduire à peau de chagrin chaque fois que les pouvoirs publics plieront face aux extrêmes, se confortera dans l’idée de quitter la France, de s’exiler loin de leur terre natale et loin de l’immobilisme. 150 milliards d’euros : c’est le coût de la discrimination en France selon une enquête France Stratégie datant de septembre 2016.

Monsieur le Président, soyez celui qui mettra fin à cet exil, dites non à l’instrumentalisation de la laïcité à des fins racistes et d’intolérance religieuse.

Nos voisins européens ne connaissent pas ces crispations qui traversent et fracturent la société, est-ce à dire que ces pays auront renié leurs valeurs démocratiques ? Les débats stériles auxquels nous avons droit chaque année ne produisent rien, trahissent nos valeurs et ruinent la cohésion sociale.

Nous attendons de votre gouvernement une action et un positionnement allant dans le sens du droit et de la justice pour faire respecter et appliquer le principe de laïcité. »

Les « circonstances de la révélation », planche de salut du Coran ?

Le Coran étant le résultat d’une révélation qui a duré seulement 23 ans, il est difficile de voir dans la confusion et les contradictions évidentes de ce texte le fruit d’un long processus historique qui pourrait les justifier, comme dans le cas des textes juifs de l’Ancien Testament dont la longue histoire peut expliquer des phases différentes au cours desquelles le message a pu évoluer de façon sensible. Cette faiblesse fondamentale du texte coranique pose évidemment problème à l’islam et, pour tenter de la pallier, la doctrine musulmane a recours au concept de « circonstances de la révélation » : «  La révélation s’est étendue sur 23 ans, dans des contextes différents, dans des lieux différents, et selon des circonstances différentes qui ont donné lieu dans la tradition religieuse à ce qu’on appelle « les circonstances de la révélation » ».

L’émission de France 2 « Islam » du 28 janvier 2018 est revenue sur cette question épineuse, car si l’idée qu’il puisse y avoir des circonstances historiques de la révélation est banale, l’idée en revanche que le contenu du message délivré, prétendument par Dieu lui-même, de façon universelle (pour tous les hommes) et définitive (jusqu’à la fin des temps), ait pu dépendre du contexte bédouin de l’Arabie du VIIème siècle est pour le moins vertigineuse et aberrante.

France 2 Islam 180128 Revelation 3 Circonstance revelation

  • Un texte tout simplement religieusement confus car politique

Comme le reconnaît un intervenant de l’émission, « Le texte du Coran est lui-même parfois assez elliptique, assez mystérieux, assez allusif ». D’ailleurs, « Il y a des récits différents, divergents sur la façon dont la révélation a commencé ».

La confusion et les contradictions du Coran, dont l’évidence saute aux yeux, ne présenteraient pas un caractère si problématique si on voulait bien reconnaître le Coran pour ce qu’il est : un manuel politique d’un individu qui a utilisé la religion comme instrument de conquête du pouvoir, sans que cela exclue d’ailleurs pour autant chez lui le sentiment personnel d’avoir un rapport spécial avec Allah : tout le monde sait que l’autosuggestion peut avoir des effets spectaculaires.

De fait, dans cette marche vers le pouvoir, « Les versets du Coran descendaient en fonction des circonstances (…) La révélation vient descendre sur le Prophète en fonctions des besoins ». Ainsi, lorsqu’il s’agissait pour Mahomet d’essayer de rallier les juifs à la cause de l’islam à Médine, la tolérance était plutôt de mise (cf. le fameux verset « Point de contrainte en religion », spécifiquement daté du début du séjour à Médine), mais sitôt que Mahomet fit le constat politique définitif qu’aucun rapprochement ne serait jamais possible avec les juifs (soit au bout de quelques mois seulement), il passa à la phase d’exclusion puis d’extermination.

  • Mahomet aussi pouvait dire des bêtises

La confusion du texte s’explique aussi par la simple humanité de Mahomet, qui n’était qu’un homme, ce qui explique que l’islam reconnaisse que « Toutes les paroles que Mohammed a pu dire ne sont pas de la révélation ». « Le Prophète peut lui-même donner un enseignement… (…) : tout ce qu’il a dit n’est pas la révélation. Il y a eu la révélation et il y a eu sa propre parole prophétique et même humaine, puisqu’à certains moments, il lui est arrivé, et il l’a dit, de faire des erreurs, de se tromper ». Bien entendu, cette précaution vaut en réalité pour tout ce qu’a dit Mahomet dans toute sa vie si on met de côté le fantasme du dialogue avec Allah.

  • Conclusion

Face à cette confusion et ces contradictions, on peut comprendre que « La foi [de l’islam puisse être] vécue de manière simplifiée », c’est-à-dire en réalité de manière ignorante, et que la difficulté à admettre ces faiblesses puisse conduire à ce que « Les gens [musulmans] répètent parfois des choses qui à force de répétitions deviennent des caricatures », d’autant, en outre, que la connaissance de l’arabe d’aujourd’hui semble loin de suffire car l’obscurité du texte est amplifiée par les aléas liés à la compréhension et à l’interprétation du patois local de l’époque, la langue arabe des Quraysh : « ce coin précisément d’Arabie, (…) qui est effectivement fait de tribus, qui a son propre parler singulier, le parler de « Quraysh » en particulier, la tribu dont est issue Mohammed bin Abdallah [Mahomet] ».

Renaud Camus contre le MRAP

Contexte : http://islametoccident.fr/?p=4151

  • Les faits

Le 18 décembre 2010, Renaud Camus a, lors d’une réunion publique intitulée « Assises internationales sur l’islamisation de nos pays », tenu notamment les propos suivants :

« Ce n’est pas à des voyous que vous avez affaire, c’est à des soldats. Enfin si, ce sont bien des voyous, mais ces voyous sont une armée, le bras armé de la conquête. […] La nocence, que ce soit le bruit, que ce soient les déprédations, que ce soient les occupations de halls d’immeubles et les exigences du regard baissé au passage, que ce soient les vols, les arrachements de sacs de vieille dame, les rackets au sein des écoles, les cambriolages, les attaques à main armée, le trafic de drogue, l’ensemble de ce qui est pudiquement appelé désormais le grand banditisme, ou bien, les formes nouvelles, ultraviolentes, du crime organisé, la nocence est l’instrument du Grand Remplacement du changement de peuple, de la contre-colonisation, de la conquête, de l’élargissement permanent des zones de territoire déjà soumis aux néocolonisateurs. En rendant la vie impossible aux indigènes, les nouveaux venus les forcent à fuir, à évacuer le terrain – c’est ce que les Anglo-Saxons appellent le « Whiteflight », la fuite des blancs. Ou bien, pis encore, à se soumettre sur place, à s’assimiler à eux, à se convertir à leurs mœurs, à leur religion, à leur façon d’habiter la terre et ses banlieues qui sont l’avenir de la terre. […] Ces colonisateurs qui sans cesse reprochent aux indigènes de ne pas les accueillir suffisamment, ni assez bien, ne semblent avoir rien de plus pressé, une fois dans la place, que de se l’assurer tout entière et, comme tous les colonisateurs, ils ne rêvent que d’être entre eux, les indigènes n’étant bons, éventuellement, qu’à faire tourner l’entreprise, à tenir le magasin […] Les attaques dont font l’objet les pompiers, les policiers et même les médecins dès qu’ils s’aventurent dans les zones déjà soumises le montrent assez : c’est en termes de « territoire », de défense du territoire et de conquête du territoire que se posent les problèmes qu’on réduit quotidiennement à des questions de délinquance, de lutte contre la délinquance. […] en de pareilles proportions, la nocence n’est pas un phénomène qu’on peut abandonner à l’action policière ou à celle des tribunaux, dont on connaît d’ailleurs la mollesse, engluée qu’elle est dans un réseau de lois, de règlements, de directives européennes et même de traités internationaux qui laissent la Nation sans défense et qui font de la Cité une ville ouverte, une sorte de Troie […] Le système pénal, qu’il soit policier ou judiciaire, est impuissant. Chaque fois qu’un indigène est sommé de baisser le regard et de descendre du trottoir, c’est un peu plus de l’indépendance du pays et de la liberté du peuple qui est traîné dans le caniveau ».

Poursuivi par le MRAP, Renaud Camus a été condamné pour provocation à la discrimination ou à la haine raciale. Sa condamnation a été confirmée en appel en septembre 2016 (4.000 euros d’amende et 2.000 euros à verser au MRAP au titre de l’article 618-1 du code de procédure pénale).

Il convient par ailleurs de noter qu’au-delà du texte central ci-dessus, la partie demandeuse (MRAP) a mentionné plusieurs autres citations du même auteur venant selon elle éclairer le sens de ce texte.

Sans refaire une analyse détaillée des arguments présentés de part et d’autre (chacun pouvant se reporter au jugement complet), tout étant une question d’appréciation, voici quelques remarques.

  • La focalisation sur les musulmans

La défense note que « lorsqu’il parlait du « Grand Remplacement », Renaud Camus visait l’immigration en général qui peut être largement musulmane mais ce n’est pas la seule » ou « qu’il vise les délinquants qui viennent principalement d’Afrique, mais que le fait qu’ils soient musulmans est secondaire ».

De son côté, la partie demandeuse note que Renaud Camus « désigne sans ambiguïté les musulmans par plusieurs références telles que « les origines nomades de cette civilisation » en utilisant le terme de « razzia », en faisant référence aux « manifestations politiques récentes » ».

Au vu du titre de la conférence et des autres prises de position de Renaud Camus, on peut comprendre que la problématique musulmane puisse apparaître comme centrale dans sa réflexion, que ce soit au travers du titre même de la conférence ou dans ses textes.

  • L’incitation à la haine

Le tableau de la situation que présente Renaud Camus paraît globalement catastrophique et ressemble bien à un état de guerre civile : « vitrines brisées », « pillage des magasins », « de fureur ils cassent tout, ils pillent, ils incendient » etc. La description d’une inaction généralisée de l’État incite effectivement à contourner des structures étatiques et la constitution de groupes d’auto-défense dans un cadre extra-légal.

S’il est vrai que la situation est effectivement gravissime dans ce que tout le monde finit maintenant par reconnaître comme étant des « territoires perdus de la République », l’État n’ayant plus les moyens ou la volonté d’y exercer son autorité, il n’en va pas partout de même, même s’il existe un risque réel et avéré de contamination dès lors qu’un changement de culture y opère. Par ailleurs, la violence évoquée est aussi le fruit d’autres facteurs, comme l’activisme de groupuscules d’extrême-gauche dont l’objectif la destruction de la société occidentale chrétienne.

  • Conclusion

Sans centrer sa critique sur la remise en cause précise et documentée de certaines valeurs culturelles ou religieuses, Renaud Camus met en cause des personnes et groupes humains de façon globale et « essentielle », sans considérer la nécessité de nuancer ce diagnostic en mentionnant certains facteurs politiques et économiques, et principalement la pauvreté (dans son rapport également à la démographie).

On peut comprendre que l’angoisse générée par ce changement brutal de société en France et en Europe se traduise chez certains par une désespérance profonde face à un monde qui disparaît, du fait notamment de l’irresponsabilité et de l’incurie d’une bonne partie de la classe politique en matière d’immigration – chacun voit aujourd’hui ce que cela donne à Mayotte –, dans un contexte en outre de mondialisation économique qui fragilise des pans entiers d’une population paupérisée. Il est sociologiquement compréhensible que cette désespérance se traduise par exemple par un fort rejet de comportements (incivilités, violence et délinquance, etc.) de plus en plus fréquents et qui s’épanouissent dans une relative impunité, la corrélation de ce phénomène avec certains facteurs culturels, religieux et sociaux étant assez claire.

Dans le contexte des lois françaises existantes, qui n’ont pas pour vocation d’assurer la liberté d’expression (comme aux États-Unis) mais au contraire de la restreindre, il est donc logique que l’incompatibilité entre le caractère global et viscéral du rejet de cette mort lente et le niveau d’analyse circonstanciée et impassible que la justice exige dans tout propos aboutisse à des condamnations, un peu comme si on trouvait normal de punir un prisonnier parce qu’il crie trop fort sous la torture.

Malheureusement, l’équité voudrait aussi que la justice s’attaque aussi à l’administration d’État lorsqu’elle décide de laisser faire pour des raisons idéologiques, en bafouant sans scrupule le mandat populaire qu’elle a reçu et les lois de la République : manifestations violentes récurrentes de certains activistes, occupation illégale de lieux privés ou publics, assistance par immobilisme ou complaisance aux passeurs d’immigrés clandestins, trafics en tous genres dans ces territoires perdus de la République, etc..

Tant que ce « deux poids deux mesures » sera en vigueur, comment parler sereinement de justice ? Quand l’honnête citoyen est emprisonné pour s’être défendu contre un cambriolage ou une agression, ou même simplement pour avoir dit une vérité qui ne plaît pas, difficile de rester calme et de ne pas se révolter. Malheureusement, on constate de plus en plus que ceux qui bafouent les lois n’en ont cure et sont finalement, relativement aux méfaits qu’ils commettent, les mieux protégés.